Abandonner la litote pour cesser de tourner autour du pot

« Il ne fait pas chaud dehors », quand la température extérieure plonge à 25 degrés Celsius sous zéro : manière typiquement québécoise de s’exprimer.

Au Québec, ces corps sont « pas pires »

Cette figure de style, la litote, « consiste à atténuer l’expression de sa pensée pour faire entendre le plus en disant le moins », indique le dictionnaire Robert. Il s’agit de suggérer une idée par la négation de son contraire.

Dans le lexique amoureux du français québécois, la litote est une manière d’éviter de dire franchement ce que l’on ressent pour l’autre. Voici quelques exemples :

Faut-il le souligner, un compliment qui tourne autour du pot n’est pas un compliment qui atteint sa cible… Mieux vaut déclarer clairement ce que l’on veut signifier, avec une phrase affirmative.

Pour supprimer la forme négative, éliminez les mots suivants avant le verbe : « ne [verbe] pas », « ne [verbe] plus », « ne [verbe] jamais », « ne [verbe] rien ».

Lancement de ladrague.qc.ca

Lancement de ladrague.qc.ca, services de rédaction pour célibataires et amoureux

COMMUNIQUÉ (pour diffusion immédiate) — Montréal, 22 juillet 2016. Vous êtes célibataire, vous ne parvenez pas à rédiger un texte qui vous mettra en valeur sur une plateforme internet de rencontre, et vous avez besoin d’aide ? Vous voulez épater celui ou celle qui fait battre votre cœur avec une invitation à prendre un verre, une confidence, un mot doux, un poème ou une déclaration d’amour, et vous manquez d’inspiration ?

cropped-jsm-4.jpgConfiez la tâche à un rédacteur professionnel, Jean-Sébastien Marsan.

Journaliste et communicateur pendant plus de 20 ans, auteur de plusieurs textes sur la rencontre, l’amour et le couple, Jean-Sébastien Marsan lance aujourd’hui ladrague.qc.ca.

« Environ 20 % des Québécois sont analphabètes et approximativement 35 % éprouvent d’importantes difficultés de lecture », rappelle-t-il. « Les petites annonces et les sites web de rencontre peuvent se révéler très utiles pour élargir un réseau social et croiser de nouveaux visages, mais encore faut-il pouvoir utiliser la langue écrite avec un minimum d’efficacité. »

« Aussi, des diplômés du cégep ou de l’université essaient de draguer avec des textes mal construits et bourrés de fautes d’orthographe, ce qui n’est pas à leur avantage », poursuit le rédacteur, qui souligne : « Il n’y a pas de honte à demander de l’aide pour rédiger un texte. Parler de soi, attirer l’attention et plaire en quelques lignes, ça n’a jamais été facile. »

Jean-Sébastien Marsan se met au service des célibataires qui veulent améliorer leur profil personnel sur les sites web de rencontre, des amoureux qui cherchent les mots justes pour déclarer leur flamme, etc. Ses textes, originaux et sur mesure, sont dépourvus de banalités (« je suis souriant », « j’aime la vie », etc.), de clichés (« je cherche mon âme sœur », « j’aime les soupers entre amis avec une bonne bouteille de vin », etc.), de rectitude politique (« je suis authentique, j’ai de belles valeurs ») et de mièvreries (« je crois à l’amour », « serais-tu mon prince charmant ? »).

Sa recette : un style léger, décomplexé, avec de l’humour — au diable ce lourd esprit de sérieux qui plombe trop souvent le discours amoureux.

Ce rédacteur polyvalent peut, sur demande, composer des poèmes qui riment avec n’importe quelle syllabe (par exemple, à l’attention d’une prénommée Ingrid : « Lorsque j’ai frôlé tes lèvres purpurines, ma chère Ingrid / et qu’à mes narines vint le parfum de ton déodorant / d’invalide, mon moineau est tout à coup devenu intrépide / je me souviendrai toujours de cette sortie au restaurant »), utiliser des conjugaisons peu courantes comme le subjonctif imparfait (« Comment voulais-tu que je susse que tu étais amoureux de moi, il eût fallu que je le devinasse »), élaborer des métaphores d’un lyrisme à couper le souffle (« Tel un volcan dont le magma torride carbonise un paysage déjà calciné, ma flamme ardente embrase l’horizon fiévreux d’un destin incandescent ») et autres stratégies de communication persuasive.

Les services de rédaction ladrague.qc.ca sont dès aujourd’hui offerts à tous. Tarifs abordables et confidentialité assurée.

Pour en savoir plus, consultez le site web ladrague.qc.ca.

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Le Célibatron

« Je suis ici par curiosité, mais bon, on ne sait jamais… Si ça existe encore, je rêve de croiser une femme qui a une bonne intelligence émotionnelle, bien dans sa peau, qui aime s’amuser et les repas entre amis avec une bonne bouteille de vin, pour vivre le Grand Amour. Dans un but sérieux seulement. »

Le Célibatron, un générateur automatique de clichés séduction de mon invention, permet d’assembler des phrases creuses qui ressemblent à s’y méprendre à ce que l’on peut lire à satiété sur les sites web de rencontre.

Avec Le Célibatron, vous obtiendrez plus de 157 000 combinaisons possibles !

Et pourtant, le message demeure toujours le même. C’est-à-dire vide.

Quelques livres incontournables (2)

Exprimer son sentiment amoureux par écrit, convaincre avec les mots qui sonnent juste : des écrivains en ont fait leur spécialité. Voici quelques romans et récits amoureux (des classiques aux contemporains) qui pourront vous inspirer.

Cette sélection est bien sûr personnelle (et limitée, ma culture littéraire est pleine de trous). Si vous avez d’autres titres à suggérer, n’hésitez pas.

Une soirée de gars

Vers 380 avant Jésus-Christ, le philosophe grec Platon a reconstitué dans un dialogue, Le Banquet, une série de discours et des discussions sur l’amour lors d’une soirée mondaine entre hommes. Chaque convive, à tour de rôle, expose sa compréhension de l’amour et défend son point de vue.

le-banquet-platonDeux millénaires plus tard, les débats de cette soirée de gars n’ont pas perdu de leur intérêt. Scène clef : à la vision très fusionnelle du poète Aristophane (source du mythe occidental de l’âme sœur), Socrate oppose que l’amour est un manque : lorsqu’un individu en désire un autre, il croit que posséder l’être convoité le comblera, mais la flamme s’évanouit déjà lorsque l’union se concrétise.

Le saviez-vous, les Grecs de l’Antiquité avaient la sagesse d’utiliser quatre mots différents pour décrire les multiples facettes de l’amour : 1) éros, l’amour-passion érotique ; 2) philia, l’amitié amoureuse, sans dimension sexuelle ; 3) storgê, l’amour qui unit les membres d’une famille ; 4) agapè, l’amour de son prochain, de l’humanité.

Bien que le grec soit l’une des sources majeures du lexique français, ce dernier a dilué la signification des mots amour et aimer. En français, on apprête l’amour à toutes les sauces : on peut aimer ses parents, aimer ses amis, aimer son travail, aimer les vacances, aimer la pizza, etc., et il faut préciser ce que signifie le verbe aimer – « Tu m’aimes, mais tu m’aimes comment ? » En anglais, « I love you » se distingue de « I like you » ; en français, cette nuance n’existe malheureusement pas.

Les romantiques vs les libertins

L’Europe a produit beaucoup de littérature romantique : l’amour contrarié de Tristan et Iseult, la relation tragique de Roméo et Juliette, la correspondance éplorée d’Abélard et Héloïse… Le mouvement romantique du début du XIXe siècle, complètement exalté, tourmenté et mélancolique, sombrait souvent dans la névrose et l’hystérie. Parmi ses auteurs les plus célèbres : Chateaubriand, Goethe, Victor Hugo, Alexandre Pouchkine, George Sand, Stendhal.

Il y a 200 ans, le romantisme était révolutionnaire. Aujourd’hui, ce n’est qu’un bête réservoir de clichés : le coup-de-foudre-au-premier-regard, le prince-charmant-sur-son-cheval-blanc, l’amour-passion-pour-la-vie et dans la mort et autres poncifs sans cesse recyclés par les industries du divertissement (les productions Disney, les romans Harlequin et les chansons d’amour, entre autres nuisances). Le romantisme a contaminé notre imaginaire amoureux.

La littérature romantique ne nous apprend pas grand-chose de tangible sur la séduction et la rencontre. Pour du concret, il vaut mieux se tourner vers les romans et les récits libertins.

Les lecteurs d’aujourd’hui n’apprécient pas le cynisme et la misogynie des romans libertins, ce qui est normal, mais le goût du défi qui anime les personnages vaut la peine qu’on s’y arrête. Leur devise : en amour, qui ne risque rien n’a rien.

Par exemple le mythe de Don Juan, collectionneur de conquêtes, qui a vu le jour en Espagne (1630) avant d’atteindre l’Italie (1640) et la France (1659), source d’inspiration pour plusieurs artistes : Mozart en a tiré un opéra, Molière une comédie.

Hédoniste fini, Don Juan recherche le plaisir pour le plaisir, sans penser au lendemain, et n’a aucune considération pour ses partenaires. À ses yeux, toutes les femmes se valent. Un individu peu recommandable sur le plan moral, mais on ne peut pas l’accuser de se tourner les pouces en attendant le Grand Amour.

casanovaLe Vénitien Giacomo Casanova, qui a réellement existé (1725-1798), a mis les leçons de Don Juan en pratique. Dans ses mémoires (Histoire de ma vie), il se vante d’avoir conquis 142 femmes dont une religieuse ! Casanova, bad boy du XVIIIe siècle, a été successivement prêtre, militaire, musicien, joueur compulsif, diplomate, espion, investisseur, investisseur en faillite, et, pour terminer sa carrière en douceur, bibliothécaire. Escroc et manipulateur, joueur et jouisseur, il n’avait pas froid aux yeux : il s’est battu en duel pour une ballerine, est parvenu à s’évader d’une prison d’où personne n’avait réussi à s’échapper… Plus humain que Don Juan, Casanova apprécie chacune de ses conquêtes.

Les Liaisons dangereuses, roman par lettres du Français Pierre Choderlos de Laclos (1782), nous plonge dans un univers d’aristocrates libertins qui passent le plus clair de leur temps à échafauder intrigue amoureuse par-dessus intrigue. La séduction n’est que stratégies machiavéliques, avec double, triple et quadruple jeu ; les sentiments ne font pas le poids devant le calcul et les relations fondées sur l’intérêt.

(Si vous préférez le cinéma aux livres, il existe deux excellentes adaptations des Liaisons dangereuses : Dangerous Liaisons de Stephen Frears et Valmont de Milos Forman.)

La belle et la bête

lawrenceL’Amant de lady Chatterley du Britannique David Herbert Lawrence (1928) raconte l’amour a priori improbable unissant une femme d’aristocrate et son garde-chasse. Madame s’ennuie dans sa maison trop vaste, avec un mari que la Première Guerre mondiale a laissé sexuellement impuissant. Le garde-chasse, célibataire à l’attitude de gros ours bourru, masque sa sensibilité. Deux êtres qui parviendront à combler ensemble leur besoin d’amour (et de sexe).

D. H. Lawrence décrit avec réalisme et précision la surprise de la rencontre, la séduction, la naissance de l’amour, le désir, la sexualité, l’attachement et l’engagement.

Une version remaniée du roman a inspiré un film grandiose, Lady Chatterley de la Française Pascale Ferran (2006).

La marche à l’amour

C’est au poète et éditeur québécois Gaston Miron que l’on doit l’un des plus extraordinaires poèmes de la langue française sur le sentiment amoureux, « La marche à l’amour », publié dans un recueil en 1970 (L’Homme rapaillé).

Pour la petite histoire, « La marche à l’amour » a été rédigé au fil des années 1950 et 1960 par un jeune Miron qui accumulait échec après échec avec les femmes — ironie du sort, c’est un séducteur raté qui a écrit l’un des plus beaux poèmes amoureux de toute la littérature francophone !

À l’âge de 30 ans, Gaston Miron redoutait de rester vieux garçon toute sa vie. Dans une lettre à un ami, en 1958, il a confié : « il n’y a qu’une chose qui soit essentielle pour moi. L’Amour d’une femme. Et ça, je ne pourrai jamais l’avoir. Alors, qu’est-ce que ça peut me foutre le reste. (…) Ce n’est pas la littérature qui donne une raison de vivre, en dehors de l’amour, marde. » Mais la littérature reste un excellent moyen d’exprimer l’amour, découvrira le poète.

L’adolescente et son sugar daddy

Dans L’Amant de Marguerite Duras (1984), qui se déroule en Indochine coloniale, une jeune Française de 15 ans s’éprend d’un riche Chinois qui a deux fois son âge.

Marguerite Duras avait 70 ans lorsqu’elle a immortalisé cette histoire vécue, initiation amoureuse et sexuelle qui a marqué sa jeunesse. Son style elliptique est inimitable : les souvenirs et l’imagination s’entremêlent, les événements et les réflexions s’enchaînent de manière intuitive… Le passé s’impose dans le présent, car les amours d’hier nous habitent toujours.

Pour la petite histoire, Marguerite Duras est devenue une sugar mammy à son tour lorsqu’elle a décidé en 1980 de partager sa vie avec un jeune admirateur qui lui vouait un culte, Yann Lemée (qu’elle surnommait Yann Andréa) ; elle avait 66 ans, lui 27. Un couple inséparable jusqu’à la mort de Duras, en 1996.

Le viveur

Avec Le Zubial (1997), le romancier français Alexandre Jardin rend hommage à la rage de vivre qui animait son père, Pascal Jardin (né en 1934, emporté par un cancer en 1980, à 46 ans). Ce dernier, romancier et scénariste, était un séducteur prolifique et surtout très audacieux.

ZubialQuelques faits saillants : à l’âge de 15 ans, Pascal Jardin est devenu l’amant d’une amie de son paternel ; plus tard, il installera dans sa propre maison les amants de sa femme ; il escaladait les résidences de ses maîtresses en pleine nuit pour s’introduire par une fenêtre ; cambriolages, déguisements, animaux de cirque, chèques en blanc, rien n’arrêtait le Zubial lorsqu’il voulait épater une belle.

Le fil d’Ariane de sa fulgurante existence : ne jamais céder à ses peurs.

Quelques livres incontournables

Le paysage amoureux de notre époque semble déroutant, à première vue. Pour y naviguer sans perdre le nord, voici quelques livres et articles sur la séduction, l’amour, le couple et la sexualité qui sortent de l’ordinaire psycho-pop.

Notre maître, le passé

AmoursAmours de Jacques Attali et Stéphanie Bonvicini (Éditions Fayard, 2007), ouvrage solidement documenté et abondamment illustré, narre une histoire universelle de l’amour de l’Antiquité à nos jours. Où l’on apprend notamment que le couple romantique-exclusif-fusionnel est une invention récente (80 % des sociétés humaines connues sont polygames).

La plus belle histoire de l’amour, sous la direction de Dominique Simonnet (Éditions du Seuil, 2003), est constitué d’entretiens questions-réponses avec des spécialistes qui commentent l’histoire de l’amour en Occident, de la préhistoire à nos jours.

Deux ouvrages signés par l’historienne torontoise Elizabeth Abbott, incroyablement riches en informations — sans être savants —, valent le détour : Une histoire du mariage et Histoire universelle de la chasteté et du célibat (Fides, 2010 et 2003).

Sur les mythes amoureux

amour et occidentDenis de Rougemont, écrivain suisse, a décrypté l’histoire de notre imaginaire amoureux pour découvrir que notre culture s’appuie essentiellement sur le mythe de la passion contrariée (avec moult pleurs, pathos et refoulements). Dans L’amour et l’Occident (édition définitive, Librairie Plon, 1972), il s’attarde au récit fondateur de nos névroses amoureuses, Tristan et Iseult, dont les origines remontent au Moyen-Âge. Un essai très dense, érudit.

En 2000 et 2005, un psychologue québécois, Jean Garneau, a décrypté trois mythes amoureux : 1) le grand amour ; 2) l’amour inconditionnel ; 3) et la fidélité. Trois articles très accessibles.

Un peu de philo

L’amour : de Platon à Compte-Sponville de Catherine Merrien (Éditions Eyrolles, 2009), ouvrage un peu scolaire mais éclairant, condense la pensée de dix philosophes majeurs (de l’Antiquité à nos jours) sur la rencontre, l’amour, le couple, le mariage, le célibat, etc.

Amour : déconstruction d’un sentiment de l’Allemand Richard David Precht (éditions Belfond, 2011) brosse un portrait aussi complet que possible de notre culture de l’amour. Une culture qui ne semble pas évoluer ; les philosophes et les intellectuels de notre époque ne sont pas particulièrement doués pour parler de l’amour, comme si tout avait été dit il y a plusieurs siècles…

Les manuels de drague

Deux classiques : L’art d’aimer du poète latin Ovide (qui a vécu à l’époque de Jésus-Christ) et le Kâmâsutra, recueil indien rédigé quelques siècles après J.-C.

Pour établir un premier contact dans un endroit public, il faut bavarder léger, avoir confiance en soi et ne pas craindre le refus, explique Ovide : « Courage donc ! présente-toi au combat avec la certitude de vaincre ; et, sur mille femmes, une à peine pourra te résister. Qu’une belle accorde ou refuse une faveur, elle aime qu’on la lui demande. Fusses-tu repoussé, un tel refus est pour toi sans danger. » Les gars, méditez ça…

Le Kâmasûtra est beaucoup plus qu’un catalogue de positions sexuelles acrobatiques. On y traite de toutes les dimensions de l’amour : séduction, rencontre, mariage, sexualité (y compris l’homosexualité, la prostitution, des pratiques marginales, etc.), vie de couple, adultère, rupture.

« Parce qu’un homme et une femme dépendent l’un de l’autre pour le sexe, cela requiert une méthode, et cette méthode, le Kâmasûtra l’enseigne. » À chacun d’apprendre et d’agir : « Rien de bien n’arrive à un homme qui ne fait rien », rappelle le Kâmasûtra.

Pour saisir à quel point les classiques demeurent pertinents de nos jours, la revue québécoise Argument a publié en 2013 un excellent numéro sur l’éducation des sentiments.

Sur le célibat, la rencontre et le couple aujourd’hui

kaufmannLa femme seule et le Prince charmant : enquête sur la vie en solo du sociologue Jean-Claude Kaufmann (Armand Colin, 2015) s’appuie sur des confidences de femmes célibataires, sur ce qu’elles attendent d’un homme. Ces femmes ont beau se dire émancipées, indépendantes, etc., leur imaginaire amoureux se résume au prince-charmant-ou-rien.

Dans Je ne souffrirai plus par amour (Éditions 10/18, 2009), la romancière et journaliste espagnole Lucía Extebarria dévoile sa vie intime. Violence, toxicomanie, dépendance affective, relations tordues avec des individus tout aussi tordus : elle a tout vécu. Ayant a appris, à la dure, à mieux se connaître, elle démolit une foule d’idées reçues sur l’amour.

Au XXe siècle, le mariage d’amour a marqué un progrès en surpassant le mariage d’intérêt ou arrangé. Mais aujourd’hui, le mariage d’amour est devenu une tyrannie, expose l’écrivain français Pascal Bruckner dans Le mariage d’amour a-t-il échoué ? (Grasset, 2010).

Un essai québécois original, drôle et motivant : Le cycle de rinçage, vivre en couple pour les bonnes raisons de Pierre Morency (Éditions Transcontinental, 2006). Où le couple n’est pas une usine à romantisme, mais une… laveuse : « Convaincu que la relation conjugale ne naît pas de l’amour, que le concept d’âmes sœurs est une hérésie et que l’égalité des partenaires est un leurre, l’auteur prétend qu’on doit se servir du couple comme d’une fantastique machine à laver. »

contre amourDécapant, Contre l’amour : la déroute des sentiments de la sociologue américaine Laura Kipnis (La Table Ronde, 2004) est une critique radicale de l’amour et du couple. Impitoyable, l’auteure fait table rase et n’épargne personne.

Dans le même esprit de contradiction, une autre suggestion : l’ouvrage collectif Contre l’amour (Iosk Editions, 2004).

Sur l’infidélité

Elizabeth Abbott, en plus de ses ouvrages sur l’histoire du mariage et du célibat, a signé une Histoire des maîtresses (Fides, 2012). « Elles font partie de cette catégorie qui, suivant les époques, a hanté les coulisses de l’histoire, en a récrit à sa façon le déroulement ou a fait les délices des journaux à potins. »

Terre-à-terre, L’art d’être infidèle : Paris — New York — Tokyo — Moscou de la journaliste américaine Pamela Druckerman (Éditions Saint-Simon, 2009) effectue un petit tour du monde. L’auteure a exploré les us et coutumes des infidèles dans une vingtaine de pays. Constat : sauter la clôture est un comportement répandu, dans toutes les sociétés, mais chaque culture y réagit différemment.

Sur la pornographie

Le petit essai du sociologue Michel Dorais La sexualité spectacle (VLB éditeur, 2011), qui a connu une belle popularité, répond à une question cruciale : veut-on vivre sa propre sexualité ou demeurer spectateur de la sexualité des autres ?

Sexualité spectacleL’essai de l’anthropologue Bernard Arcand Le jaguar et le tamanoir : vers le degré zéro de la pornographie, publié en 1991 par les Éditions du Boréal, demeure actuel — même si la porno a pris énormément d’expansion depuis 25 ans.

Pour réinventer l’amour

Au XXIe siècle, le scénario « conte de fées », c’est-à-dire rencontrer l’homme ou la femme de-toute-une-vie pour une passion amoureuse éternelle, s’oppose complètement à la valeur numéro un de notre époque : l’autonomie individuelle. L’amour fusionnel, autarcique et définitif n’est plus possible dans un monde d’individus autonomes évoluant en réseaux, explique le sociologue français Serge Chaumier dans L’amour fissionnel : le nouvel art d’aimer (Fayard, 2004).

Le saviez-vous, il existe un autre modèle amoureux que le couple monogame-exclusif-fusionnel-définitif. L’auteure et journaliste Françoise Simpère propose, dans son Guide des amours plurielles : pour une écologie amoureuse (Pocket, 2009), un tour d’horizon pratico-pratique de ce que son compatriote Serge Chaumier nomme la fission amoureuse : couple ouvert, polyamour, amitié amoureuse, etc., et une foule d’autres.

La vie, l’amour, le sexe : être heureux quand on ne croit pas en Dieu d’Arthur Vernon (Tabou Éditions, 2012) offre plusieurs pistes d’action pour reprendre contrôle de sa vie intime et forger son propre chemin amoureux-sexuel.

Enfin, le très stimulant Vers une libération amoureuse : propositions romantiques, érotiques et politiques d’Yann Kerninon (Libella-Maren Sell, 2013) ouvre la porte à tous les possibles. « Le couple traditionnel et monogame craque de tous côtés, comme un vieux névrosé. Mais, face à lui, la prétendue liberté sexuelle, purement consumériste et narcissique, a comme un goût de mort et de désolation. Inventons autre chose ! »