Ce texte a été publié pour la première fois dans ce blogue le 7 avril 2010. Il a obtenu beaucoup de succès, à un tel point que certains y ont vu un «manifeste» ! Ce n’était pas mon intention de départ… Mais j’en suis suffisamment fier pour lui accorder une place toute particulière dans ce blogue. (Jean-Sébastien Marsan)

Travail, argent

1. Un homme, un vrai, travaille dur quand il le faut, mais sa vie ne se résume pas qu’à ses activités professionnelles. Il sait décrocher du travail pour se ressourcer.

2. Pour des raisons tant écologiques que philosophiques et pratiques, un vrai mâle limite sa consommation et évite de s’endetter. Vivre sans dettes, c’est la liberté ! L’homme prévoyant accumule des économies qui lui permettront d’investir dans les projets qui lui tiennent à coeur (voyager, démarrer une entreprise, fonder une famille, faire de la politique, etc.), qui lui procureront des satisfactions mâles.

3. Un homme, un vrai, comprend que l’argent et la consommation ne sont pas des valeurs en soi (et que sortir son portefeuille à tout bout de champ pour jouer au riche n’impressionne les dames que momentanément).

Éducation, culture, loisirs

4. Un homme, un vrai, n’étudie pas seulement en fonction du marché du travail. Il fréquente aussi les bancs d’école pour acquérir une culture générale, et pour sa culture physique (les sports et autres activités). Si l’école ne lui procure pas ce dont il a besoin pour s’épanouir (ce qui est souvent le cas, malheureusement…), il se débrouille pour trouver les ressources ailleurs — il ne s’agit pas ici de faire la promotion du décrochage scolaire, mais il faut prendre conscience que bien des adolescents abandonnent l’école parce qu’ils n’y trouvent pas grand-chose qui les valorise en tant que concentré de testostérone sur deux pattes.

5. Un homme, un vrai, est toujours soucieux de développer son autonomie intellectuelle et son esprit critique. Il résiste aux modes, aux conformismes, aux diktats de la publicité et des médias, aux représentations irréalistes des relations hommes-femmes (notamment dans la pornographie).

6. Un homme, un vrai, consacre ses temps libres à des activités culturelles, sportives, sociales, etc., qui le mettent en mouvement, qui lui permettent d’apprendre, d’évoluer (le magasinage chez IKEA ne compte pas, ce n’est pas une activité stimulante pour le corps et l’esprit).

7. Un homme, un vrai, n’est pas une patate de divan. Un être humain libre, souverain, n’a pas de temps à perdre avec la télévision, cet appareil qui crache des images et du bruit, qui fragmente les familles et isole les individus. Un mâle préfère l’action, le mouvement, les projets.

Identité masculine

8. Un homme, un vrai, doit assumer sa masculinité. Il ne copie pas les femmes et il n’a pas peur des femmes ; il admire les femmes et il se rend admirable à leurs yeux. Il ne tient pas les femmes (ou les féministes) responsables de ses problèmes personnels ou de tout ce qui va mal sur Terre.

9. Un homme hétéro, un vrai, ne sombre pas dans l’homophobie pour camoufler ses craintes ou ses complexes. Il ne raconte pas de blagues stupides sur les «fifs» et les «tapettes».

10. Un homme, un vrai, n’a pas peur d’être un passionné. La passion est beaucoup plus qu’un simple intérêt pour une activité ou un phénomène quelconque. C’est une quête pour laquelle on sacrifie temps, argent, emploi, sommeil, loisirs… et même une relation amoureuse, s’il le faut. Vivre passionnément, ce n’est pas seulement manifester de l’ambition, c’est adopter un mode de vie axé sur une passion. Un homme passionné fait des erreurs, échoue, se relève et recommence jusqu’à ce que ses efforts soient récompensés. (Les femmes adorent ce type de mâle qui triomphe des obstacles.)

11. Un homme, un vrai, ne cherche pas à «réussir sa vie» à tout prix, ni à plaire à tout le monde. Il se concentre plutôt sur ce qui le passionne le plus. Il ne doit pas avoir honte d’être très compétent dans un secteur d’activité et incompétent ailleurs, car personne ne peut être bon dans tout. L’homme n’est pas tenu d’être un superman et il ne doit pas demander aux femmes de devenir des superwomen.

12. Un homme, un vrai, entreprend de réaliser ses projets dès qu’il le peut, car une existence heureuse et bien remplie est vécue la pédale au plancher. À quoi bon reporter à demain ce que l’on peut entreprendre aujourd’hui ? (Par exemple, un jeune mâle plein de potentiel ne doit pas repousser la réalisation de ses rêves après l’âge de la retraite sous prétexte qu’il doit d’abord faire carrière, qu’il doit s’acheter une voiture et une maison, qu’il doit cotiser à son REER, faire preuve de «réalisme», etc.)

13. Un homme, un vrai, prend des risques calculés (et non des risques stupides). Il est animé par l’esprit d’aventure, l’anticonformisme, un peu d’excentricité. À la rigueur, il se contrefout de l’opinion des autres et il fonce tête baissée. Il n’a pas peur d’avoir peur. (Les femmes adoooorent !)

14. Un homme, un vrai, consacre du temps à sa vie spirituelle. Il ne s’agit pas d’adhérer aveuglément à une religion ou à n’importe quel mouvement spirituel, mais d’essayer de trouver en soi quelques réponses aux grandes questions existentielles qui interpellent l’humanité depuis toujours.

Relations sociales, amoureuses, familiales

15. Un homme, un vrai, cultive ses amitiés, élargit son réseau social, ne dit jamais non à une occasion de rencontrer de nouveaux visages. Il aborde les inconnues en les regardant dans les yeux (au Québec, beaucoup de gens craignent le regard de l’autre).

16. Un homme, un vrai, apprend à se montrer séduisant, galant. Il continue à séduire lorsqu’il est en couple, car la séduction est un art de vivre qui se cultive. (Attention : il s’agit de séduire, pas de tromper sa conjointe…)

17. Un homme, un vrai, se montre sensible et romantique, à l’écoute des femmes, mais il refuse d’encourager des fantasmes irrationnels de contes de fées, ces fantasmes typiquement féminins : la rencontre de rêve avec le Prince charmant sur son cheval blanc, le coup de foudre qui débouchera immédiatement sur le grand amour, et autres lubies.

18. Un homme, un vrai, est viril mais pas macho. Il n’a pas besoin de rouler les mécaniques (ou de rouler en voiture sport) pour démontrer qu’il a de l’assurance, qu’il est bien dans sa peau.

19. Un homme, un vrai, apprend à apprivoiser la solitude avant de vivre en couple. (L’inverse est plus difficile… et plus douloureux.)

20. Un homme, un vrai, n’entretient pas d’exigences démesurées sur le couple. Pour éviter les déceptions et les ruptures prématurées, il adopte une attitude pragmatique. Il refuse notamment de dissoudre sa personnalité dans le couple et la famille, il conserve une certaine autonomie mâle. (Par exemple, il n’a pas à négocier avec sa conjointe le droit d’aller jouer au hockey un soir par semaine. Les «activités de gars», tout comme les «sorties de filles», c’est non négociable !)

21. Un homme, un vrai, lorsqu’il décide de mettre fin à une relation amoureuse, agit avec un maximum de diplomatie, de délicatesse et d’empathie pour celle qui a partagé son intimité.

22. Et lorsqu’il constate que sa partenaire le quitte, il fait l’impossible pour rester zen. Il vit son deuil sans manifester de colère ou de rancune. Et il n’ira pas dire du mal de son ex à ses nouvelles conquêtes.

23. Un homme, un vrai, s’investit dans l’éducation des enfants. Il maintient sa présence et ses responsabilités de père (même quand il n’y a plus de relation de couple avec la mère). Sans négliger sa fille, il s’efforce d’être un modèle masculin pour son fils ; ce dernier ne doit pas devenir un fils manqué pour cause de père manquant.

24. Un homme, un vrai, apprend à communiquer ses sentiments, ses craintes et ses questionnements. Il demande de l’aide au besoin, il peut se confier et même pleurer (dans les moments critiques, il criera : «Môman !»), mais il ne passe pas son temps à se plaindre et à se gratter le bobo.

25. Un homme, un vrai, est généreux avec autrui et exigeant envers lui-même.

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