Archive pour la catégorie ‘Condition féminine’
Journée de la femme : faire le point
C’est le 8 mars : bonne fête à nous toutes, mesdames !
En cette Journée internationale des droits de la femme, tout le monde voudra donner son point de vue.
Aujourd’hui, comme à l’accoutumée, nous allons être abreuvées d’une foule de données concernant l’avancée ou le recul de la cause des femmes. Ça s’améliore, ça empire, l’équité salariale, le plafond de verre. Sans parler de ces politiciens qui voudront se faire du capital politique sur notre dos.
Nous aurons droit à des témoignages de jeunes chroniqueuses qui s’interrogeront pour la énième fois sur la valeur du féminisme. Comme si c’était toujours à rééexpliquer… Je préfère les hommages des femmes d’aujourd’hui aux combattantes d’hier, pour les remercier d’avoir fait avancer la condition féminine, et surtout les témoignages des femmes d’hier qui nous expliquent comment elles sont parvenues à faire avancer leur condition. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (8)
Glané pour vous : quelques nouveautés sur la philosophie, la condition féminine et masculine, les sexy sexagénaires, et la blogosphère.
Pour penser l’amour. Je viens de dévorer un petit livre très, très intéressant sur le sentiment amoureux vu par les philosophes : L’amour. De Platon à Compte-Sponville (lancé l’automne dernier par les éditions Eyrolles). En 215 pages, une prof de philo de la région parisienne résume comment Lucrèce, Saint Augustin, Montaigne, Descartes, Rousseau, Kant, Schopenhauer, Nietzsche et les deux philosophes du titre de l’ouvrage se représentent la rencontre, l’amour, le couple, le mariage, le célibat, etc. Certains de ces grands penseurs sont d’indécrottables romantiques, d’autres des désillusionnés finis, mais ils tentent tous de comprendre pourquoi l’amour est si difficile.
Une lecture accessible, vulgarisée, avec des citations clés et des exemples tirés de la vie quotidienne. Un livre qui réussit à faire ce que la philo devrait toujours faire, soit nous «apprendre à vivre mieux et à aimer davantage.» Lire la suite de ce billet »
La domination masculine
Hier soir, j’ai visionné le très attendu film documentaire La domination masculine du cinéaste français Patric Jean, qui a été tourné en partie au Québec. Voici mes commentaires et réflexions, en vrac (je tâcherai de ne pas répéter ce que l’on peut lire dans les médias depuis la sortie du film au Québec le 22 janvier).
Le propos du film, pro-féministe, soutient que le patriarcat demeure dominant, que l’égalité homme-femme n’est pas encore atteinte et que nous assistons à un ressac antiféministe (au Québec, ce ressac s’exprimerait depuis le massacre de Polytechnique, selon plusieurs féministes interrogées par Patric Jean). Le sujet du film est clair et net, mais peu nuancé. Un cours Féminisme 101 très condensé, en quelque sorte.
Alterner entre la France et le Québec, dans un film pro-féministe, c’est délicat. Les deux sociétés sont tellement différentes… De ce côté-ci de l’Atlantique, les Françaises de la séance de speed dating paraissent terriblement conservatrices — dans la salle de cinéma montréalaise où je me trouvais dimanche soir, c’était la consternation.
De la même manière, je crois que les Françaises seraient consternées de voir les Québécoises draguer avec autant d’aplomb des hommes au mieux ambivalents, au pire sans aucune assurance. (À quand un film documentaire sur le sujet ? ;-))
Le féminisme est toujours pertinent, mais…
Pour compléter le récent billet d’Emmanuelle sur sa vision du féminisme (que je partage), j’ai quelques reproches à faire au mouvement féministe. Par souci de critique constructive.
La plupart des revendications traditionnelles des féministes sont aujourd’hui satisfaites. Est-ce à dire que le féminisme n’est plus pertinent ? Bien sûr que non. Il y a encore des combats féministes à mener. Mais je suis déçu de l’inertie des féministes dans certains dossiers. Les voici. Lire la suite de ce billet »
Féministe or not féministe ?
Nous avons appris récemment que notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… est une des lectures du cours Féminisme et antiféminisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Féminisme et antiféminisme… S’il faut en croire les commentaires concernant le féminisme reçus sur notre blogue, nos lecteurs interprètent notre livre de deux manières diamétralement opposées : certains nous rangent carrément dans le camp des masculinistes (au secours !) tandis que d’autres saluent notre sympathie à la cause féministe. Où nous placer sur cet échiquier où plusieurs voudraient que tout soit noir ou blanc ?
Tout d’abord, Jean-Sébastien et moi n’apprécions guère d’être enfermés dans une catégorie, un tiroir. Dans la vie, il y a beaucoup — presque toujours — des zones grises. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (4)
Mercredi dernier, j’ai consacré un billet à un nouveau livre scientifique sur les ménages solos. Voici d’autres publications récentes, et un ouvrage qui atterrira bientôt chez les libraires, qui ont piqué ma curiosité cette semaine.
Depuis la nuit des temps, l’amour a rêvé de guider le monde… Le sociologue français et auteur à succès Jean-Claude Kaufmann, spécialiste de la vie quotidienne, du sentiment amoureux, du couple et de la famille, a récemment lancé un livre intitulé L’étrange histoire de l’amour heureux (Armand Colin). Cet ouvrage se penche sur les utopies de l’amour (l’amour courtois au Moyen Âge, les idéaux des Lumières, le romantisme du XIXe siècle, le roman sentimental, le cinéma hollywoodien, la liberté de la beat generation et du mouvement hippie, etc.), examine leur impact sur le monde contemporain.
Pour Jean-Claude Kaufmann, notre époque est à la fois «dramatique et merveilleuse». Dramatique parce que beaucoup de relations amoureuses sont basées sur l’intérêt, le calcul, une logique de consommation. «Merveilleuse à cause de l’obligation au bonheur paradoxalement créée par les malheurs du monde.» Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.