Trop de choix tue la rencontre

 

Il y a une dizaine d’années, deux universitaires américains, Sheena S. Iyengar (Columbia University) et Mark R. Lepper (Stanford University), ont réalisé une expérience scientifique étonnante sur la liberté et le choix. Dans un supermarché de produits fins, les chercheurs ont installé une table avec des échantillons de confitures. La quantité de saveurs offertes variait au fil de la journée : tantôt six, tantôt 24. Les clients étaient plus nombreux à s’attarder autour de la table lorsqu’elle présentait 24 saveurs de confitures que seulement six. Mais…

Lorsque la table offrait 24 saveurs différentes, seulement 3 % des clients achetaient. À l’inverse, lorsque la variété de confitures proposées tombait à six, 30 % des clients prenaient la décision de se procurer un produit. Plus il y avait de choix, moins il y avait de ventes ! Ce qui contredit le credo consumériste-marketing voulant que les consommateurs désirent choisir parmi un grand nombre de produits ou services. (Les résultats de cette recherche ont été publiées dans Journal of Personality and Social Psychology — voir la référence plus bas.)

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la rencontre amoureuse…

Et si la surabondance de célibataires disponibles tuait dans l’oeuf les possibilités de rencontre amoureuse ? Par exemple, tous ceux et celles qui ont utilisé un site web de rencontre ont vécu un certain découragement, voire une indécision chronique, devant la grande quantité de candidats ou candidates disponibles. Il y a trop de célibataires inscrits… Qui choisir ? Pourquoi cette personne et pas une autre ? On se met alors à filtrer les fiches de célibataires selon divers critères (caractéristiques socio-économiques, goûts culturels, loisirs, etc.), mais il y a encore tant de possibilités… Angoissant.

Est-ce qu’il faut conclure de l’expérience scientifique avec les confitures que moins, c’est toujours mieux ? Pas nécessairement. Choisir, c’est une question de contexte et de culture, affirme Sheena S. Iyengar dans son dernier livre The Art of Choosing.

Des études scientifiques ont d’ailleurs démontré que la majorité des relations amoureuses sont marquées par ce que l’on appelle l’homogamie, soit le fait de fréquenter quelqu’un provenant de son milieu (ou d’un milieu proche), approximativement du même âge, de la même origine ethnique, de la même religion, de même condition socioéconomique, etc. Ce qui explique que bien des gens rencontrent leurs amoureux à l’école et au travail ; dans ces environnements, il n’y a pas nécessairement de grandes quantités de célibataires disponibles, mais ces célibataires ont le bon profil !

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5 commentaires à Trop de choix tue la rencontre

  • Loïc dit :

    Intéressant aussi comme article. Je constate aussi que plus on a de choix, plus on devient exigeant et compliqué, plus on met du temps à choisir !

  • Shandara dit :

    La comparaison est intéressante. Mais je pense que ce n’est pas le choix nombreux qui fait que l’on devient plus exigeant, mais les expériences passées.

  • Loïc dit :

    ou les deux ^^

  • Patrick dit :

    Bizarre! Cet article, je vient de terminer 50 Classiques de la psychologie et on parle de Barry Schwartz qui as écrit “Le Paradoxe du Choix”, le livre en général parle que le “bonheur dépend peut-être de la limitation plutôt que de la multiplication de nos choix.” Il nous explique que des gens vont désirer “toujours plus” ou “le meilleur” et ce choix va engendrer plus de stress et de déceptions. On devrait prendre une décision quand on se dit “cela me suffit”!

    Disons c’est un point de vue comme un autre, mais bizarrement c’est venu me chercher.

    C’est une bonne lecture palpitante!!

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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