Archive pour la catégorie ‘Condition féminine’
Le mirage de la conciliation travail-famille (3)
Une idée pour améliorer les relations amoureuses au Québec : jeter la conciliation travail-famille à la poubelle. (Dernier de trois billets.)
Pour conclure cette série de billets sur la conciliation travail-famille, voyons comment les Québécois s’obstinent à fusionner-équilibrer ce que furent les rôles traditionnels et complémentaires de l’homme (le travail) et de la femme (la famille).
Autrefois, dans les familles québécoises, les femmes s’épuisaient à torcher un chapelet d’enfants pendant que leurs hommes s’exténuaient à gagner le seul revenu du ménage. Aujourd’hui, au nom de l’égalité des sexes, on voudrait que les hommes et les femmes se fassent suer ensemble sur le marché du travail ET à la maison. Les deux sexes sont maintenant égaux dans la même aliénation…
Où est le progrès ? Lire la suite de ce billet »
Cinquante ans de remue-ménage
Dans mon billet de mardi dernier, je soulignais le 50e anniversaire du magazine québécois Châtelaine et la reproduction sur le Web d’un article de novembre 1961 sur les relations hommes-femmes. On m’a appris hier que cet article fait partie d’un dossier de Châtelaine intitulé «50 ans d’évolution avec l’Homo quebecus», ou comment le mâle d’ici est passé du macho traditionnel à l’homme en pleine redéfinition de son identité. Entre les deux, il y a eu l’essor du féminisme et l’avènement l’homme rose.
Au menu de ce dossier, des reproductions en PDF de six articles marquants de Châtelaine : «Comment trouver un mari ?» (1961), «Le mari canadien-français face à la femme émancipée» (1967), «La vraie puissance sexuelle de la femme» (1974), un résumé du fameux rapport Hite (1983), un article de Richard Martineau sur les hommes trop roses (1989) et un sondage mené en 1992 auprès de 1500 Québécois sur leurs relations avec le sexe opposé. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (14)
Voici mes lectures des dernières semaines. Et un logiciel pour un corps de rêve.
Sexe et littérature. L’universitaire français Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l’édition contemporaine, a lancé l’été dernier Sexe et littérature aujourd’hui (La Musardine), tour d’horizon de la sexualité et de l’érotisme dans la littérature française depuis la fin des années 1980.
En 1989, le roman Le boucher d’Alina Reyes a donné un nouveau souffle à la littérature érotique au féminin. Mais dans les années 1990 et 2000, le porno-chic a tout contaminé. En y ajoutant les confessions autobiographiques à n’en plus finir d’auteurs qui baisent pour baiser et ne savent plus aimer, le portrait de la littérature osée des 20 dernières années est peu ragoûtant : violence gratuite, complaisance, tristesse, solitude, désabusement. Olivier Bessard-Banquy retient quand même quelques auteurs de talent : Alina Reyes et sa description du désir charnel, Françoise Rey et la sensualité de La femme de papier, la réflexion sur la relation sadomasochiste de Vanessa Duriès (Le Lien), Catherine Millet pour le style clinique de La vie sexuelle de Catherine M., la critique du désordre amoureux de Michel Houellebecq (Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires), la rhétorique d’Alain Soral dans Sociologie du dragueur, les gauloiseries de Michel Polac dans son Journal, la spontanéité d’Anna Rozen (Plaisir d’offrir, joie de recevoir), la noirceur de Nelly Arcan (Putain) et les romans de gare d’Esparbec (pseudonyme de Georges Pailler).
Personnellement, la littérature osée contemporaine me semble trop trash, elle manque cruellement d’humour, d’imagination et de sentiments. J’ai l’impression que personne n’a dépassé la grivoiserie des poètes coquins du Moyen Âge, la pornographie du marquis de Sade, la critique sociale de Balzac et le romantisme du XIXe siècle. Si vous avez envie de vous échauffer l’âme et les sens avec les lettres françaises, les classiques vous procureront probablement plus de sensations fortes que les derniers succès de librairie… Lire la suite de ce billet »
La Fédération des femmes du Québec se perd en Afghanistan
Avez-vous vu sur YouTube la série de clips vidéo de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) pour promouvoir la prochaine Marche mondiale des femmes ? Le clip sur l’hypersexualisation et le droit des femmes de décider de leur corps est original, humoristique. Celui sur l’aide sociale et le salaire minimum ne manque pas de punch.
En revanche, la vidéo sur les droits des autochtones est ennuyante, et le clip antimilitariste n’a aucune pertinence ni subtilité. Ce dernier clip a d’ailleurs été dénoncé par la mère d’un soldat décédé en Afghanistan, ce qui a provoqué une polémique hier dans les médias (voir les articles de Radio-Canada.ca et du Soleil, le reportage de TVA-LCN et le commentaire de Jean-Luc Mongrain).
Cette vidéo met en scène une femme qui a perdu un fils militaire en Afghanistan. La mère éplorée prépare le sac de sa fille récemment engagée dans les forces armées, y dépose une arme de gros calibre, et déclare : «Avoir su qu’en donnant la vie j’allais fournir de la chair à canon, je n’aurais peut-être pas eu d’enfants.» Ce propos est très exagéré, ridicule. Comme si tous les jeunes, au Canada, étaient conscrits pour aller se faire massacrer sur un champ de bataille… Lire la suite de ce billet »
La Crise d’octobre 1970, les hommes et les femmes
Il y a 40 ans éclatait la Crise d’octobre 1970. Les discussions sur ce chapitre de notre histoire ont repris de plus belle à la fin du mois de septembre, notamment à la suite de l’émission de Radio-Canada Tout le monde en parlait. Des journaux ont publié des témoignages, des analyses, etc. Et l’écrivain Louis Hamelin a récemment lancé un roman inspiré des événements d’octobre 1970, La constellation du Lynx, qui ajoute une autre dimension au débat. Ce n’est pas tous les jours que la devise «Je me souviens» prend tout son sens, il faut en profiter !
Du point de vue les-Québécois-ne-veulent-plus-vous-savez-quoi, avez-vous remarqué à quel point les membres du Front de libération du Québec (FLQ) n’étaient pas très charismatiques ? Leur doctrine était peu sophistiquée, mal articulée. Ils avaient un look peu inspirant avec leurs chemises à carreaux et leurs cheveux gras. Ils n’étaient pas du tout sexy. Nous sommes loin de l’aura de Che Guevara, de l’envergure intellectuelle de Lénine, de la fougue oratoire de Danton ou de la sagesse de Gandhi…
Lorsqu’on compare les moyens et les procédés du FLQ avec d’autres organisations terroristes nationalistes (par exemple celles des Palestiniens, l’Armée républicaine irlandaise, l’ETA en Espagne, le séparatisme corse, etc.), ce n’est pas reluisant. Les felquistes étaient une bande d’amateurs. Ces soi-disant révolutionnaires ont complètement échoué dans leur entreprise. Après les événements de 1970, personne n’a voulu poursuivre leur action clandestine.
En somme, les felquistes n’avaient rien pour devenir des modèles, des icônes. La seule image forte que nous conservons du FLQ, en fait, c’est la lecture de son Manifeste à la télévision de Radio-Canada (un texte bien rédigé, avec un style percutant). Lire la suite de ce billet »
S’engager sur-le-champ ou rien (2)
Je vous parlais hier de ces rendez-vous galants et déconcertants avec une célibataire dans la trentaine qui meurt d’envie de se marier et de fonder une famille, le genre de femme qui s’empresse de demander à son vis-à-vis : «Moi, je suis à la recherche d’un homme qui veut s’engager, qui veut se marier, avoir des enfants. J’espère que tu n’es pas le genre de gars qui a peur de l’engagement…»
Comment expliquer que des femmes puissent draguer en s’empressant de discuter de couple et de famille lors d’une première rencontre ? J’ai ma petite idée… Un ou plusieurs phénomènes peuvent entrer en jeu :
- L’imaginaire amoureux de ces femmes est infantile, marqué par l’attente anxieuse du prince charmant. Elles veulent vivre un amour de contes de fées. Et tous les contes de fées, on le sait, se terminent par : «ils se marièrent et ils eurent de nombreux enfants».
- Ces femmes ne sont pas autonomes sur le plan affectif. Leur désir désespéré d’engagement, de vie de couple, trahit une peur fondamentale : celle d’être seule.
- Par conformisme, ces femmes croient que la «réalisation de soi» passe obligatoirement par le bonheur conjugal et familial. Elles croient qu’une vie sans couple et sans enfants est une existence «ratée».
- Ces femmes sont hyper-compétitives, carriéristes et soucieuses de performer, elles veulent «réussir leur vie». Elles ont déjà un emploi, un condo, une voiture, un REER ? Maintenant, elles crèvent d’envie de rencontrer l’Homme, de se marier et d’avoir des enfants, prochains items sur leur checklist de superwoman. Elles n’ont pas de temps à perdre, alors elles sautent l’étape de la séduction pour entrer dans le vif du sujet : dès la première rencontre, parler de contrat de mariage, de grossesse sans complications et d’investissement immobilier.
- En parlant de leur désir d’union et d’enfant, mesdames veulent simplement mettre cartes sur table pour éviter que leurs interlocuteurs mâles se méprennent. Par exemple, parler de couple assez rapidement lors d’une première rencontre envoie un message clair aux célibataires qui ne cherchent qu’une aventure d’un soir : meilleure chance la prochaine fois !

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.