Archives de l’auteur

Peur de draguer ou peur de s’engager ? (3)

 

Comme je l’expliquais dans mon précédent billet, certains hommes font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de s’engager. Mais quelques-uns d’entre eux profitent parfois du fait qu’ils ont déjà une relation stable dans leur vie pour draguer à qui mieux mieux (les hommes mariés, pour ne pas les nommer).

Quoi qu’il en soit, les allergiques à l’engagement peuvent déployer une créativité remarquable pour conserver toutes les portes de sortie ouvertes. Cette esquive sentimentale atteint des sommets chez certains, et je ne peux résister à l’envie de vous raconter une petite anecdote.

L’une de mes connaissances a rencontré un célibataire qui, de prime abord, semblait très bien, mais qui dans les faits la maintenait dans un état de disette affective permanente. Jugez plutôt : l’homme en question avait si peur de s’engager qu’il avait conçu un véritable «horaire» de visites. Au début, sa blonde était «autorisée» à le voir seulement le samedi et le dimanche. Quelques mois après le début de leur relation, une journée supplémentaire fut rajoutée… Aucune raison n’était invoquée pour justifier un mode de fonctionnement aussi rigide. Il disait simplement qu’il n’était pas «prêt».

Petit détail important : si la jeune femme avait d’autres obligations les jours qui lui étaient généreusement concédés par son copain, tant pis pour elle ! Elle ratait son tour et aucun remplacement n’était possible. Inutile de vous dire que cette relation a tourné court…

Peur de draguer ou peur de s’engager ? (2)

 

Mesdames, avez-vous remarqué à quel point les hommes mariés, lorsqu’ils se l’autorisent, draguent plus facilement que les célibataires ? Cette légèreté dans le propos, ce sourire enjôleur… Vous savez sûrement de quoi je parle.

Je me suis longtemps demandé d’où leur venait cette aisance. La réponse m’est venue tout naturellement, en écrivant le billet précédent : c’est fort probablement parce qu’ils sont déjà engagés ailleurs ! De ce fait, ils ne peuvent faire aucune promesse à la femme qu’ils tentent de séduire. Elle le sait parfaitement, en prend son parti et en accepte même parfois les risques.

Ah ! Quelle situation confortable pour les hommes mariés qui jouent malgré tout au Don Juan : ils peuvent draguer effrontément ; en cas de dérapage, ils ont toujours la possibilité de se réfugier derrière un : «Mais enfin, tu savais bien que j’étais marié, non ?». Ou encore : «Je ne peux pas divorcer, je te l’ai dit mille fois, ma femme me ruinerait…». Dernière variante : «Si je quitte ma femme, mes enfants seront traumatisés et m’en voudront pour la vie…»

À l’inverse, un célibataire reculera sans cesse devant le moment de se déclarer, se gardant constamment une porte de sortie. Il ne voudra pas se commettre, ni annoncer ses couleurs, et poussera la femme, excédée, à prendre les devants. Et si ça ne fonctionne pas, là encore la parade est toute prête : «Ben là, ce n’est pas moi qui suis venu te chercher !», disent ceux qui sont particulièrement de mauvaise foi.

Dans le prochain billet : l’esquive sentimentale.

Peur de draguer ou peur de s’engager ? (1)

 

Jusqu’à présent, nous avons beaucoup parlé de peur dans ce blogue : peur du rejet, peur de passer pour un macho, peur du ridicule, etc. Aujourd’hui, attaquons-nous à un autre type de crainte, qui est tout aussi chronique chez nos contemporains : la peur de l’engagement amoureux.

La plupart de mes consœurs vous le diront : les hommes ont une peur bleue de l’engagement, c’est presque un cliché. Et j’en viens parfois à me demander si, pour ces messieurs, draguer ne serait pas aussi devenu une forme d’engagement qu’ils fuient à toutes jambes.

Comme le faisait remarquer mon comparse Jean-Sébastien dans sa réponse au commentaire d’un internaute, «Séduire, c’est un code social, une façon d’entrer en contact avec les gens, d’être aimable en société. Au Québec, malheureusement, ce code social est mal compris, peu et mal pratiqué.»

Voici mon raisonnement : dans la Belle province, la séduction a été déviée de sa fonction initiale. Au lieu d’être considérée et vécue comme un simple jeu, une façon légère d’entrer en contact avec le sexe opposé, elle s’est alourdie d’une autre signification, d’un véritable enjeu qui ne devrait pas être le sien.

Annoncer ses couleurs à une femme, lui montrer sans équivoque son intérêt, est un comportement qui plonge ces messieurs dans un abîme de perplexité, car ils craignent que cela ne soit décodé par ces dames comme le signal clair d’une volonté d’engagement. Vous avez peut-être déjà entendu, de la bouche d’un homme célibataire : «Oui, bon, d’accord, elle me plaît, mais faudrait quand même pas qu’elle s’imagine que je vais me marier avec elle !» Ou encore : «Ben là, faudrait pas qu’elle pense qu’elle est devenue ma blonde officielle !»

À cet égard, lorsqu’on scrute un peu les blogues animés par de jeunes hommes, on se rend compte à quel point cette notion de «blonde officielle» est un sujet de discussion récurrent. C’est dire à quel point l’engagement les terrifie !

Dans le prochain billet : quand l’engagement fait l’affaire des hommes.

Comment survivre aux week-ends ?

 

Lancée en mai dernier, la série Web-télé Comment survivre aux week-ends ? (sur le blogue du magazine féminin Clin d’oeil) met en scène trois jeunes femmes célibataires dans un Sex and the City à la sauce québécoise. 

Sur les 13 épisodes de la série, le septième est particulièrement savoureux. On y relate une blind date désastreuse dont le point fort réside dans les malaises gastriques du cavalier, joué par un Pierre-François Legendre (le Carlos des Invincibles) goujat à souhait. On adore quand il annonce, retournant à table après un passage prolongé aux toilettes : «S’cuse, c’est mon heure»…

Allez, bon week-end !

Cette sacrée peur du rejet (4)

 

Comme je l’expliquais dans mon précédent billet, beaucoup d’hommes ne font plus aucune tentative de séduction parce qu’ils sont littéralement paralysés par la peur que la femme convoitée les rembarre sèchement. Mais permettez-moi de vous raconter une anecdote qui fera peut-être réfléchir certains d‘entre vous.

Dans mon métier de journaliste, je réalise chaque semaine des entrevues avec de nombreuses personnes, hommes et femmes de tous âges aux occupations variées. La plupart des entretiens sont réalisés par téléphone, mais certains se font en personne. Au printemps dernier, j’ai eu l’occasion d’interviewer dans son bureau un homme assez haut placé dans la hiérarchie d’un organisme dont je tairai le nom. Cette personne, il faut le signaler, a la réputation d’être un sacré coureur de jupons et ce, malgré sa soixantaine avancée et son statut marital. À peine passais-je la porte de son bureau qu’il me demandait si j’étais mariée. La table était mise…

Ma réponse négative a littéralement déclenché (mais peut-être en aurait-il été de même avec une réponse positive…) un processus de drague frontale dans les règles, auquel j’ai réagi par des sourires crispés et des petits rires gênés. L’effet de surprise était total ; il faut dire que je n’en ai plus l’habitude. Cela ne m’était plus arrivé depuis des lustres, compte tenu du peu d’ardeur des mâles québécois dans ce domaine ! Lire la suite de ce billet »

Cette sacrée peur du rejet (3)

 

Presque tous les hommes que nous avons rencontré pour notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire sont littéralement pétrifiés par la peur de se faire dire non par une femme convoitée. Un phénomène que l’on pourrait expliquer par certaines réalités sociales et culturelles typiquement québécoises.

L’une des personnes que nous avons interviewées, la coach séduction Marie-France Archibald, nous a fait observer ceci: la réaction féminine face aux tentatives d’approche des hommes est parfois si agressive que certains en demeurent marqués au fer rouge et, par conséquent, paralysés. Dans ses interventions, elle a d’ailleurs recours à la programmation neurolinguistique pour permettre à ses clients de passer outre leurs mauvaises expériences et de repartir à la conquête des femmes…

Quand on y pense, la peur du rejet sentimental éprouvée par les hommes est disproportionnée. L’animateur, humoriste et grand dragueur devant l’éternel Marc Boilard, souligne, dans son Code Boilard du vrai gars (Les Intouchables, 2002), que les Québécois ont peur d’avoir peur de draguer, et que cette crainte est démesurée. Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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