Quelques anecdotes
Voici quelques aventures et mésaventures de drague, et des anecdotes de (mauvais) séducteurs, personnellement vécues ou observées. Je les raconte pour le simple plaisir de les partager avec vous.
Siffler les femmes dans la rue. La semaine dernière, au centre-ville de Montréal. Belle journée ensoleillée. En traversant une rue, je croise deux jolies demoiselles. Puis j’entends siffler. Agréablement surpris, je me dis : «Wow, un homme siffle les deux femmes ! Les relations hommes-femmes ne sont pas foutues, y’a de l’espoir !» Je me retourne, j’essaie de localiser cet homme qui a le culot de siffler les femmes, comportement si rare au Québec. Non loin de moi, un gars se remet siffler. C’est bien lui. Il siffle… pour rappeler son chien à l’ordre.
Butiner les fleurs. Un soir d’été, je marche au centre-ville de Montréal. Je croise un homme qui poursuit une jolie femme en lui disant : «Je suis abeille, vous êtes fleur.» La femme le dépasse, s’éloigne. J’ai pu l’entendre soupirer : «Moi, fleur ? Pfffrrrt.»
Mauvaise adresse. Un jour, j’écris à la main une fracassante déclaration d’amour pour une femme que je connaissais très peu, depuis quelques jours à peine. Mais je connais son adresse. Enfin, je croyais connaître son adresse : convaincu de glisser ma brûlante missive dans la boîte aux lettres de celle qui fait battre mon coeur, je la dépose en fait une adresse civique plus loin… Il y a mon numéro de téléphone à la fin de la lettre. Le voisin découvre ma lettre et me téléphone. Cet homme me dit : «Vous écrivez bien. Si j’étais madame, je succomberais.»
De l’autre côté de la clôture. Je suis attablé à une terrasse avec un ami. Je remarque que depuis un bout de temps, une femme nous observe de loin. Elle finit par s’approcher de nous, demande poliment si elle peut partager notre table. «Pourquoi pas», répondons-nous. Elle s’exclame : «C’est gentil de votre part ! J’aime beaucoup discuter avec un couple gay.» Heu… c’est que…
Quiproquo. Mon colocataire veut inviter une créature de rêve à un souper intime, dans notre appartement. Il me demande, à quelques jours d’avis, si je peux m’éclipser pour la soirée qu’il prévoit organiser avec sa conquête. «Bien sûr», lui dis-je. Je me planifie une sortie au cinéma. Le jour J venu, tandis que je me demande quel film j’irai voir le soir au cinéma, je remarque que mon coloc est nerveux. Il me confie qu’il n’a rien préparé pour sa soirée dating, qu’il a manqué de temps, etc. Il me demande de lui donner un coup de main, de l’aider à planifier un repas. Il me prie même de partager le repas, puis de sortir pour le laisser tranquille avec son invitée. Je veux bien rendre service à mon coloc. Je l’aide à concocter un menu, nous allons faire des courses au supermarché, un peu de ménage dans l’appartement, etc. Tandis que nous préparons le repas, je lui demande qui est cette femme qu’il invite, d’où vient-elle, qu’est-ce qu’elle fait dans la vie. Mon coloc m’avoue qu’il l’a brièvement rencontrée dans un bar, qu’il ne la connaît pas davantage… et qu’il a oublié son nom ! Là, j’ai un moment d’hésitation, je me dis : «De deux choses l’une : soit je quitte immédiatement le logement et je laisse mon coloc se débrouiller tout seul avec son plan foireux, soit je reste avec lui pour constater jusqu’à quel point son plan va foirer.» Je choisis la seconde option. Les préparatifs pour le repas vont bon train. On sonne à la porte. Je vais ouvrir. Surprise, il y a deux personnes : la jolie femme invitée par mon coloc, un grand gaillard qui l’accompagne. Je me dis tout de suite que la jolie créature ne voulait pas passer la soirée seule avec un inconnu rencontré dans un bar, alors elle a demandé à un ami de l’accompagner. Le gaillard entre dans l’appartement, regarde la table de salle à dîner et dit : «Quoi, c’est un souper ? Nous allons manger ensemble ?!? Mais je croyais être invité à un party.» Malaise. Mon coloc, gêné, se réfugie dans la cuisine en prétextant surveiller la cuisson du repas. Je prie nos deux invités de s’asseoir au salon, je leur offre quelque chose à boire et je leur dit à voix basse, pour ne pas que mon coloc entende : «Écoutez, je ne sais pas ce qui se passe… Un super repas vous attend. On ne se connaît pas, mais essayons d’avoir du plaisir ensemble.» Ils me répondent qu’ils sont d’accord.
En fin de compte, ce fut une agréable soirée.
Et vous, quels sont vos pires exploits ?

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
J’ai adoré l’histoire du couple gay!
Par une belle journée ensoleillée, je marchais dans un parc de Grenoble, pieds nus dans l’herbe, quand un homme m’accoste: “Mademoiselle, vous avez les plus beaux pieds du monde, puis-je vous les lécher?” J’ai éclaté de rire en refusant et j’ai continué mon chemin, laissant l’homme déçu derrière moi… J’ai compris plus tard que je venais de rencontrer mon premier “fétichiste du pied”!
@Shandara: “je venais de rencontrer mon premier “fétichiste du pied”!”
Ça veut dire que vous en avez rencontré d’autres?
Oh yeah… c’est plus commun en France qu’ici disons
On m’a déjà fait le coup du gay, et plusieurs fois.
Et je sais pourquoi, attention accrochez vous:
Les filles qui ont insinué ou carrément dit que j’étais gay, c’était tout simplement parce que je ne les avait pas regardées et encore moins draguées.
Vous vous rendez compte du raisonnement.
Ces filles ne se sont pas dit: “non, je ne l’intéresse pas” ou “il a une copine” ou autre, elles en ont directement conclu que j’étais gay, car je ne m’intéressait pas à elles. Impressionnant l’ego qu’elles ont ….
Il ne me regarde pas, il ne me drague pas, il me repousse, il est gay !
Non mesdames, je suis tout simplement un hétéro pas intéressé par vous.
@ blucht
Votre histoire me fait penser à ces paroles de cette chanson de Brassens …
“Quand on veut les trousser, on est un phallocrate,
Quand on ne le veut point, un émule de Socrate,
Reste d’aller s’ faire enculer.”
Courage!!
Enfin ici à Québec c’est vraiment dire de draguer une femme, si tu regardes la beauté d’une femme, elle te croit un criminel, tu veux la voir, c’est vraiment chien, je crois la relation homme-femme est vraiment dégradée, je sens que les gens sont dans l’insécurité totale! Mais je pense que c’est vraiment très dur de voir tout le monde en crimimnel… Si tu réussis à amorcer une discusion avec une… c’est vraiment top top… des regards figés et… je crois que les Québécoises ou les Québécois sont trés enfermés sur eux. On dirait qu’il vivent toujours dans des ghettos… Les Européenss sont plus ouverts, les Latinos, les Arabes… mais pas les Québécois!!!!!! drôle de vie… SVP vivez la civilisation, les immigrants sont des gens civilisés et ils ne sont pas criminels!!
— Encore raté —
Près du métro Berri-UQAM, je suis accostée par un représentant (absolument charmant) de la Croix Rouge pour signer je ne sais quel papier. Je suis en retard, pressée, et je continue sans m’arrêter: “Je suis désolée”.
Dans un sourire entendu, il s’efface. Avec comme simple au revoir: “J’espère que vous réalisez, mademoiselle, que vous passez peut-être à coté de l’amour de votre vie”.
J’ai aimé la délicieuse prétention de sa déclaration.
Désolée en revanche pour vos statistiques, je n’ai pas noté s’il était Québécois ou pas.
Je sors danser un soir dans un bar avec mon chum. Un type beaucoup plus jeune que moi est là avec ses amis. Il me plait bien. Mon chum me suggère d’aller le voir, mais je fais la précieuse et préfère le regarder dans les yeux de loin. Il me renvoie son regard, mais semble extrêmement timide. Finalement, mon chum va le voir et lui dit: ma blonde aimerait bien danser avec toi. Le type s’approche, on danse, on se colle, ses mains tremblent. Trois heures du mat, je lui écris mon numéro de téléphone sur la main.
Le lendemain dans l’après-midi, j’écoute mes messages: “Allo, c’est moi, on s’est rencontrés hier. Je te laisse mon téléphone, nefkatistriunfunfchep.” Ni moi, ni mon chum arrivons à déchiffrer. On essaie toutes les combinaisons possibles. On en rit: il a dû croire que je me suis foutu de sa gueule.