De retour
Chers lecteurs et lectrices, bonjour ! Comment allez-vous ?
Après quelques semaines de vacances, le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer est de retour. (C’était le blogue qui était en vacances. Pour ma part, j’ai bossé comme un fou sur divers projets pendant l’été.)
Ces dernières semaines, j’ai découvert quelques publications qui pourraient vous intéresser.
La féminisation des États-Unis. Le numéro de juillet-août du magazine américain The Atlantic présente un dossier intitulé «The End of Men». Vous avez peut-être entendu dire que les Américaines (tout comme les Québécoises) se montrent plus dynamiques que les hommes à l’école et dans un nombre croissant de secteurs d’activité économique. Elles sont maintenant légèrement plus nombreuses que les hommes sur le marché du travail.
The Atlantic fait le point sur l’émancipation de l’Américaine moyenne en abordant une foule de phénomènes : la récession de 2008-2009 a fait disparaître des emplois manufacturiers typiquement masculins qui ne reviendront plus tandis que les femmes tirent mieux leur épingle du jeu dans l’économie postindustrielle et la «société du savoir», elles occuperont d’ailleurs la majorité des emplois promis à la plus forte croissance au cours des prochaines années ; nouveauté, des femmes de carrière gagnent plus que leur conjoint ; les femmes sont encore rares à la direction des grandes entreprises, mais elles dominent l’univers des cadres intermédiaires ; et des parents préfèrent maintenant donner naissance à une fille qu’à un garçon ! Un renversement complet des rôles traditionnels. La classe moyenne américaine est en train de se féminiser, souligne The Atlantic, ce qui aura évidemment des répercussions importantes sur les relations hommes-femmes, le couple, la famille, etc. Et je suis convaincu que la situation est presque la même au Québec.
Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus : une imposture. Depuis une vingtaine d’années, des auteurs à succès et des médias ont tendance à réduire les relations homme-femme à une série de déterminismes biologiques et à une sorte de théorie de la différence sexuelle : pour des raisons génétiques, les hommes seraient rationnels et axés sur l’action, les femmes seraient subjectives et axées sur l’introspection; les hommes n’aimeraient pas parler, les femmes aimeraient parler tout le temps; les hommes fonctionneraient de manière linéaire, les femmes seraient multitâches, etc. L’Américain John Gray, l’auteur du livre Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus (1992), est le plus connu de ces gens qui passent leur temps à dresser des listes de différences homme-femme où tout s’expliquerait systématiquement par des prédispositions génétiques.
Personnellement, ce genre de poutine psycho-pop m’a toujours tombé sur les nerfs. Il y a deux semaines environ, ça m’a fait plaisir d’apprendre que des professeurs et chercheurs dénoncent la bouillie pour les chats de John Gray et Cie. Presque complètement dépourvue de fondements scientifiques, cette production psycho-pop est un «neurosexisme» qui ne fait que perpétuer des clichés sociaux, selon les critiques. Pour en savoir plus, voyez ce billet dans le blogue de la sexologue et auteure Jocelyne Robert.
Seins malsains. J’ai aussi suivi, avec un intérêt tout sociologique, les problèmes de santé de la femme qui a les plus gros totons en silicone au monde, Sheyla Hershey. Les caractéristiques démentielles de sa poitrine sont certifiées par un record Guiness ! Sheyla Hershey a tellement de silicone dans le corps qu’elle a souffert d’une infection, elle a été opérée d’urgence à la fin du mois de juillet. Les médias se sont évidemment emparés de ce fait divers comme un anus fiévreux d’un suppositoire.
Je me suis demandé en quoi deux gros machins ronds en silicone plaqués sur le corps d’une femme puissent être sexy, séduisants. Quand je regarde des photos de Sheyla Hershey, je ne ressens même pas le début de l’ombre d’une excitation érotique. J’ai juste l’impression de regarder une poupée gonflable (ou plutôt gonflée).
Le point de vue des PVTistes. Le saviez-vous, la France a signé des accords bilatéraux avec une demi-douzaine de pays, dont le Canada, pour instaurer un Programme Vacances Travail (PVT) destiné aux 17-35 ans. La petite communauté québécoise des PVTistes échange sur un forum Internet. En mai dernier, un membre du forum a décrit, pour le bénéfice de la communauté, ce qu’il faut savoir sur les relations amoureuses avec des Québécois(es), sur nos habitudes et nos tabous. Un texte parfois étonnant…
Le magazine L’actualité, périodique surestimé qui est capable du meilleur comme du pire, a publié dans son numéro du 1er septembre un article intéressant intitulé «Vivre en solo». Dans cet article, il est question d’une enquête scientifique sur la vie en solitaire, enquête dont j’avais déjà parlé dans ce blogue, et dont les conclusions valent le détour. En complément, le site web de L’actualité publie les réflexions sur la solitude de la psychanalyste et psychiatre française Marie-France Hirigoyen.
Enfin, j’ai récemment été invité à deux émissions de la Première chaîne radio de Radio-Canada. Le 1er août dernier, sur les ondes de C’est fou le désir, j’ai donné mon point de vue sur l’industrie de la psycho-pop. Et le 11 août, à l’émission AM, j’ai participé à un débat sur la virilité.
Au plaisir de discuter de tout ça (et de tant d’autres choses) avec vous. Et bonne rentrée !

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Un retour en grande forme pour Jean-Sébastien!
Mais qu’est-ce que c’est que ce point de vue de l’étudiant français en visite au Québec… Il a l’air un peu désabusé si je ne me trompe pas. Il a sûrement eu de mauvaises expériences. Ou alors, je suis devenue trop vieille et ne suis plus du tout au fait de ce qui se passe chez les étudiants.
Bon retour!
Mina