Lettre aux immigrants
Chers concitoyens venus d’ailleurs pour vivre parmi nous,
Vous êtes récemment installés au Québec (sûrement à Montréal, car 80 % d’entre vous s’établissent dans la métropole) ? Bienvenue chez nous ! Et chez nous, c’est maintenant chez vous.
J’ai quelques conseils d’ami à vous donner. Je connais bien le Québec, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Avec le temps, j’ai fini par cerner quelques phénomènes, heu… disons… bizarres ou gênants, phénomènes que les immigrants ne perçoivent pas immédiatement. Loin de moi l’idée de vous décourager, c’est vraiment pour vous aider à vous intégrer le mieux possible que je vous écris aujourd’hui.
La société québécoise est ouverte, accueillante, tolérante. Vivre en liberté sans renoncer à vos racines culturelles, c’est ce que le Québec a de mieux à vous offrir. Vous verrez, la réputation de tolérance des Québécois n’est pas surfaite. Les Québécois sont tellement tolérants qu’ils risquent même de vous ignorer ; ce ne sera pas du mépris ou du racisme de leur part, non, simplement une indifférence polie. Les Québécois sont beaucoup plus tolérants que curieux, en fait. Ce peuple obsédé par le repli sur la vie privée, par l’individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus. La mentalité de bien des Québécois se résume souvent à «vivre et laisser vivre». Ne vous en formalisez pas.
Les Québécois privilégient les relations sociales directes. Oubliez les «Monsieur» et «Madame» ampoulés, le respect des hiérarchies et la déférence devant l’autorité, vous pouvez vous adresser à tout le monde comme à un égal. Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent ! Vous n’aurez pas de difficulté à entrer en contact avec les Québécois d’une manière décontractée et superficielle, mais vous aurez de la difficulté à approfondir les relations, à développer un réseau social solide, à vous faire des amis pour la vie. C’est une autre marque de l’indifférence polie dont je parlais plus haut. Ne considérez pas ce comportement comme un affront, car les Québécois n’y voient aucun mal.
Les Québécois ont réussi, en quelques décennies, à détruire la famille. Il y a encore 50 ans, ils accordaient beaucoup d’importance au mariage, ils avaient de nombreux enfants, entretenaient des liens étroits avec leurs oncles, tantes, cousins, etc., et respectaient leurs aïeux. Si vous appartenez à une culture qui valorise beaucoup la famille, vous serez choqués de découvrir qu’aujourd’hui, plus du quart des ménages est formé d’une personne qui vit seule ; que les familles et les couples ont éclaté, un mariage sur deux se termine par un divorce ; que les familles ont rarement plus de deux enfants, en moyenne ; que les liens avec la parenté éloignée sont distants et qu’on se débarrasse des vieillards en les confinant dans des mouroirs confortables. Cela dit, personne au Québec ne vous empêchera de mener une vie familiale intense et soudée. Mais vous vous sentirez peut-être marginaux, hors norme.
Vous avez fui votre pays d’origine pour échapper à des problèmes politiques ? Réjouissez-vous : le Québec est le dernier endroit sur Terre où vous verrez une révolution populaire armée, un coup d’État, une grève générale, etc. La vie politique québécoise est généralement insignifiante, d’ailleurs les Québécois s’intéressent peu à la politique. Il n’y a aucun projet politique d’avenir au Québec, aucune ambition, rien qui puisse provoquer des remous, juste une gestion plus ou moins efficace des affaires courantes. C’est même la seule société au monde, à ma connaissance, où un peuple a voté deux fois par référendum contre son projet d’indépendance nationale. Le Québec est parfois le théâtre de petits scandales ou de mini-crises politiques, mais rien de majeur, car la démocratie est une valeur bien ancrée. Bien ancrée dans l’insignifiance… Croyez-moi, la politique québécoise ne viendra jamais empoisonner votre existence (mais si vous vous y intéressez de près, elle viendra vous ennuyer).
Vous vous installez parmi nous en croyant améliorer rapidement votre situation économique ? Désolé, mais vous risquez de déchanter. Ce n’est pas que l’économie et le marché du travail se portent mal au Québec, au contraire. Mais le taux de chômage des immigrants est beaucoup plus élevé que celui des citoyens qui sont nés ici, surtout pendant leurs premières années au Québec. Pire, le gouvernement du Québec sélectionne des immigrants en fonction de leurs qualifications professionnelles, mais il n’assure pas nécessairement leur arrimage aux besoins du marché du travail. Vous serez désagréablement surpris de croiser au Québec des ingénieurs, médecins et autres professionnels formés à l’étranger qui sont forcés de conduire des taxis pour survivre.
Tout ce qu’on vous a dit sur l’importance de parler français au Québec est une vaste blague. Vous ne résisterez pas longtemps à la force d’attraction de l’anglais, et personne ne vous le reprochera (à votre place, je m’angliciserais moi aussi). Maîtriser l’anglais vous permettra d’obtenir de meilleurs emplois et de meilleurs salaires. Des Québécois francophones eux-mêmes ont tendance à utiliser l’anglais au travail, dans leurs productions artistiques, sur Internet, dans la rue, alors qu’ils pourraient très bien fonctionner en français… En fait, vous devez savoir que les Québécois francophones ne font rien pour empêcher leur marginalisation dans un univers anglophone. Montréal, que l’on qualifie encore de «deuxième ville francophone au monde après Paris», est aujourd’hui une métropole officieusement bilingue. Malgré une loi qui protège le statut du français au Québec (depuis 1977), il est prévisible que l’anglais sera la langue de la majorité des Montréalais dans quelques années et que le reste de la province deviendra une société folklorique.
Le système éducatif québécois est accessible à tous, mais l’élémentaire-secondaire est médiocre. Vous serez peut-être très déçus par la mauvaise qualité de la formation de base, et même obligés de payer des cours privés à vos enfants pour qu’ils obtiennent une scolarité qui serait jugée acceptable dans votre pays d’origine. Notre système d’éducation échoue dans toutes ses missions fondamentales : il est incapable d’alphabétiser correctement tous les enfants et adolescents, incapable de transmettre un héritage culturel commun, incapable de valoriser les métiers, incapable de valoriser la vie intellectuelle, et le comble, incapable de former des enseignants compétents ! Vous remarquerez aussi à quel point les Québécois francophones accordent peu d’importance à l’éducation, à la culture, au savoir désintéressé (c’est évidemment lié à leur déclin sur le plan linguistique), et beaucoup d’importance aux formations «utiles» pour leur vie professionnelle. Leur principale préoccupation, c’est d’occuper un emploi le plus rapidement possible (en quittant l’école dès l’âge de 16 ans s’il le faut) pour être en mesure de consommer le plus possible. Surtout, se payer une voiture, «la» marque de réussite sociale au Québec, et regarder la télévision.
Au premier abord, le système de santé québécois vous semblera accessible et généreux grâce à cette merveille qu’est l’assurance-maladie gratuite et universelle. Mais il y a des pénuries assez graves, notamment de médecins omnipraticiens : deux millions de Québécois n’ont pas de médecin de famille, et vous n’en trouverez pas un de sitôt. De plus, le gouvernement du Québec essaie depuis plusieurs années de privatiser la santé. Sa stratégie consiste à dégrader les conditions de travail des professionnels de la santé, à négliger les soins de première ligne, à ne pas entretenir les infrastructures, en somme à foutre de bordel dans le réseau de la santé, puis à présenter le secteur privé comme la solution à tous ces problèmes (pourtant créés de toutes pièces). Vous avez fui un pays où les soins de base sont inaccessibles parce que trop coûteux ? Ce cauchemar pointe à l’horizon du système de santé québécois.
Au Québec, on vous l’a sûrement dit, l’égalité homme-femme est coulée dans le béton des chartes des droits et des lois. C’est un principe sacré, intouchable. Vous serez peut-être obligés de faire un effort d’adaptation. Croyez-moi, ce sera pour le mieux. (À ce propos, une curiosité : les Québécois sont tellement fiers de l’égalité homme-femme qu’il leur arrive de la décrire comme une «valeur typiquement québécoise»… Ce qui est bien sûr exagéré, l’égalité homme-femme est une valeur universelle. Les Québécois ne l’ont pas inventée. Mais bon, ça vous donne une idée de son importance ici.)
L’égalité homme-femme en droit ne se traduit pas nécessairement par l’égalité dans les faits. Au jour le jour, les relations hommes-femmes ne sont pas strictement égales, elles sont soumises à des tensions et des contradictions, elles évoluent, se transforment. Des Québécoises sont encore victimes de sexisme, de discriminations, d’injustices et de violences, mais en même temps, le Québec est une société en voie de féminisation : de plus en plus, les femmes se montrent plus dynamiques que les hommes dans un nombre croissant de secteurs d’activité. Je mettrais ma main au feu qu’elles prendront un jour le leadership du Québec tout entier. Et que ce sera pour le mieux.
Enfin, vous constaterez que les Québécois francophones ne draguent pas, surtout les hommes. Et qu’ils ne sont pas très séduisants… C’est normal : comment voulez-vous être attiré, séduit par un peuple qui se laisse dériver ?

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Ça me touche beaucoup ce sujet… Mon mari est Européen et a immigré ici à l’âge de 25 ans. Au début il était fasciné, libéré: tout est possible ici! Je peux aller faire mon marché en pantalon de pyjama! Il a d’ailleurs pu mettre sur pied une entreprise (chose qu’il n’aurait pas pu faire dans son pays). Mais, par la suite, il a goûté à pas mal tout ce que vous décrivez. Il noue des liens facilement avec d’autres immigrants européens, mais a de la difficulté avec les Québécois. Pour ce qui est de la drague, je crois qu’il séduit sans s’en rendre compte, par des petits gestes, courtoisie, gentillesse, intérêts envers les autres, importance d’être élégant et gallant… Inutile de vous dire qu’il a beaucoup de succès auprès de la gent féminine.
Pour moi c’est très stimulant. En même temps ça fait ressortir plein de complexes: pourquoi je n’ai pas appris ça à l’école (culture générale, philo, histoire…)? Pourquoi je ne sais pas m’habiller avec autant d’élégance que les filles de là-bas? Enfin, tous ces petits complexes à la con. On pense parfois à retourner là-bas, mais il croit que malgré toutes les choses qui lui manquent, il ne peut plus se passer de la liberté qu’il ressent ici.
En complément, un excellent billet de Jean-François Lisée dans son blogue du magazine L’actualité: “Immigration: comment Québec accueille des francophones fantômes et de futurs chômeurs“.
Du point de vue du travail, mon chum ne peut vraiment pas se plaindre, parce qu’il n’aurait jamais pu mettre sur pied son entreprise dans son pays sans connaître les bonnes personnes ou avoir un membre de la famille qui lui lègue sa place. Je dirais que c’est plutôt au niveau de la vitalité qu’il trouve ça difficile… Mais je crois que les Québécois aussi commencent à souffrir de la réclusion.
C’est culturel. Il a toujours été habitué à avoir plein de gens chez lui qui entrent et qui sortent. Moi j’aime beaucoup aussi, mais je suis un peu plus sauvage. Il a beaucoup d’amis Européens, j’ai beaucoup d’amis Québécois. Ça fait des belles discussions, et des beaux enfants
Je perçois beaucoup de cynisme dans ce billet… J’ignore ce qui vous pousse au juste à ne décrire que le côté sombre de la vie au Québec, mais il manque, à l’évidence, le revers de la médaille à chacun des énoncés que vous décrivez, ma foi, quand même avec de semi-vérités… et démagogie… mais peut-être décrivez-vous le visage Montréal? Dans ce cas, il faudrait envisager de modifier le titre de votre billet? Peut-être aussi devriez-vous sortir un peu de l’Île de Montréal, M. Marsan? Le Québec, c’est grand vous savez… le savez-vous vraiment? Je me trompe, j’ose le croire.
“Ce peuple obsédé par le repli sur la vie privée, par l’individualisme et le confort domestique, ne va pas spontanément à la rencontre des inconnus.” C’est un peu n’importe quoi… Sur quoi basez-vous cette affirmation? Les “inconnus” ne se ghettoïsent-ils pas dans des quartiers propres à leurs appartenances ethniques? Et eux, vont-ils à la rencontre des Québécois afin d’apprendre nos moeurs et coutumes?
“Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent !” dites-vous…? Mais dans quel quartier vivez-vous? Westmount? C’est vrai qu’en anglais, il n’y a pas de distinction…
“Les Québécois ont réussi, en quelques décennies, à détruire la famille”… En quoi est-ce différent de l’Europe? En France, le taux de divorce et dans les 30% en province et 50% en region (et 2/3 à Paris). On repassera pour celle-là d’accord?
“Il n’y a aucun projet politique d’avenir au Québec, aucune ambition, rien qui puisse provoquer des remous, juste une gestion plus ou moins efficace des affaires courantes”… et vous comparez le Québec avec quelle autre province canadienne? En quoi le Québec est-il pire?
“Pire, le gouvernement du Québec sélectionne des immigrants en fonction de leurs qualifications professionnelles, mais il n’assure pas nécessairement leur arrimage aux besoins du marché du travail.” Connaissez-vous le nombre de programmes gouvernementaux d’insertion en emploi pour les personnes immigrantes M. Marsan? et la quantité d’organismes communautaires ayant pour mission leur intégration? Visiblement non.
“Tout ce qu’on vous a dit sur l’importance de parler français au Québec est une vaste blague” celle-là, j’avoue que c’est la meilleure…! La Loi 101 ne vous dit-elle rien? Chaque jour, je dois accompagner des organismes et des personnes immigrantes de Montréal afin de les informer des programmes existants (rédiger uniquement français, loi 101 oblige) qui ne comprennent pas un mot de français afin qu’ils aient accès aux mêmes services que les francophones. Alors parler français au Québec, est-ce encore une blague ou cela peut-être facilitant, dites-moi?
“Leur principale préoccupation, c’est d’occuper un emploi le plus rapidement possible (en quittant l’école dès l’âge de 16 ans s’il le faut) pour être en mesure de consommer le plus possible”. Non mais…c’est vraiment n’importe quoi…! Quatorze pays de l’OCDE sur vingt-neuf ont connu des taux de diplomation au secondaire supérieurs à ceux du Québec. Pour la même année, le taux d’obtention du baccalauréat au Québec (27 %) se situait à 4 points au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. cela pourrait être mieux, mais c’est pas si mal non? (pour des enseignants incompétents!)
Pour la santé, je vous donne 1 point…quand même!
Des Québécoises sont encore victimes de sexisme, de discriminations, d’injustices et de violences… et comment ça va dans le reste du monde???
Enfin, vous constaterez que les Québécois francophones ne draguent pas, surtout les hommes. Et qu’ils ne sont pas très séduisants. Ahaaha! Je vous envois ma photo si vous voulez?
Aurez-vous le courage de me publier M. Marsan? Merci quand même pour votre billet… s’il avait l’intention de provoquer des réactions, vous voilà servi.
@Cloutov: merci beaucoup d’avoir pris le temps de m’écrire si longuement et de démolir mon billet. Si, si, je l’écris sans ironie ou sarcasme: merci. J’aime mieux avoir des lecteurs comme vous, bien articulés, que d’avoir des lecteurs indifférents ou mal articulés.
Tout votre argumentaire se tient. Oui, le Québec est plein de bons côtés. Oui, il y a un revers à toutes les opinions de mon billet. J’ai tout simplement écrit un billet négatif, rabat-joie, parce que j’en avais envie. J’ai fait exprès pour noircir le portrait. Mais je n’ai pas écrit mon billet avec cynisme, je l’ai écrit avec sincérité. J’ai décrit la situation québécoise telle que je la vois, c’est-à-dire en noir. C’est mon opinion personnelle.
Je pourrais répondre longuement à votre commentaire. Je préfère compléter mon billet en soulignant deux éléments.
1) La société québécoise est dynamique, entre autres grâce à ses immigrants. Et je sais de quoi je parle: j’habite le quartier Côte-des-Neiges à Montréal, le quartier le plus multiethnique non seulement du Québec, mais du Canada entier. Un quartier étonnant. J’ai plein d’amis immigrants, je les trouve formidables.
2) La société québécoise est dynamique grâce à des individus motivés, entreprenants, créatifs, etc., le Québec accorde beaucoup d’autonomie aux individus. Mais les Québécois francophones “de souche”, comme peuple, ne sont plus motivés. Ils ont raté leurs rendez-vous avec l’Histoire (les référendums de 1980 et de 1995). Aujourd’hui, la démographie joue contre eux, et en plus ils se complaisent dans la médiocrité. Ils se replient sur eux-mêmes. Ils démissionnent. Ils vont même jusqu’à refuser la rencontre amoureuse… C’est foutu, ils n’ont plus d’avenir. D’ici un siècle ou deux, ils seront noyés dans le continent anglophone. Ce sera la fin de l’aventure francophone en Amérique du Nord. (Pour renverser la vapeur, il faudrait une révolution, et chacun sait qu’on ne fait pas une révolution dans une société d’abondance, une société trop confortable.) En écrivant cela, je ne fais pas exprès pour être négatif. J’exprime mon sentiment profond.
Cloutov,
J’habite Montréal, mais j’ai voyagé partout au Québec. Vous ne pouvez pas nier qu’il manque de vitalité dans la province. Certes, on se targue d’être latins et que nos bars et cafés sont plus animés que ceux de Toronto… mais en réalité, qu’en est-il? Difficile de manger au resto après 21h30 (même à Montréal, vous esaierez un lundi soir…), d’aller prendre un café chez le voisin sans rendez-vous. Les relations sont très superficielles entre les gens et on se tient en petits groupes, avec des références communes (des “inside” comme on dit). On n’a pas non plus la culture de la conversation, de la discussion. On a surtout peur d’être envahis par les autres, alors on marche les yeux baissés. Les Québécois ont peut-être déjà eu ce sens de la communauté il y a un temps, mais ce n’est plus le cas. Quant à la drague… passons. Il n’y a peut-être que les Saguenéens qui peuvent rivaliser avec les Italiens…
Bonjour,
Je suis tout a fait d’accord avec vous monsieur Marsan. La vaste majorité des Québécois et des Québécoises se fichent de leur voisinage et des gens qu’ils rencontrent sur la rue. Mais aussi avons nous adopté le comportement des Français nos ancêtres qui sont arrogants, élitistes et indépendants de tous et de toutes et surtout de leur famille. Pour ma part, je trouve la société québécoise ennuyante et non pas tolérante mais INDIFFÉRENTE jusqu’à la lâcheté dans certaines situations et c’est bien dommage.
Encore une fois pour compléter mon billet, voici une suggestion d’activité culturelle : revoir ou découvrir le film Le confort et l’indifférence de Denys Arcand (lancé en 1981), puis essayer de trouver le début du commencement d’une raison de croire que le Québec ait évolué politiquement depuis 1981. (Non, je ne suis pas cynique, c’est Denys Arcand qui l’est.)
@Jocelyne: Mme Jocelyne, si vous trouvez la société québécoise ennuyante, visitez le Manitoba et venez m’en reparler… Pour l’indifférence, je vous l’accorde, mais le Québec n’est pas différent de l’Amérique du Nord… Le phénomène est planétaire (ou presque). L’esprit communautaire, l’entraide et le bénévolat s’effritent… Mais c’est partout pareil!
Pour la lâcheté, tant que le marasme et l’ignorance politique actuels dureront, ce sera bien difficile de faire changer les choses… Mais à mon avis, la vraie mentalité du Québécois est que tout lui est dû… Il veut plus de services gratuits ou à faibles coûts, travailler moins, et payer moins d’impôts et de taxes… C’est là où se trouve sa vraie lâcheté! L’État-providence des boomers, c’est du passé, le Québec ne peut plus se payer autant de luxe, il vit à crédit depuis trop longtemps. Et sans vision sur ce qu’il risque de se produire s’il n’agit pas tout de suite… On va droit dans le mur, mais on est pas encore rendu au mur… pas encore… mais reste-il de l’espoir? Là est la question!
@Mina: Je doute que l’ont juge la vitalité d’un peuple uniquement par les heures d’ouverture des restos, bien que je sais que c’est un exemple que vous avez donné… Mais il y a quand même une vitalité nouvelle en ce qui concerne, par exemple, les valeurs et l’importance de la famille, non? Comment alors expliquer les programmes de congés parentaux? Les garderies à 7$? Je ne dis pas que suis en faveur, mais les faits sont là: il y a un baby-boom depuis 5 ans… On fait des p’tits Québécois et tout le monde en profite, les immigrants comme les Québécois de souche. La famille a la cote, mais on ignore ses voisins… Cela peu paraître contradictoire quand on y pense… Mais les valeurs se transforment, doit-on s’en inquiéter? Probablement.
Pour la drague des Saguenéens, je ne sais pas… Mais il est vrai que les Saguenéennes se tirent pas mal d’affaire aussi!
@M. Marsan: Merci de votre réponse, je comprends davantage le sens de votre billet maintenant! C’est fort intéressant de pouvoir échanger sur des sujets aussi fondamentaux… Dommage que vous ne soyez pas en politique!
@ tous: Aussi ne suffit-il pas d’être critique, j’aurais pu moi-même l’être pendant 100 pages au moins. La vraie question est: que faisons-nous, à notre échelle, pour que ça change? Quelles sont les solutions?… Manquerions-nous de modèles, de vrais leaders?… De vrais débats d’idées ? C’est peut-être là qu’il faut chercher.
@Cloutov : Vous écrivez que “la vraie mentalité du Québécois est que tout lui est dû… Il veut plus de services gratuits ou à faibles coûts, travailler moins, et payer moins d’impôts et de taxes…” C’est vrai.
Prenez par exemple le débat sur le dernier budget du gouvernement Charest. Oui, ce budget est inéquitable. Oui, il favorise les riches et défavorise les pauvres. Oui, les Québécois ont raison de protester, de détester le ministre des Finances, de soupçonner la Fédération des chambres de commerce et les banques d’être les commanditaires de ce budget. Mais…
Mais supposons que ce budget plein de chnout soit remplacé par un budget progressiste qui réduit le fardeau fiscal de la classe moyenne et fait payer les riches. Qu’est-ce qui va arriver? À mon avis, il n’y aura aucun débat sur le rôle de l’État, sur les services publics, etc., et la majorité du fric excédentaire que pourra dégager la classe moyenne sera d’abord consacré à une arme de destruction massive: la voiture. Augmenter le revenu disponible de la classe moyenne se traduira immédiatement par des dépenses débiles de la part de la classe moyenne, pour des voitures, des téléviseurs, le maudit IKEA, etc. La classe moyenne, au Québec, ne s’intéresse qu’à son confort domestique.
Et j’ai lu quelque part (je ne me rappelle plus où) que toute diminution du temps de travail des Québécois se traduit automatiquement par une augmentation du temps consacré à la… télévision. Quel peuple dynamique, hein?
Vous écrivez aussi: “La vraie question est: que faisons-nous, à notre échelle, pour que ça change? Quelles sont les solutions?… Manquerions-nous de modèles, de vrais leaders?… De vrais débats d’idées ?” Oui, nous manquons cruellement de tout ça.
Dans cet extrait :«“Tout ce qu’on vous a dit sur l’importance de parler français au Québec est une vaste blague” celle-là, j’avoue que c’est la meilleure…! La Loi 101 ne vous dit-elle rien? Chaque jour, je dois accompagner des organismes et des personnes immigrantes de Montréal afin de les informer des programmes existants (rédiger uniquement français, loi 101 oblige) qui ne comprennent pas un mot de français afin qu’ils aient accès aux mêmes services que les francophones. Alors parler français au Québec, est-ce encore une blague ou cela peut-être facilitant, dites-moi?», j’ai dû reconnaître que le français est d’une importance capitale pour Cloutov. Avec fautes d’orthographe, à l’évidence.
Aussi, cet extrait m’a surpris: «“Vous pouvez même tutoyer des inconnus — les Québécois adorent !” dites-vous…? Mais dans quel quartier vivez-vous? Westmount? C’est vrai qu’en anglais, il n’y a pas de distinction…»
Pour ces raisons: tout d’abord, dans les écoles, les enseignants sont appelés généralement par leur prénom, et rares sont ceux qui disent Madame, Monsieur, etc. Entre nouvelles rencontres, c’est presque mieux vu de déclencher une conversation à la deuxième personne du singulier, puisque les liens se tissent plus rapidement, et les sujets s’enchaînent, laissant la timidité de côté. Pour avoir été serveuse dans un resto ordinaire, fait des commandes téléphoniques de gens confus ne sachant s’ils préféraient une pizza extra-large ou médium, j’ai entendu de tout: insultes, mégardes, vulgarité, mais le plus souvent, des gens attentionnés et polis, ne reculant devant personne si le «tu» est employé.
Pour conclure, j’aimerais rajouter que Montréal est l’ensemble du monde regroupé dans une ville. Il y a de tout, ici: des immigrants qui nous apporteront nouveautés, apprentissages et cultures, tout comme des Québécois de souche s’adaptant aux différences, parfois surprenantes, d’un tel peuplement. Il n’est pas nécessaire de visiter la banlieue, la campagne, des villes majoritairement anglophones pour se faire un portrait global du Québec. Vous voyez, une simple esquisse peut suffire!
Bonjour,
D’abord merci pour votre lettre que j’apprécie. Je suis Algérien et cela fait deux ans et 7 mois que je suis installé à Montréal. J’ai lu dans certains journaux et sur le Net que le taux de chômage de la population en général est de 7% au Québec et que le taux de chômage de la communauté Maghrébine est de 28% (le taux le plus élevé) et ce pour les immigrants qui sont au Québec depuis moins de cinq ans (dont je fais partie).
Pour moi et pour beaucoup de Maghrébins, avoir un emploi décent est synonyme d’intégration. Je galère pour trouver un emploi et pourtant je parle bien anglais et j’ai fait une AEC en télécommunications (parce que je n’arrivais pas à trouver un emploi avec mon CV d’Algérie).
Pourriez-vous faire un commentaire sur ce taux de chômage anormalement élevé qui touche la communauté Maghrébine?
Merci.
@Nassim: J’ai entendu parler du taux de chômage très élevé qui afflige les immigrants maghrébins récemment installés au Québec. Et c’est troublant de constater que des immigrants d’origine asiatique ou européenne obtiennent plus facilement des emplois qualifiés que des immigrants d’origine nord-africaine. Pourquoi? Je ne sais pas. Je ne peux commenter la situation en détail, je ne suis pas un expert des questions d’immigration, de chômage, etc.
Bon courage, et j’espère que votre blogue poursuivra le débat.
@Marilou: Sauf erreur, je ne crois pas avoir fait un plaidoyer pour la qualité de la langue… Que celui qui n’a jamais fait de coquilles en écrivant avec émotion, de surcroît, sur un commentaire laissé sur un blog, me lance la 1re (coquille!). Mais si vous insistez, je vous attends pour une dictée… n’importe quand.
“Mtl est l’ensemble du monde regroupé dans une ville”: j’ai rarement entendu une affirmation de la sorte…wow… pour vous peut-être… je respecte votre opinion… mais Montréal, ce n’est pas le Québec, loin de là. À ce compte, Quebecor est le “Quebec way of life” des Québécois regroupé en une seule entreprise…?! Il est temps que Montréal enlève ses oeillères.
@Cloutov: Je ne veux pas parler de Quebecor, ça n’a rien à voir avec mon image de Montréal. Cette ville va bien au-delà par ses capacités historiques et culturelles, ainsi que sur le plan des diversités ethniques. Je voulais affirmer qu’il y a toutes sortes de personnes et qu’elles forment une population aux couleurs variées. Si je prends par exemple la Montérégie, il y a encore quelques anglophones à Otterburn Park, encore moins à Mont-Saint-Hilaire, et la plupart de ces gens ont peur d’aller à Montréal car ils y croisent du nouveau, de la différence à l’état pur. Certains parents refusent l’accès à la ville à leurs enfants, car ils ne s’y sentent «pas en sécurité». À mon avis, ils n’aiment que les populations homogènes.
Les autres, peut-être plus ouverts d’esprit et moins craintifs, font leur tour en ville et aiment, magasinent (trop, malheureusement…), prennent des photos… Un Montréalais ferait de même s’il visite une province, ou s’il s’éprend d’amour pour une montagne géante dans le fin fond du Québec. C’est là le principe du tourisme. Moi-même découvrant quelques nouveaux quartiers, je joue à la touriste arrivée de nulle part, cherchant refuge et café pour terminer la soirée, en prenant trois millions de photos en guise de souvenir.
Bref, Montréal est un espace enrichi par ses valeurs, sa nouveauté qui ne cesse de changer, ainsi que tous ces endroits où les gens vivent, grandissent, et prennent en photo le portrait d’un monde mélangé: celui de la différence.
Voilà pourquoi Montréal est l’ensemble du monde regroupé dans une ville.
Une dictée… ça fait bien longtemps que je n’ai pas entendu ce mot
Je trouve que ce billet est très vrai. Je ne conteste rien de ce qu’il dit. Votre passage sur le gouvernement qui essaie de privatiser le système de santé est très vrai et très inquiétant. Il y a aussi le bout qui parle de la socialisation difficile au Québec.
Même si je suis née ici, j’ai toujours trouvé la socialisation très difficile et je comprend les immigrants de trouver ça dur. J’ai grandi dans un minuscule village pas du tout épanouissant pour les jeunes (seules valorisations sociales: rire des autres, se tenir sur le perron du dépanneur le vendredi soir, drogue et sexualité précoce). J’ai fait partie de la bande des “rejects” et j’ai donc un peu pas mal raté mon stade de socialisation au primaire. J’étais déjà rejet à la maternelle, par une gang de petites filles méchantes. Après ça, toutes mes tentatives pour me reprendre socialement ont été un parcours du combattant. J’ai changé d’école, j’ai changé de ville 2 fois, j’ai changé de domaine d’études, de jobs, etc., mais je n’ai trouvé la solution miracle nulle part. J’ai plutôt vécu comme une déracinée sans attaches solides, comme un immigrant en fait.
On dirait que si on ne s’est pas fait une “gang” à la maternelle, après ça, c’est foutu pour toutes les années à venir. Les gens restent toujours avec leur petit cercle d’amis totalement étanche à tout nouveau membre. Arrivés au secondaire, dans les énormes polyvalentes impersonnelles, les jeunes cherchent leurs repères auprès de leur gang du primaire, ce qui fait des tas de petits groupes séparés par village et quartiers, qui ne se parlent pas entre eux. Au cégep et à l’université c’est un peu moins pire, à cause qu’il se forme de nouveaux groupes par domaines d’études, mais les amitiés solides qui restent à long terme après les études c’est encore souvent les maudites gang du primaire, de quartier et de villages. Par exemple, la grande majorité des Gaspésiens qui ont déménagés à Montréal, se tiennent avec leurs amis gaspésiens du primaire. On dirait qu’il n’y a rien à faire. Puis dans les jobs on socialise, mais à part rares exceptions, les relations de travail ne sortent pas du cadre du travail.
À moins d’être exceptionnellement extraverti et d’avoir des capacités sociales hors norme, il est pratiquement impossible d’entrer dans une gang déjà établi depuis la maternelle. Tout au plus vous aurez des tas de connaissances, vous aurez de petits groupes éphémères, mais vous trouverez difficilement le fameux “cercle amical” stable et durable sur le long terme. J’ai l’impression que les amitiés et les relations amoureuses sont aussi jetables que les restants d’emballage d’un trio chez McDo et c’est pour cela que les seuls liens durables sont ceux développés dans l’enfance, car ces amis d’enfance c’est presque des frères et soeurs.
Mais au moins les immigrants ont un avantage que j’ai pas. Ils se regroupent avec des gangs de leurs pays. Mon chum est un immigrant et tout ses amis viennent de son pays. Entre eux, ils comprennent leur solitude et leur difficultés, et ils s’appuient. J’en viens à me demander si je ne devrais pas aller vivre dans un autre pays ou province où il y a des immigrants québécois. Peut-être que je pourrais enfin rentrer dans la gang.
Au fait, il y a tu juste moi au Québec qui trouve ça?
Voulez vous devenir mon gourou? ou puis-je être votre disciple?
Enfin la lumière que je cherchait depuis si longtemps, je viens de la trouver sur votre site que j’ai découvert cet après-midi. merci Google.
Je cherchait sur Google des connaissances sur les relation Facebook ou les relation amis avec bonus, fuck friend, etc.
Ces nouvelles relations qui semblent la norme chez les jeunes femmes (-25 ans), parce que je commence(commencait) à croire qu’à 42 ans je suis rendu un peu un vieux con.
Maintenant, en 10 minutes avec cette page je me sauvé 10 ans d’université et des dizaines de bouquins probablement pas encore écrits. Je vais continuer mes recherches sur les relations une autre semaine.
J’ai trouvé bien plus que ce que je cherchais, merci encore.
@napess martin : Il est hors de question que je devienne votre gourou ! Je ne suis pas un gourou !
Mais vos commentaires me font très plaisir. Vraiment.
Revenez me lire à la fin de l’été, lorsque je reprendrai la publication régulière dans ce blogue.
Ce billet est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé d’aller vers l’Ontario!
Le système éducatif québécois est accessible à tous, mais l’élémentaire-secondaire est médiocre.
Franchement, absolument n’importe quoi !
Vous seriez incapable de donner une quelconque référence.
Les résultats en math, en science et en compréhension de texte des jeunes québécois sont régulièrement parmi les meilleurs au monde (voir les résultats de la PISA) et dans tous les cas, bien meilleurs que n’importe quel autres pays francophones.
@Mikka : Veuillez noter que j’ai publié votre commentaire tel quel. J’aurais pu le corriger (l’interface WordPress de ce blogue me permet de modifier les commentaires des internautes), mais je n’en ai rien fait. Pourquoi ? Parce que la dernière phrase de votre commentaire comporte trois fautes d’orthographe :
«Les résultats en math, en science et en compréhension de texte des jeunes québécois (sic) sont régulièrement parmi les meilleurs au monde (…) et dans tous les cas, bien meilleurs que n’importe quel autres (sic) pays francophones (sic).» Parmi les meilleurs au monde, vraiment ? Sûrement pas grâce à vous…
De toute façon, je me contrefous des enquêtes PISA, des rapports de l’OCDE, etc., car l’école québécoise est médiocre à sa face même. La preuve ? Une journaliste de la chaîne V (anciennement TQS) a récemment posé quelques questions à des diplômés du secondaire qui font leur entrée au cégep. Qui a découvert l’Amérique ? Qui est Robert Bourassa ? Qui est Rembrandt ? Et en quelle année a commencé la Première Guerre mondiale ? Réponse : «Heu… J’suis pas cultivée !»
Répondre en insultant, wooooooow !
“Parmi les meilleurs au monde, vraiment ? OUI vraiment
Sûrement pas grâce à vous…”
Euh … j’avoue modestement être un drop out de phd !
“je me contrefous des enquêtes PISA, des rapports de l’OCDE, etc”
Tient donc, vous vous foutez d’évidences basées sur des tests standardisés et éprouvés par des organismes employant les spécialistes appropriés. Pourquoi au juste ?
Parce que le gars des vues de TQS ( de l’info sérieuse pour des gens intelligents )a demandé à des jeunes des questions de cultures générales du type encyclopédantes et que les exemples qui ont été délibérément sélectionnés pour être diffusés nous montre une jeunesse…afffffreusement ignorante.
Tu choisis de croire ce qui t’arrange, on appel ca un biais de sélection.
Je te comprends, après tout, pourquoi s’emmerder avec les faits quand on a déjà une opinion qui nous fait plaisir.
L’astrologie aussi c’est vrais voyons donc !
Allez je te laisse compter mes fauots d’orrtograffes.
Bonne réflexion.
Mikka
@Mikka: L’école québécoise au primaire-secondaire, compte tenu de tout l’argent et des ressources qu’on y investit, est minable. Encore une fois, je me contrefous des rapports de l’OCDE ou des tests internationaux; j’ai consacré toutes mes années de jeunesse à l’école québécoise et j’ai pu découvrir que sa plus grande réussite, c’est d’inculquer la loi du moindre effort à tout un peuple. (Avec, à l’âge adulte, des résultats déplorables dans presque tous les secteurs d’activité… y compris les relations homme-femme.)
J’ai un copain journaliste qui raconte souvent une blague illustrant l’histoire de l’école au Québec. La voici (je vais la raconter dans mes mots).
1945. Un brave agriculteur canadien-français catholique possède un champ de pommes de terre. Il y a 100 pommes de terre. Chaque pomme de terre rapporte 1 $ à l’agriculteur, et le coût de production d’une pomme de terre est de 0,10 $. Quel est le profit net de l’agriculteur ?
1965 (en pleine Révolution tranquille). Un agriculteur québécois moderne possède un champ de pommes de terre. Il y a 100 pommes de terre. Grâce aux techniques d’exploitation modernes, chaque pomme de terre rapporte 1 $ à l’agriculteur, et le coût de production d’une pomme de terre est de 0,10 $. Quel est le profit net de l’agriculteur moderne ?
1975 (les premier spécalistes de la pédagogie commencent à s’agiter). Dans un champ C, un agriculeur A cultive des pommes de terre P. Valeur de P = 100. Chaque unité P rapporte un profit brut (PB) de 1 $, et le coût de production (CP) d’une unité P est de 0,10 $. Élaborez une formule mathématique pour calculer le profit net (PN) du C de A.
1985 (la pédagogie du “vécu” bat son plein). Apporte une pomme de terre en classe et discutes-en avec ton voisin.
2005 (intégration des technologies de l’information en classse). Apporte une pomme de terre en classe et crée un site web pour en discuter en ligne.
2010 (réforme pédagogique). Dans une perspective socioconstructiviste d’appropriation des savoirs, l’apprenant (ou le s’éduquant) est sensibilisé à la problématique du calcul du profit net d’un champ de pommes de terre. Il doit élaborer une stratégie d’acquisition de connaissances qui lui permettra de développer des compétences transversales en mathématiques. Si l’enseignante (parce que ce sont généralement des femmes qui enseignent au primaire-secondaire) est du genre granola écolo, l’apprenant aurait intérêt à mentionner la douleur éprouvée par la pomme de terre lorsqu’elle est arrachée à sa Terre-mère Gaïa.
Et voilà.
Cette blague ne me fait rire qu’à moitié… C’est, à mes yeux, le meilleur portrait qui soit de l’école québécoise. Qui est minable et qui ne va nulle part.
P.S. Voyez aussi ce témoignage d’un Québécois qui a commencé son primaire en 1950 et qui peut aujourd’hui mesurer l’ampleur de la régression.
P.P.S. Je n’ai pas corrigé les fautes d’orthographe et de frappe de votre commentaire.
@Jean-Sébastien Marsan
Tu n’as absolument pas saisi mon propos ou tu choisis de l’ignorer ce qui est encore plus épeurant.
Des vieux cons qui disent tout et leur contraire sur base de leur expérience personnel il y en pleins les bistrots et les bars. La grosse différences entre ceux-ci et les gens QUI ONT DES CERVEAUX ET QUI SONT HONNÊTE INTELLECTUELLEMENT peut se résumé a une question de rigueur. Bref, pose toi la question du sur quoi je fais reposer mes petites opinions personnels.
Une opinion tout le monde en a, c’est comme un trou du cul!
Les théories pédagogiques et contenus de cours des écoles et universités aux Québec sont tout a fait semblable a ceux du reste de l’occident. Si le système d’éducation du Québec était si nul cella voudrait dire que les excellents résultats internationaux des jeunes Québécois s’expliquent par une sorte d’hyper-douance sans commune mesure.
(Pour répondre a ton hyperlien, le Collège classique était une éducation d’élite, évidemment ont ne peut pas la comparer a une quelconque éducation de masse.)
Concernant ta petite expérience personnelle, comme étudiants et pour comparer, a tu déjà séjournés aux États-Unis, en Italie, en Suède etc
…
Moi non plus, alors comment peux-tu comparer?
Je suis sur que partout sur la terre des centaines de milliers de vieux con ou de jeunes vieux cons sont en train de jurer que le système d’éducation ou le système de santé ou d’aqueducs de leurs pays, territoire, villes etc est donc épouvantable, s’en avoir le moindrement de faits ou d’évidence solides sous la dent. Ça ne leur pose aucun problème ce sont des vieux cons !
A partir du moment ou tu dis je tu te fous des données qui ont le plus de valeurs exhaustives et sans offrir de JUSTIFICATIONS sérieuses, tu es entrain de révéler a tout le monde que tu crois que tu peux affirmer n’importe quoi sans évidences et continuer a t’attendre que les autres accordent plus de valeur a tes opinions qu’a celles d’une vache.
@Mikka : Vous me traitez d’individu malhonnête intellectuellement. Votre procès d’intention, je m’en fous.
L’OCDE, je m’en fous aussi. Je m’en contre et contrefous. Cet organisme, basé à Paris, produit des études, des rapports, des statistiques, etc., toujours sous un angle économique très libéral. Qu’est-ce que l’OCDE connaît de la réalité quotidienne des écoles québécoises, de la médiocrité généralisée de son enseignement ? Rien de rien.
L’école québécoise, je l’ai vécue de l’intérieur pendant de longues années. Je me suis fait une opinion. Une opinion basée sur l’expérience. Et l’expérience, ne vous en déplaise, est quelque chose qui a de la valeur. C’est ma vérité (mais ce n’est évidemment pas LA vérité, je n’ai pas cette prétention).
Ce n’est pas vrai que l’école québécoise est semblable à ce qui existe ailleurs en Occident. Nous sommes les seuls au monde à persévérer dans une «réforme» (lire : un massacre) pédagogique que d’autres pays ont expérimenté, puis abandonné au vu des piètres résultats (la Suisse, notamment). Ça, je ne m’en fous pas. C’est l’avenir des jeunes qui est en jeu, carrément.
Si les gens qui prônent le retour de certaines caractéristiques de l’école traditionnelle sont des vieux cons, alors oui, je suis un vieux con. Et fier de l’être !
Je suis plutôt d’accord avec Mikka.
Pour un Européen, l’école primaire-secondaire au Québec peut paraître très pauvre au niveau culturel. C’est vrai. Mais il faut dire que le Québec n’est pas une nation marquée par l’Histoire, contrairement en France. Je me souviens qu’au cégep, la littérature québécoise se résumait en un seul cours alors qu’ils fallait une session entière pour parler de l’histoire de la littérature française. La culture est importante en France parce que son héritage historique est ancien, très riche… et très lourd! La culture passéiste a la cote en France au point d’en étouffer les élèves. On entend souvent les jeunes Français “capoter” durant leur bac avec les fameuses questions culturelles…
L’école en Amérique du nord est bien ordinaire et dépouillée de culture, comme si il s’agissait d’un choix personnel plutôt qu’une obligation. Par contre, le cégep et l’université rattrappent ce manque.
Un Américain a dit à un Français: “vous savez, on apprend peut-être pas grand chose dans nos écoles, mais nous avons la capacité de nous renouveler, d’innover et d’inventer, contrairement à vous, les Européens…”
Bref, les Américains du nord sont pragmatiques…
En passant, pour les fautes d’orthographes à l’école, en France, ils ont le même problème: les Français ne savent plus écrire!
Finalement, tout le monde a (presque) les mêmes problèmes!