Le célibat involontaire

 

Un lecteur de ce blogue m’a écrit en privé il y a quelques jours pour me suggérer d’explorer deux ressources sur le célibat involontaire, mieux connu en anglais sous le nom de involuntary celibacy (incel pour les intimes) : une page de l’encyclopédie Wikipedia et le site web www.incelsite.org.

La définition de l’incel ratisse large, englobant les gens qui n’ont jamais connu de relations intimes, les célibataires qui vivent une longue traversée du désert, ceux qui éprouvent d’énormes difficultés à établir un premier contact avec autrui (les individus souffrant de phobie sociale, notamment), et même des gens en couple qui subissent une pénurie d’amour et de sexualité. Un univers de solitude et de misère sexuelle, avec les conséquences tragiques que l’on imagine (isolement, dépression, alcoolisme, troubles mentaux, etc.).

J’ai aussi découvert un site web intitulé The Incel Project, qui semble vouloir documenter le phénomène (mais qui est pauvre en contenu). Ce site souligne que le célibat involontaire est sous-estimé : «It’s alarming that a problem so destructive can be all but virtually ignored by both serious sociologists and the mental health community.»

J’ose croire que Les Québécois ne veulent plus draguer livre et blogue contribuent à documenter ce que les anglophones appellent l’involuntary celibacy

Partager
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • Digg
  • del.icio.us

10 commentaires à Le célibat involontaire

  • Marie H dit :

    C’est sans aucun doute souffrant pour ceux qui le vivent, mais quand on est témoin d’«incel» dans notre entourage, le sentiment d’impuissance s’ajoute à la tristesse qu’on peut éprouver par empathie avec notre proche. :-S

  • Mina dit :

    Important également de ne pas confondre solitude et isolement. La solitude est un bienfait pour moi, je pense même qu’une certaine misère vient du fait qu’on ne prend plus le temps pour réfléchir et être seuls avec soi-même.

    D’où l’importance du terme ‘involontaire’ dans célibat involontaire. C’est l’isolement qui tue. Sentir qu’on ne peut plus partager le résultat de nos réflexions de solitaire avec quelqu’un qui ne nous jugera pas. Intéressant ce concept d’Incel.

  • Pierre dit :

    Comme le dit l’article :
    “there is a support for everything (disability, cancer, poverty, homelessness)
    but nothing for INCELS”

  • poutine dit :

    Il faut faire la différence entre les gens qui sont conscients de leur célibat involontaire et ceux qui ne comprennent pas pourquoi ils sont toujours seuls, pourquoi ils font fuir les autres. Ces derniers sont souvent considérés comme des parasites, des handicapés sociaux. Il faut faire attention de ne pas les juger trop vite.

    Les médias devraient s’intéresser davantage à ce concept d’incel.

  • PM dit :

    Je viens de tomber par hasard sur ce texte… et je m’y reconnais. De mon point de vue, c’est une spirale sans fin d’échecs par-dessus échecs, de démotivation, perte de confiance, timidité, jalousie, de rêveries jamais réalisées. À un certain point arrive la question “pourquoi j’essayerais encore ?” et sans savoir pourquoi j’essaie quand même sans succès, en masochiste que je suis. Ce qui n’est pas nommé dans le texte, c’est LA conséquence tragique : le suicide… Je crois que bien des hommes/femmes ne se seraient peut être pas suicidés avec un lien affectif les reliant à ce monde. Pour ma part, je suis chanceux d’avoir plusieurs autres intérêts… mais le suicide marche avec moi, littéralement. La compassion et l’aide d’amis ou de psychologues, c’est toujours apprécié… jusqu’au 15 février ou l’on se fait demander: “As-tu fêté la St-Valentin??”

  • Gino dit :

    Je comprends parfaitement PM. Le fameux pourquoi “j’essayerais encore” ? me hante constamment. Se mêlent tristesse, solitude, amertume, honte. Éventuellement les pensées suicidaires. Tout ça est le mélange d’une incompréhension à comprendre la subitilité des femmes, mes exigences démesurées ou encore mon manque de confiance en moi qui s’est traduit à attirer des allumeuses. On nous met une pression énorme sur ce qu’est le SEXE, le COUPLE et la VIE DE FAMILLE, mais cela n’est pas fait pour tous.

  • piton dit :

    Plus je réfléchis, plus je me rends compte que je suis aussi victime d’une sorte de phobie des femmes. En fait celle-ci se concentre uniquement sur celles qui me plaisent ou à qui je plais. Par contre avec une belle femme mariée ou bien plus âgée que moi (j’ai environ la trentaine) où une relation n’est pas concevable, je n’ai aucun problème pour discuter voir même pour flirter.

    Par contre, dans les cas avec un enjeu ou une possibilité, je peux avoir des comportements proche de la panique. C’est en fait très comparable à une autre peur que je maîtrise et connais très bien, celle du vide et de la chute. Je fais régulièrement de l’escalade et de l’alpinisme à un bon niveau et en fait c’est très ressemblant. À pas mal d’occasions avec des femmes, lorsque j’aurai dû et voulu faire ou dire quelque chose, j’ai eu le souffle coupé, un noeud à l’estomac, une grosse envie de disparaître ou de me recroqueviller en position foetale et de fermer les yeux.

    Comme pour l’escalade d’un passage qui semble trop difficile avec une grosse chute potentielle, le mieux est de respirer profondément à intervalles réguliers, de se répéter des choses positives et de faire le pas. Dans les deux disciplines, chaque réussite fait un peu diminuer la peur, l’évitement un peu augmenter et la chute régresser fortement pour un bout de temps.

    Le problème c’est qu’avec les femmes j’ai commencé par une longue période d’évitement, puis une fois je me suis lancé sans expérience et j’ai chuté lourdement juste après avoir fait le premier pas. Il m’a fallu un an pour m’en remettre et je dois dire que je suis assez content de ne me n’être pas dans l’intervalle jeté d’un pont ou sous un train. Ensuite évidemment, vu les risques encourus j’ai à nouveau opté pour l’évitement.

    Maintenant après plusieurs années, j’ai réessayé des petites choses qui peuvent sembler dérisoires et que j’arrive parfois à tenter et forcément, comme c’est facile, à passer. J’hésite à consulter par ce que la vitesse de progression est très lente et je me dis qu’à ce rythme il me faudra au moins cinquante ans. Je dois dire que par chance je plais apparemment à pas mal de femmes, ce qui veut aussi dire malheureusement que j’en ai déçues pas mal par mon inaction.

  • patricia holtelgart dit :

    Bonjour,

    Au secours!

    Souvent, lorsque je sors avec mes copines, je reviens défaite de mes soirées et mon estime en prend un dur coup!

    Mes copines sont belles, énergiques et ont un sex appeal fou!

    Moi je suis jolie, mais plus discrète. Je crois que je fais petite fille mignonne et gentille.

    Je n’apprécie pas vraiment les bars mais j’aime sortir avec les copines et m’amuser.

    Le problème, c’est que lorsque les hommes approchent mes copines, parfois, ils ne me parlent pas et m’ignorent complètement.

    C’est humiliant! Je me mets alors a paniquer pcq je me sens rejetée et j’affiche un air bête pcq je suis blessée. La soirée est alors gâchée! Je n’ose pas en parler aux copines. J’ai peur de leurs réactions.

    J’aime sortir et j’aime rencontrer. Je ne peux plus supporter cette sensation de rejet que je subis chaque fois qu’on m’ignore dans les bars. Je crois que c’est très destructeur pour moi. Mais en même temps, je ne veux pas m’empêcher de sortir pour autant. Je suis une fille dynamique qui aime avoir du plaisir. De toute évidence, je suis insécure, surtout du côté drague. Y-a-t-il quelque chose a faire? Je suis vraiment désespérée… Au secours!!!

  • Bonjour Patricia,

    Voici quelques conseils sans prétention (je ne suis vraiment pas un pro de la drague dans les bars).

    * Pourquoi ne pas parler à vos amies de ce que vous ressentez quand les hommes vous ignorent? Juste d’en parler, vous vous sentiriez moins seule.

    * Si vos amies allaient “pêcher” les gars pour ensuite vous les présenter?

    * Pourquoi ne pas prendre l’initiative de provoquer les rencontres avec les hommes? Et si vous les approchiez en disant: “Bonsoir, je me nomme Patricia, j’ai envie de faire votre connaissance. On peut boire un verre ensemble?”, ou quelque chose comme ça?

    * Personnellement, j’aime bien l’attitude super terre-à-terre, pragmatique, de Marc Boilard. Peut-être que ses conseils pourraient vous aider (voyez par exemple ce billet).

    Bonne chance!

  • David dit :

    Et un de plus ici qui est célibataire involontaire.

    Déjà à la base je suis assez solitaire, je fréquente très peu de monde pour deux raisons:
    1. j’ai de la misère à nouer d’amitié;
    2. je suis relativement bien seul, parfois ça me manque des amis, comme une blonde.

    ça fait 4 ans que j’ai pas de blonde et pas de rapport sexuel, c’est long. À un point où le jour où j’aurai une blonde, je redoute même mes premiers contacts sexuels avec.

    Pourtant je suis pas quelqu’un de timide, je dis ce que j’ai à dire. Le problème, j’imagine, c’est que j’ai pas grand-chose à dire. Je suis à l’aise de parler à une fille (tout comme à un gars), mais il doit y avoir une raison. Si c’est le travail, je parle de travail. Si c’est d’une activité que je fais, je parle de l’activité. Etc. Ça dépasse jamais ce stade pour le peu de fois que je parle aux gens.

    Dans mes 4 années de célibataire, sans faire de l’évitement, je ne pêchais pas. Je parlais aux gens, si j’avais à le faire. J’avais la possibilité de former des amitiés (autant avec des gars qu’avec des filles) et possiblité de sortir avec une fille, mais ça n’a jamais vraiment été très concluant.

    Ces derniers temps (disons les 5 derniers mois), pour reprendre l’expression de Jean-Sébastien, je me suis mis à “pêcher”. Étant donné que je ne vois pas beaucoup de monde, mes activités sont solitaires. Et donc peu d’opportunités de rencontres. Je n’aime pas l’alcool, donc déjà les bars ne sont pas pour moi, lieu principal où les gens se draguent, j’imagine, parce qu’en dehors on dirait qu’il y a une indisponibilité des filles.

    Par exemple, la semaine dernière, j’ai découvert que j’avais une voisine, assez jolie et célibataire je crois. Je l’avais croisée dans le bus et on a marché ensemble jusqu’à chez-soi. Elle m’a confié qu’elle fumait du weed, tout comme moi. Alors, quelques jours après, j’ai pris mon courage à 2 mains, je suis allé cogner chez elle. Je lui ai demandé si elle voulait fumer son joint. Elle n’était pas disponible et elle m’a dit de repasser dans la soirée.

    Je suis repassé et elle semblait surprise de me voir, déjà pas très accueillant, mais j’ai passé par-dessus et je ne voulais pas me mettre de frontière, nous avons donc fini par fumer un joint, bavarder pendant 2 heures. Et elle est rentrée chez elle, sans manifester aucun signe. J’irai recogner chez elle. Mais je m’attends pas à grand chose.

    Et les autres fois que j’ai essayé, c’est un peu la même chose, aucun signe d’intérêt de la part d’une fille. Quelques heures passées ensemble et c’est fini. D’ailleurs je constate la même chose dans “mes amitiés”. Je dois toujours faire le premier pas, on finit par se dire, s’il/elle ne nous contacte pas, c’est peut-être qu’elle/il ne veut pas nous voir. Et on finit par cesser d’essayer d’appeller.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
›››
Nous sommes aussi présents sur Twitter !
À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
›››Acheter le livre en ligne
Suivez-nous sur Twitter
    Catégories
    Recherche

    Powered by Web Design Company Plugins