Archive pour la catégorie ‘Culture’
Victimes de prêtres
Hier, j’ai appris l’existence de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux. Le mandat de cette organisation ? «Elle se veut, avant tout, une voix publique pour toutes les personnes victimes d’abus sexuels et d’abus de pouvoir, ainsi qu’une source de motivation À DÉNONCER LES COUPABLES afin d’obtenir JUSTICE et RÉPARATIONS.» (Les majuscules sont de l’Association.)
J’ai été troublé, sur le site web de l’Association, par les informations sur des agressions sexuelles qui auraient été commises au Collège Notre-Dame, une institution d’enseignement montréalaise que j’ai fréquentée au début des années 1980 (mais ne vous inquiétez pas pour moi, je n’ai pas été victime d’un pédophile).
Le site web de l’Association des victimes de prêtres et autres religieux comporte même un formulaire de demande d’apostasie ! «L’apostasie est une démarche très simple qui consiste à demander, par lettre, d’être retiré du registre, c’est-à-dire exprimer sa décision de n’être plus compté dans les rangs de l’Église catholique», explique l’Association.
Publicité : égalité des sexes, égalité de la bêtise
Malgré les gains obtenus de haute lutte par le mouvement des femmes et bien que l’égalité homme-femme soit une valeur bien intégrée, les médias abusent encore des stéréotypes sexistes, et des plus grossiers, par exemple les poupounes aux gros seins dans les réclames de bière (pour en voir et en savoir plus, le quotidien La Presse a récemment consacré une série d’articles très intéressants sur la persistance du sexisme dans la publicité).
Depuis quelques années, les hommes sont aussi victimes de sexisme dans les pubs : les mâles sont fréquemment présentés comme des individus débiles, gaffeurs, incompétents, immatures, etc., toujours confrontés par des femmes intelligentes, dominantes. Et on finit par s’habituer à ce genre de mise en scène. (L’été dernier, ma comparse Emmanuelle a recensé quelques cas d’espèce.)
Je viens de découvrir une publicité particulièrement affligeante (merci Infopresse). Imaginez un instant que les rôles de cette pub soient inversés… Si c’était un homme qui mettait sa femme au recyclage, les féministes monteraient aux barricades.
L’égalité des sexes a donné naissance à un usage égal des stéréotypes sexistes dans la publicité. Grande victoire : nous sommes égaux dans la bêtise !
Quelques trouvailles (9)
Glané pour vous au cours des derniers jours : un antimanuel et un documentaire scientifiques, un livre sur les femmes dans la quarantaine et la cinquantaine qui se retrouvent seules après le départ de leur mari volage. Et un mea culpa.
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, psychologiquement parlant ? Lancé l’automne dernier, l’excellent Antimanuel de psychologie : toi, moi… et l’amour ! du psychiatre et psychanalyste français Serge Hefez «suit le fil de la construction du lien amoureux pour nous emmener à l’intérieur des cerveaux, des inconscients, des âmes, des histoires, des vies.» Ce livre n’a pas la prétention de donner la recette du bonheur. Il permet plutôt de mieux comprendre pourquoi la rencontre amoureuse est à la fois si jouissive et si compliquée. Un ouvrage passionnant, très bien écrit et joliment illustré (les photos, souvent étonnantes, proviennent du cinéma et des arts visuels, et une bande dessinée à l’humour excentrique ouvre chaque chapitre).
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, chimiquement parlant ? En 1997, un film documentaire français intitulé La biochimie du coup de foudre s’est penché sur les liens qui existent entre les émotions amoureuses et les transformations chimiques de l’organisme. Des extraits de ce documentaire sont disponibles en ligne. Moi qui me méfie du discours tout-scientifique sur l’amour, dans le genre «c’est toujours la faute de nos hormones» (comme si la culture et la société n’avaient aucune influence sur nos comportements…), La biochimie du coup de foudre m’a paru honnête. Et instructif. Lire la suite de ce billet »
La poutine au vin
Cette petite vidéo sans prétention raconte l’histoire d’un Québécois qui drague une Française et d’un Français qui drague une Québécoise, dans le même restaurant. Devinez qui boit du vin de dépanneur et exige des factures séparées ?
Funeste Lucien Bouchard
Depuis deux semaines, il est de retour. Lucien Bouchard, l’ex-imposteur en chef.
Le 16 février, il s’est permis des commentaires désobligeants sur le Parti Québécois et sur la souveraineté. Ce n’était pas la meilleure nouvelle du jour, mais bon, un ancien dirigeant du PQ a droit à ses opinions politiques (et à ses rancunes).
Une semaine plus tard, le 23 février, il est réapparu dans le débat public, cette fois pour prôner un dégel des frais de scolarité à l’université. Il s’est alors montré sous le visage que nous connaissons trop bien. Celui du grand démolisseur du Québec. De l’austérité morbide. De l’avenir bouché.
Des médias commentaient encore hier le propos de Lucien Bouchard sur le financement des universités, comme si c’était une grande révélation. Je n’en peux plus… Ça me rappelle tant de mauvais souvenirs. J’ai l’impression de replonger dans l’atmosphère noire, noire, noire des années qui ont suivi le référendum de 1995.
C’était il y a 15 ans… Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (8)
Glané pour vous : quelques nouveautés sur la philosophie, la condition féminine et masculine, les sexy sexagénaires, et la blogosphère.
Pour penser l’amour. Je viens de dévorer un petit livre très, très intéressant sur le sentiment amoureux vu par les philosophes : L’amour. De Platon à Compte-Sponville (lancé l’automne dernier par les éditions Eyrolles). En 215 pages, une prof de philo de la région parisienne résume comment Lucrèce, Saint Augustin, Montaigne, Descartes, Rousseau, Kant, Schopenhauer, Nietzsche et les deux philosophes du titre de l’ouvrage se représentent la rencontre, l’amour, le couple, le mariage, le célibat, etc. Certains de ces grands penseurs sont d’indécrottables romantiques, d’autres des désillusionnés finis, mais ils tentent tous de comprendre pourquoi l’amour est si difficile.
Une lecture accessible, vulgarisée, avec des citations clés et des exemples tirés de la vie quotidienne. Un livre qui réussit à faire ce que la philo devrait toujours faire, soit nous «apprendre à vivre mieux et à aimer davantage.» Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.