Archive pour avril 2010

Petite histoire des petites annonces de rencontre au Québec

 

Pour déconner…

Fin du XVIIe siècle : «Ex-soldat de sa Majesté devenu colon dans la vallée du Saint-Laurent souhaite commander une cargaison de Filles du Roy. En faire parvenir une douzaine, car la demi-douzaine de la dernière fois n’était pas suffisante. Il est entendu que les frais de retour, s’il y a lieu, seront assumés par l’expéditeur. Je suis propre de ma personne (je me lave une fois par mois), j’ai de belles valeurs (catholiques) et un passé réglé (il est hors de question que je retourne vivre en France). S’il-vous-plaît, pas de maigrichonnes et surtout pas de mystiques qui veulent devenir religieuses, je veux que ma future femme soit comme ma terre : grasse et fertile.»

Milieu des années 1960 : «Jeune ingénieur dynamique aimerait rencontrer femme qui prend la pilule. J’ai un emploi passionnant : je viens de terminer les plans d’un gigantesque échangeur autoroutier à Montréal qui sera bientôt en chantier, l’échangeur Turcot. Si tu me plais, je te ferai visiter le site de ce chantier révolutionnaire. Tu verras, le paysage est très romantique au clair de lune.»

1968 : «Militante socialiste souhaite rencontrer un homme engagé dans la cause du peuple et de la Révolution. Si tu es un bourgeois ou un ennemi de classe, ce n’est même pas la peine de m’écrire (tu peux crever, chien de capitaliste). Mais si tu souhaites vivre le Grand Soir, écris-moi.»

1975 : «Groupe de jeunes drop-outs qui vient de fonder une commune à la campagne est intéressé à rencontrer des gens cool qui ont envie de vivre un retour à la terre. Nous sommes propres de notre personne (on se lave une fois par mois), belles valeurs (tout le monde doit coucher avec tout le monde) et passé réglé (il est hors de question de retourner vivre en ville). Atouts : des connaissances de base en travail agricole, des contacts pour se procurer du LSD et un abonnement à la revue Mainmise

1979 : «Militantes féministes radicales ex-hétéro souhaitent rencontrer d’autres militantes pour fonder une communauté érotique expérimentale lesbienne et enfin laisser l’orgasme clitoridien s’épanouir à l’abri de la domination du patriarcat.» Lire la suite de ce billet »

Petite philosophie de l’amour

 

Je n’ai pas créé le blogue Les Québécois ne veulent plus draguer pour parler de ma petite personne, tenir un journal intime, m’épancher et me gratter le bobo. Je ne suis pas du genre à m’exprimer au «Je». J’ai seulement la prétention de partager de l’information et de commenter l’actualité.

Mais… une fois n’est pas coutume, je vais me raconter un petit peu. Et vous confier ma vision personnelle de l’amour.

Jusqu’à ce que j’entreprenne d’écrire ce qui allait devenir Les Québécois ne veulent plus draguer (livre et blogue), j’avais une vision assez romantique de la rencontre amoureuse : coup de foudre, passion, lyrisme, couchers de soleil sur des paysages de carte postale, etc. Je pouvais fantasmer pendant des mois, des années s’il le fallait, sur une créature du sexe opposé. Je pouvais regretter pendant des mois, des années s’il le fallait, une mésaventure amoureuse. Beaucoup de stress, de craintes, de maladresses et de déceptions.

Aujourd’hui, ma vision des relations hommes-femmes est tout autre. Je suis devenu pragmatique, très terre-à-terre.

Ma petite philosophie personnelle de l’amour se résume désormais à trois principes. Lire la suite de ce billet »

Cyrano de Bergerac/Roméo de Tabarnak

 

Cyrano de Bergerac :
Certes, ce sentiment
Qui m’envahit, terrible et jaloux, c’est vraiment
De l’amour, il en a toute la fureur triste !
De l’amour, et pourtant il n’est pas égoïste !
Ah! que pour ton bonheur je donnerais le mien,
Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien,
S’il ne pouvait, parfois, que de loin, j’entendisse
Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !
Chaque regard de toi suscite une vertu
Nouvelle, une vaillance en moi ! Commences-tu
À comprendre, à présent ? voyons, te rends-tu compte ?
Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre, qui monte ?…
Oh! mais vraiment, ce soir, c’est trop beau, c’est trop doux !
Je vous dis tout cela, vous m’écoutez, moi, vous !
C’est trop ! Dans mon espoir même le moins modeste,
Je n’ai jamais espéré tant ! Il ne me reste
Qu’à mourir maintenant ! C’est à cause des mots
Que je dis qu’elle tremble entre les bleus rameaux !
Car vous tremblez ! car j’ai senti, que tu le veuilles
Ou non, le tremblement adoré de ta main

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Trop de choix tue la rencontre

 

Il y a une dizaine d’années, deux universitaires américains, Sheena S. Iyengar (Columbia University) et Mark R. Lepper (Stanford University), ont réalisé une expérience scientifique étonnante sur la liberté et le choix. Dans un supermarché de produits fins, les chercheurs ont installé une table avec des échantillons de confitures. La quantité de saveurs offertes variait au fil de la journée : tantôt six, tantôt 24. Les clients étaient plus nombreux à s’attarder autour de la table lorsqu’elle présentait 24 saveurs de confitures que seulement six. Mais…

Lorsque la table offrait 24 saveurs différentes, seulement 3 % des clients achetaient. À l’inverse, lorsque la variété de confitures proposées tombait à six, 30 % des clients prenaient la décision de se procurer un produit. Plus il y avait de choix, moins il y avait de ventes ! Ce qui contredit le credo consumériste-marketing voulant que les consommateurs désirent choisir parmi un grand nombre de produits ou services. (Les résultats de cette recherche ont été publiées dans Journal of Personality and Social Psychology — voir la référence plus bas.)

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la rencontre amoureuse… Lire la suite de ce billet »

L’amour n’est pas prédestiné

 

Je connais une femme (je ne la nommerai pas) qui a une drôle de manie : elle croit percevoir des «signes du destin» dans de petits événements du quotidien et elle essaie constamment de les interpréter.

Nous avons récemment passé un après-midi ensemble dans les rues de Montréal. Elle ne cessait de remarquer la présence de voitures de marque BMW… «Regarde Jean-Sébastien, une autre BMW ! Je n’arrête pas d’en croiser depuis ce matin. Ça doit être un signe.»
— Un signe de quoi ?, lui ai-je demandé.
— Je ne sais pas, mais je vais le trouver.
— Bof, ça ne veut rien dire. C’est un hasard.
— Mais non ! Il y a sûrement une raison.
— Il n’y a pas de raison, outre le fait que des gens aiment rouler en BMW…
— Non, c’est un signe ! Ça m’annonce quelque chose. Je dois le découvrir.

Je ne veux pas me moquer ici de mon interlocutrice (une personnalité très intelligente, dynamique, allumée, qui a tout mon respect), je veux seulement m’attarder à un comportement qui me semble typiquement féminin (quoique certains hommes peuvent aussi le manifester) : la croyance au destin et l’interprétation des «signaux» émis par ce tout-puissant Destin. Il s’agit d’un trait culturel, peu importe l’intelligence des individus — des gens brillants et surscolarisés, en apparence très rationnels, ont parfois l’imaginaire saturé de pensée magique. Lire la suite de ce billet »

À poil !

 

Vous avez peut-être entendu parler d’une exposition interactive pour les adolescents inaugurée la semaine dernière au Centre des sciences de Montréal, Sexe : l’expo qui dit tout ! La sexologue et auteur Jocelyne Robert, porte-parole médiatique de l’exposition, m’a souligné vendredi dernier que la seule remarque négative de la part des jeunes qui avaient assisté au lancement de l’exposition portait «sur les nus et nues poilus». Je lui ai répondu : Quoi, «les jeunes n’aiment pas voir des corps nus avec des poils ?» «Ils ont les poils en horreur», m’a confirmé Jocelyne Robert en ajoutant que ces jeunes ont rasé leurs poils aussitôt qu’il sont apparus, de sorte qu’ils sont tout étonnés d’en voir dans une exposition…

Nous nageons en plein délire : des jeunes qui n’aiment pas leurs poils ! Autrement dit, ils n’aiment pas leur corps. Ils ne s’aiment pas…

Mesdames et messieurs, il est grand temps de réhabiliter les poils, surtout les poils pubiens. Reprenons du poil de la bête !

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À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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