Archive pour la catégorie ‘Culture’
Affaire Guy Turcotte : si c’était la faute de… l’amour?
Permettez un commentaire sur le très médiatisé procès du Dr Guy Turcotte, ce père de famille qui a tué ses enfants, mais déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux — procès dont le verdict a choqué l’opinion publique, et qui pourrait être porté en appel.
Sauf erreur, personne n’a établi un lien entre cette affaire criminelle et notre culture dominante de l’amour, du couple et de la famille.
Je vais tenter de vous expliquer ça. Lire la suite de ce billet »
Après-ski
Une scène de drague à la québécoise, tirée du film «érotique» Après-ski (de Roger Cardinal, 1971). Avec René Angélil et Francine Grimaldi !
Romantisme et cinéma québécois (2)
Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
J’ai commenté hier les films les plus significatifs des années 1960-1970. Le cinéma québécois du début des années 1980, en crise, perd son originalité et son dynamisme, et les relations hommes-femmes y sont au point mort. Dans les films de Léa Pool par exemple, particulièrement désabusés (La femme de l’hôtel, Anne Trister, À corps perdu), des personnages qui n’ont rien à dire tournent en rond dans un monde vide de sens et d’amour.
Qui a tiré sur nos histoires d’amour ?, demande en 1986 la cinéaste Louise Carré. La réponse est peut-être dans le dernier film du célèbre cinéaste d’animation de l’Office national du film du Canada (ONF) Norman McLaren, consacré au personnage mythologique de Narcisse. Le narcissisme est en effet une des grandes thématiques du cinéma de la décennie 1980, avec l’errance existentielle qui débouche sur le suicide (Sonatine de Micheline Lanctôt en 1983) ainsi que la recherche du père par des personnages à la vie sentimentale esseulée (Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, 1987). À l’affiche dans un cinéma près de chez vous : je-me-moi, et ma vie ne va nulle part. Lire la suite de ce billet »
Romantisme et cinéma québécois
Quels sont les classiques du cinéma de fiction québécois qui évoquent le mieux la séduction et la rencontre amoureuse ? Ou un malaise dans les relations hommes-femmes ? Petit tour d’horizon sans prétention, pour le plaisir de la cinéphilie (je suis un gros amateur de cinéma de répertoire).
Notre cinéma est peu romantique. On n’y trouve pas de grandes histoires d’amour exaltées avec des personnages mythiques, ni de stars à l’aura sulfureuse.
Au Québec, le cinéma documentaire a longtemps été plus dynamique que les oeuvres de fiction. Ces dernières sont souvent très réalistes, influencées par le documentaire. Ce qui leur donne des qualités (spontanéité, authenticité) et des défauts (un imaginaire sentimental assez pauvre). Lire la suite de ce billet »
Priez pour nous
Le week-end dernier, le frère André (fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal) a été canonisé. J’habite dans les environs de l’Oratoire, j’ai vu les fidèles et les curieux affluer samedi et dimanche. Ce qui m’a donné envie de vous parler un peu du catholicisme (sous l’angle des relations hommes-femmes, évidemment).
Je ne vais pas écrire sur ce sujet en spécialiste. Je veux simplement attirer votre attention sur des phénomènes qui m’intriguent dans cette religion que je connais moins mal que les autres.
Savez-vous pourquoi la mère de Jésus, Marie, est vierge ? Le dogme sur la virginité de Marie stipule que Jésus été conçu «de l’Esprit-Saint sans semence virile». Pour vraiment s’assurer que Marie soit une femme hors du commun, l’Église a aussi décrété qu’elle est née de parents qui n’ont jamais ressenti le désir charnel, et qu’elle est restée vierge toute sa vie.
Ainsi, la Vierge Marie est une femme asexuée, née de parents asexués, et elle a conçu un enfant avec une entité asexuée, l’Esprit-Saint. En célébrant la Vierge Marie, l’Église envoie le message suivant aux croyants : «le sexe est péché, d’ailleurs vous devriez vous inspirer de la vie exemplaire d’une femme 100 % chaste et pure».
Jésus, pour sa part, est un célibataire endurci. Il a vécu jusqu’à l’âge adulte, il avait beaucoup de charisme (ses apôtres buvaient ses paroles), il n’arrêtait pas de prêcher l’amour universel, et pourtant les textes saints ne disent pas grand-chose de sa vie intime. Bizarre, non ? (Une thèse, contestée, veut que Marie-Madeleine ait été unie à Jésus. Ça lui ferait une seule partenaire officielle…)
Mais le personnage qui m’intrigue le plus, c’est Joseph, le mari de Marie. Lire la suite de ce billet »
Cinquante ans de remue-ménage
Dans mon billet de mardi dernier, je soulignais le 50e anniversaire du magazine québécois Châtelaine et la reproduction sur le Web d’un article de novembre 1961 sur les relations hommes-femmes. On m’a appris hier que cet article fait partie d’un dossier de Châtelaine intitulé «50 ans d’évolution avec l’Homo quebecus», ou comment le mâle d’ici est passé du macho traditionnel à l’homme en pleine redéfinition de son identité. Entre les deux, il y a eu l’essor du féminisme et l’avènement l’homme rose.
Au menu de ce dossier, des reproductions en PDF de six articles marquants de Châtelaine : «Comment trouver un mari ?» (1961), «Le mari canadien-français face à la femme émancipée» (1967), «La vraie puissance sexuelle de la femme» (1974), un résumé du fameux rapport Hite (1983), un article de Richard Martineau sur les hommes trop roses (1989) et un sondage mené en 1992 auprès de 1500 Québécois sur leurs relations avec le sexe opposé. Lire la suite de ce billet »



Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.