Jean-Sébastien Marsan

Jean-Sébastien Marsan

Je suis un Québécois tout ce qu’il y a de plus authentique. Né à Montréal. Mes parents ont vu le jour au Québec, leurs parents aussi, mais quand on remonte dans le temps, mes lointains aïeux étaient Français et Italiens. Pur produit des bouleversements sociaux des années 1970 (mon enfance) et de la régression des années 1980 (mon adolescence), j’ai longtemps été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives en ce sens furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple : personne ne me l’avait appris. C’était le vide. L’impasse.

Il y a quelques années, je n’aurais jamais cru possible d’écrire un livre sur la séduction et la drague au Québec, réalités qui me semblaient assez lointaines. Mais bon, le journalisme mène à tout…

Depuis plus de 15 ans, je suis cyberjournaliste (pour repousser les frontières de l’inexploré), journaliste traditionnel et rédacteur (pour payer le loyer). J’ai aussi tâté du marketing et des relations publiques. Les questions sociales m’intéressent toujours. Quand un phénomène m’intrigue vraiment, je plonge tête baissée : je me documente jusqu’à saturation, je questionne tous les gens autour de moi, je tente d’épuiser toutes les pistes, toutes les interprétations. Avec Emmanuelle, j’ai travaillé pendant trois ans sur Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire, publié aux Éditions de l’Homme, mais je ne crois pas avoir réussi à faire le tour de la question. La séduction et la drague, au Québec, échappent souvent à l’explication, au rationnel.

Vous savez quoi ? J’ai toujours de la difficulté à faire les premiers pas avec le sexe opposé. Je ne suis plus terrorisé comme jadis, mais je ne suis jamais à l’aise. Ce n’est pas naturel chez moi, et je n’y peux rien. Cette appréhension de la rencontre fait partie de ma culture, de mon histoire, de mon vécu.

Mais au moins, j’ai enfin compris pourquoi.

Emmanuelle Grill

Emmanuelle Gril

J’ai débarqué ici il y a plus de 20 ans, en 1988. Dans mon unique valise à l’époque : tous mes disques vinyles de Prince, de bons vieux Miles Davis et quelques ouvrages de mes auteurs fétiches… Aujourd’hui, malgré mes deux décennies au Québec, mon accent du sud de la France persiste et signe. Il n’est tout simplement pas soluble dans le froid.

Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gent féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé, me disais-je à l’époque ? Il faut croire que je suis devenue une mocheté… En fait, en matière de drague, le gouffre entre mon coin de pays et ma terre d’accueil est tout bonnement insondable. Pas que je m’ennuie des manières franco-françaises, souvent lourdes et parfois cavalières. Mais tout de même, entre ça et le néant sidéral, il y a une marge !

Je plains terriblement mes amies célibataires, toujours en quête d’un mâle compétent. Une vraie course à obstacles où, au bout du compte, les hommes se dérobent invariablement.

Pour ma part, je partage mon existence entre mes deux filles (oui, un homme s’est commis avec moi !), mon métier de journaliste pigiste… et mon désir secret d’avoir un jour mon propre potager. En attendant, je me livre à des expériences dans des pots sur mon balcon, et je m’abonne à des revues de jardinage. Mais un beau jour, vous verrez la serveuse automate s’en aller cultiver ses tomates…

Pour écrire aux auteurs : info@ladrague.qc.ca.

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