Archive pour la catégorie ‘Condition féminine’
De retour
Chers lecteurs et lectrices, bonjour ! Comment allez-vous ?
Après quelques semaines de vacances, le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer est de retour. (C’était le blogue qui était en vacances. Pour ma part, j’ai bossé comme un fou sur divers projets pendant l’été.)
Ces dernières semaines, j’ai découvert quelques publications qui pourraient vous intéresser.
La féminisation des États-Unis. Le numéro de juillet-août du magazine américain The Atlantic présente un dossier intitulé «The End of Men». Vous avez peut-être entendu dire que les Américaines (tout comme les Québécoises) se montrent plus dynamiques que les hommes à l’école et dans un nombre croissant de secteurs d’activité économique. Elles sont maintenant légèrement plus nombreuses que les hommes sur le marché du travail.
The Atlantic fait le point sur l’émancipation de l’Américaine moyenne en abordant une foule de phénomènes : la récession de 2008-2009 a fait disparaître des emplois manufacturiers typiquement masculins qui ne reviendront plus tandis que les femmes tirent mieux leur épingle du jeu dans l’économie postindustrielle et la «société du savoir», elles occuperont d’ailleurs la majorité des emplois promis à la plus forte croissance au cours des prochaines années ; nouveauté, des femmes de carrière gagnent plus que leur conjoint ; les femmes sont encore rares à la direction des grandes entreprises, mais elles dominent l’univers des cadres intermédiaires ; et des parents préfèrent maintenant donner naissance à une fille qu’à un garçon ! Un renversement complet des rôles traditionnels. La classe moyenne américaine est en train de se féminiser, souligne The Atlantic, ce qui aura évidemment des répercussions importantes sur les relations hommes-femmes, le couple, la famille, etc. Et je suis convaincu que la situation est presque la même au Québec. Lire la suite de ce billet »
Le cahier des charges de la femme moderne
Au début du mois d’avril dernier, j’ai fortement réagi aux «100 habiletés de l’homme québécois», une liste d’épicerie complètement ridicule concoctée par le magazine L’actualité. J’étais tellement outré que ça m’a inspiré quatre billets (voyez le dernier de la série). J’ai ensuite décidé d’aller plus loin que la critique : j’ai rédigé ma propre liste des qualités essentielles de l’homo quebecus hétéro.
La journaliste indépendante et blogueuse Cécile Gladel a eu l’idée, dès le 7 avril, de rédiger une liste des «25 habiletés de la femme moderne». Cécile a complété cette liste le 30 avril. Et ça vaut vraiment le détour.
«Cette liste est totalement inspirée par celle de Jean-Sébastien», souligne Cécile, et j’en suis très flatté. Elle indique aussi : «les deux listes pourront être fusionnées quand les hommes et les femmes auront atteint la réelle égalité. Car ces deux listes sont des souhaits, le souhait de voir chaque personne se respecter, décider par elle-même et ne jamais se faire dicter sa vie par la société.»
Publicité : égalité des sexes, égalité de la bêtise
Malgré les gains obtenus de haute lutte par le mouvement des femmes, et bien que l’égalité homme-femme soit une valeur bien intégrée, les médias abusent encore des stéréotypes sexistes, et des plus grossiers, par exemple les poupounes aux gros seins dans les réclames de bière (pour en voir et en savoir plus, le quotidien La Presse a récemment consacré une série d’articles très intéressants sur la persistance du sexisme dans la publicité).
Depuis quelques années, les hommes sont aussi victimes de sexisme dans les pubs : les mâles sont fréquemment présentés comme des individus débiles, gaffeurs, incompétents, immatures, etc., toujours confrontés par des femmes intelligentes, dominantes. Et on finit par s’habituer à ce genre de mise en scène. (L’été dernier, ma comparse Emmanuelle a recensé quelques cas d’espèce.)
Je viens de découvrir une publicité particulièrement affligeante (merci Infopresse). Imaginez un instant que les rôles de cette pub soient inversés… Si c’était un homme qui mettait sa femme au recyclage, les féministes monteraient aux barricades.
L’égalité des sexes a donné naissance à un usage égal des stéréotypes sexistes dans la publicité. Grande victoire : nous sommes égaux dans la bêtise !
Quelques trouvailles (9)
Glané pour vous au cours des derniers jours : un antimanuel et un documentaire scientifiques, un livre sur les femmes dans la quarantaine et la cinquantaine qui se retrouvent seules après le départ de leur mari volage. Et un mea culpa.
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, psychologiquement parlant ? Lancé l’automne dernier, l’excellent Antimanuel de psychologie : toi, moi… et l’amour ! du psychiatre et psychanalyste français Serge Hefez «suit le fil de la construction du lien amoureux pour nous emmener à l’intérieur des cerveaux, des inconscients, des âmes, des histoires, des vies.» Ce livre n’a pas la prétention de donner la recette du bonheur. Il permet plutôt de mieux comprendre pourquoi la rencontre amoureuse est à la fois si jouissive et si compliquée. Un ouvrage passionnant, très bien écrit et joliment illustré (les photos, souvent étonnantes, proviennent du cinéma et des arts visuels, et une bande dessinée à l’humour excentrique ouvre chaque chapitre).
Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, chimiquement parlant ? En 1997, un film documentaire français intitulé La biochimie du coup de foudre s’est penché sur les liens qui existent entre les émotions amoureuses et les transformations chimiques de l’organisme. Des extraits de ce documentaire sont disponibles en ligne. Moi qui me méfie du discours tout-scientifique sur l’amour, dans le genre «c’est toujours la faute de nos hormones» (comme si la culture et la société n’avaient aucune influence sur nos comportements…), La biochimie du coup de foudre m’a paru honnête. Et instructif. Lire la suite de ce billet »
Journée de la femme : faire le point
C’est le 8 mars : bonne fête à nous toutes, mesdames !
En cette Journée internationale des droits de la femme, tout le monde voudra donner son point de vue.
Aujourd’hui, comme à l’accoutumée, nous allons être abreuvées d’une foule de données concernant l’avancée ou le recul de la cause des femmes. Ça s’améliore, ça empire, l’équité salariale, le plafond de verre. Sans parler de ces politiciens qui voudront se faire du capital politique sur notre dos.
Nous aurons droit à des témoignages de jeunes chroniqueuses qui s’interrogeront pour la énième fois sur la valeur du féminisme. Comme si c’était toujours à rééexpliquer… Je préfère les hommages des femmes d’aujourd’hui aux combattantes d’hier, pour les remercier d’avoir fait avancer la condition féminine, et surtout les témoignages des femmes d’hier qui nous expliquent comment elles sont parvenues à faire avancer leur condition. Lire la suite de ce billet »
Quelques trouvailles (8)
Glané pour vous : quelques nouveautés sur la philosophie, la condition féminine et masculine, les sexy sexagénaires, et la blogosphère.
Pour penser l’amour. Je viens de dévorer un petit livre très, très intéressant sur le sentiment amoureux vu par les philosophes : L’amour. De Platon à Compte-Sponville (lancé l’automne dernier par les éditions Eyrolles). En 215 pages, une prof de philo de la région parisienne résume comment Lucrèce, Saint Augustin, Montaigne, Descartes, Rousseau, Kant, Schopenhauer, Nietzsche et les deux philosophes du titre de l’ouvrage se représentent la rencontre, l’amour, le couple, le mariage, le célibat, etc. Certains de ces grands penseurs sont d’indécrottables romantiques, d’autres des désillusionnés finis, mais ils tentent tous de comprendre pourquoi l’amour est si difficile.
Une lecture accessible, vulgarisée, avec des citations clés et des exemples tirés de la vie quotidienne. Un livre qui réussit à faire ce que la philo devrait toujours faire, soit nous «apprendre à vivre mieux et à aimer davantage.» Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.