Le couple survalorisé
J’ai publié hier quelques statistiques sur la crise du couple au Québec, pour prendre la mesure des changements survenus depuis une cinquantaine d’années. Et le couple aujourd’hui ? Voici mon point de vue personnel.
Au Québec, le couple est en crise… et il est très valorisé. Les Québécois accordent une importance cruciale à la vie de couple, malgré les risques élevés que cette vie à deux débouche sur une catastrophe. Aucune institution n’affiche un taux d’échec aussi élevé que celle du couple (il n’y a que 25 à 30 % de couples heureux à long terme, selon les spécialistes et les psys), et pourtant, tout le monde ou presque aspire au couple.
Pourquoi idéaliser le couple à ce point ?
D’abord, le couple fait bien sûr partie de notre culture. Notre culture valorise surtout un type de couple : l’union fusionnelle. C’est-à-dire une relation monogame, exclusive et ultra-romantique. Les deux partenaires sont complètement repliés sur eux-mêmes, coupés du monde, et vivent leur amour en autarcie. Règle générale, ce genre de relation ne dure pas longtemps, car elle détruit la personnalité des amoureux ; ne vivre que pour son couple, maintenir coûte que coûte la passion amoureuse à son paroxysme, c’est un mode de vie asocial, étouffant, épuisant (et on passe sous silence qu’il existe tant d’autres manières de vivre en couple, avec plus ou moins de souplesse et d’autonomie pour les partenaires).
Depuis notre tendre enfance, on nous raconte (et on se raconte) des histoires d’amour qui se terminent toujours bien, avec le classique : «ils se marièrent et eurent de nombreux enfants» (et on passe sous silence les crises qui déstabilisent les couples après la naissance d’un enfant, le quotidien médiocre des gens mariés qui s’ennuient, les scènes de jalousie et de violence, l’adultère, les névroses, les séparations, les divorces, etc.). Notre histoire, nos traditions, les produits culturels, les médias, etc., tout valorise l’idéal du couple fusionnel, souvent en abusant des pires clichés romantiques : l’attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles, le coup de foudre, le grand amour… (Évidemment, ce trait culturel n’est pas un phénomène typiquement québécois.)
Ensuite, le Québec est une société de consommation. Et qu’est-ce qu’elle nous dit sur le couple, la société de consommation ? Que le couple est «la» condition du bonheur, qu’il faut à tout prix «réussir» sa vie conjugale pour parvenir à «réussir» sa vie tout court. Que l’amour est une performance et que le couple est la mesure des résultats.
Aussi, j’ai l’impression que les Québécois survalorisent le couple parce qu’ils sont mal à l’aise dans les rapports de séduction. Puisque les tentatives de drague sont rares et souvent gênantes, les Québécois se réfugient dans l’imaginaire, ils rêvent intensément à cette vie de couple qui leur manque tant. Lorsqu’ils parviennent enfin à entrer en relation, ils surinvestissent leur couple. Ils ont attendu ce moment tellement longtemps… ils ne veulent surtout pas gâcher cette chance ! Résultat : ils se mettent beaucoup de pression sur les épaules, le stress les ronge. Ce qui contribue à amplifier les tensions dans le couple et, trop souvent, à précipiter la rupture.
Qu’en pensez-vous ? Des témoignages dans la salle ?

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Le Québec a l’air, à première vue, d’une société libre, très tolérante, où les individus peuvent déterminer eux-mêmes leur bonheur, mais dans les faits, nous vivons dans une société normalisatrice : «Pour être heureux, vous DEVEZ faire ceci et cela», nous disent les médias, des psys, etc. On nous fait croire que le couple est un incontournable.
Personnellement, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de gens qui s’acharnent à vivre en couple, qui ne parviennent pas à vivre à deux et qui sont très malheureux.
Je suis tellement d’accord, le couple est surévalué de nos jours et les films romantiques ne nous on pas vraiment aidés à ce sujet. Pourtant, il y a plusieurs manières de vivre. Peut-être parce que je suis sur le marché des célibataires depuis peu, mais me remettre en couple est la dernière chose qui me vient à l’idée pour le moment. C’est déplorable, car pour “cruiser” en ce moment c’est tout sauf évident, ça a tellement changé depuis 10 ans, les hommes ne s’affirment plus, il faut faire les premiers pas, j’ai l’impression qu’il règne une confusion du bord des hommes début trentaine. Le couple n’est pas la solution du bonheur, je crois qu’en 2010 il y a plusieurs autres options que le couple absolu.
J’ai mis la main sur votre bouquin et jusqu’à maintenant je ne peux aller que dans le même sens de ce que vous avez écrit.
«… (et on passe sous silence qu’il existe tant d’autres manières de vivre en couple, avec plus ou moins de souplesse et d’autonomie pour les partenaires)…»
Je pense que dans cette petite parenthèse, tu détiens une des clés qui pourraient nous aider à résoudre le problème, en partie du moins. Car ils sont peu visibles, ces autres manières de vivre en couple. Où sont ces couples qui ont vivent leur amour autrement? Qu’auraient-ils à nous raconter? Pourquoi ne les entend-t-on pas s’exprimer dans les médias? Les gens semblent avoir besoin de cette inspiration…
Tu l’as écrit dans ton précédent billet (je crois), le Québec est une société qui valorise la norme, quoi qu’on en pense et bien qu’on se targue d’être libres et ouverts. Dans ce contexte, il est difficile, voire impossible, d’envisager d’autres façons d’aborder la vie de couple, sans se faire regarder de travers. Comme si on évoquait systématiquement le libertinage et le non-engagement! Mais il y a tout un nuancier entre l’union fusionelle et le libertinage à tout vent, un large spectre qui teinte la vie à deux et lui donne des couleurs propres aux deux individus qui la composent.
Je suis persuadée que tout le monde sortirait gagnant si quelques couples «différents» osaient parler de leur réalité. Pas pour fournir une recette, tout simplement parce qu’on n’a jamais trop de modèles inspirants…
Chez nous en France, c’est la sacro sainte maternité qui est super méga survalorisée ! Avoir des marmailles est, pour les femmes, la condition sine qua non du bonheur, le Saint Graal à atteindre à tout prix, un dogme à respecter absolument. C’est l’obsession nationale chez les Françaises. Celles qui ne se sentent pas la fibre maternelle sont systématiquement montrées du doigt et traitées d’égoïstes pratiquant une sorte de sacrilège. Dans mon pays, on ne peut pas imaginer une vie sans enfant, c’est impossible ! Et quand ça fait “tic tac”, elles paniquent et piétinent d’impatience de peur de ne plus jamais avoir d’enfant, ça ronge leur cervelle. Je ne compte plus le nombre de mes connaissances féminines qui attendent un bébé et qui se comportent comme si elles étaient la déesse de tout l’Univers et le centre absolu du monde, et l’on se doit d’être à leur petits soins. Et les hommes dans tout ça ? Les papas ? Bah ils jouent seulement le rôle de simple géniteur. Rien de moins, rien de plus. On parle beaucoup de la bonne santé nataliste de mon pays, mais on passe sous silence le nombre d’enfants non-désirés et/ou imposés. De plus en plus rares sont des enfants vraiment désirés. Dans tous les cas l’éclatement familial est évident quand on voit le nombre de parents solos, la baisse du nombre de mariages, et l’augmentation du nombre de divorces et autres séparations à gogo.
Sur un tout autre sujet, j’ai lu quelque part qu’aux USA l’on est passible de tribunal et être poursuivi pour HARCÈLEMENT SEXUEL si l’on fait un baise-main à une femme, si on offre un bouquet de fleurs à une inconnue ou si on lui ouvre les portières d’une voiture ou si on tente de la séduire ou pire, si on la regarde tout simplement. Est-ce vrai ? Si oui, alors il ne faut pas trop s’étonner du nombre de TDS des femmes dépressives faute de recevoir la moindre marque d’affection et à force de vivre dans une grande solitude. C’est un bon sujet d’étude sociologique et psychologique ^^
Au plaisir de vous lire.
@Mélanie Thivierge : oui, que les couples “non conventionnels” (lire : n’importe quoi d’autre que le modèle fusionnel) se manifestent !
@Loïc Je pense que le même phénomène se vit au Québec, par rapport au culte de la maternité. Coup de pouce vient tout juste de publier un article sur les femmes qui disent non aux enfants, et aux jugements dont elles sont victimes jour après jour.
@JSMarsan Ça me donne des idées, cette quête de couples non conventionnels…!
Bonjour tous,
Jean-Sébastien, les couples non conventionnels existent. Je vis dans une relation polyamoureuse depuis maintenant près de 3 ans… J’en suis heureux et très fier. Mais ça demeure un choix très marginal.
Le spectre des relations alternatives est grand et diversifié. Le “polyamour”, ce n’est qu’une des nombreuses façons de vivre dans un couple non conventionnel.
La page Wikipedia sur le polyamour présente une définition plutôt juste. Dans sa signification la plus simple, il s’agit tout simplement de “relations sentimentales honnêtes, franches et assumées avec plusieurs partenaires simultanément”.
Il ne faut pas confondre avec l’échangisme, qui n’est habituellement qu’un échange sexuel sans échange de sentiments. (Si des échangistes se permettent de vivre de l’amour en dehors de leur couple principal, alors ils entrent dans le territoire polyamoureux.)
De plus, il ne faut pas confondre avec la polygamie (polygynie) qui ne permet qu’aux hommes de vivre l’amour multiple, les femmes n’ayant pas le même privilège. Le polyamour est plutôt conduit par un grand respect de l’égalité des deux sexes. D’ailleurs, il faut noter que le terme « polyamour » a été créé par une femme.
Il existe de la littérature sur le sujet, écrite par quelques pionniers qui défrichent ces territoires relationnels peu explorés. Les livres en français sont écrits par Françoise Simpère et Yves-Alexandre Thalmann, ceux en anglais sont écrits par Janet Hardy, Tristan Taormino, Jenny Block et plusieurs autres. (Une recherche sur « polyamory » ou « open relationships » trouvera plusieurs livres sur le sujet. Fait intéressant: plus de femmes que d’hommes écrivent sur le sujet.)
Naturellement, les relations ouvertes ont toujours existé. Les polyamoureux ajoutent à cette pratique des valeurs fondamentales pour permettre l’épanouissement de ce genre de couple. Quelles sont ces valeurs fondamentales? Les polyamoureux ne sont pas tous unanimes dans leur définition. Mais la plupart se rallieraient pour nommer celles-ci:
-Communication: Ce n’est pas une valeur à proprement parler, mais plutôt un outil pour mieux gérer les attentes de tous. Sans la communication, tout le reste s’écroule. (Il ne suffit pas de parler, mais aussi d’écouter et d’agir proactivement.)
-Respect: On parle non seulement du respect d’autrui, mais aussi du respect de soi-même. Ce n’est pas toujours facile d’équilibrer les deux, mais c’est nécessaire.
-Honnêteté : c’est une forme de respect. Mais la plupart des ouvrages polyamoureux vont mettre beaucoup d’emphase sur ce sujet. Si on cache quelque chose à nos partenaires et qu’on se sent coupable, c’est qu’on ne pratique pas le polyamour.
-Non possessivité: Ça signifie qu’on laisse l’autre libre d’expérimenter et de mener sa vie comme bon lui semble. Il y a certaines règles, et certains polyamoureux laisseront plus de libertés et d’autres moins, tout dépendant du niveau de confiance des gens.
Si on remarque bien, les 3/4 des valeurs polyamoureuses sont les mêmes que les valeurs des couples monogames traditionnels.
Plusieurs polyamoureux sentent que la monogamie imposée par la société n’est pas pour tout le monde. En fait, quand ils regardent les taux de succès peu élevés du couple traditionnel, les polyamoureux se disent qu’un modèle plus flexible pourrait en profiter à plusieurs.
Malgré tout, les polyamoureux respectent le mode de vie monogame. Ils sont conscients que leur mode de vie (encore très marginal de nos jours) n’est pas pour la majorité des gens. Mais si l’option était mieux connue, certains couples auraient la possibilité de redéfinir leur relation en fonction des besoins du 21e siècle, plutôt que de se baser sur un modèle qui date de la fin du Moyen Âge.
On peut discuter avec d’autres polyamoureux sur le site Polyamour-Québec :
http://polyamour-quebec.ca/forum/
Bonjour M. Marsan,
Je vis une relation non conventionnelle car nous n’habitons pas ensemble et il a 12 ans de moins que moi. Nous avons nos paramètres de vivre et laisser vivre. Tout ça dans un respect des deux, entourant une amitiée qui, au départ, nous a liés. L’amour est au rendez-vous, mais j’ai des commentaires comme: il veut pas vivre avec toi, il faut laisser les oiseaux être libres car les barreaux sont dans le coeur. La liberté est prioritaire dans la vie d’aujourd’hui et nous travaillons pour, donc….
Bonjour @italienne,
Votre témoignage est très intéressant. Sans être indiscret, je suis curieux de savoir…
- Combien de temps il vous a fallu pour passer de l’amitié à l’amour ?
- Et avez-vous essayé d’habiter sous un même toit ? Si oui, est-ce que ça s’est bien passé ?
Bonjour M. Marsan,
Je ne pourrais pas préciser le temps qu’il a fallu, mais nous étions proches très vite. J’aimais beaucoup son humour et sa façon d’être. La cohabitation n’est pas la prioritaire mais je désire le rapprochement de son coeur faconné de l’independante qui l’est. Nous nous voyons dans un cadre du travail. De toute façon, nous serions amis pareil. L’amour est une forme d’amitié avec des gestes intimes et plus élaborés. J’ai regardé et il m’a séduit par son charme.
En couple depuis 17 ans avec enfants, mon mari et moi avons une vie commune peu commune (l’expression n’est pas de moi…). Heureux et amoureux, nous avons tous deux rencontré des gens qui nous plaisaient beaucoup et ça nous a ammené à réfléchir sur l’exclusivité sexuelle et amoureuse. Par la suite, mon mari a eu des copines avec lesquelles il avait une relation que l’on peut qualifier d’amoureuse (affection, intimité sexuelle) et j’ai aussi eu des amis-amants. En fait, c’est de l’amitié amoureuse que nous pouvons éprouver pour d’autres personnes et que nous nous permettons de vivre. Ce que l’on retrouve dans les romans et dans les films, mais qui se termine toujours en tragédie. Des amitiés où le désir assouvi ou non assouvi est permis. Le tout se passe en toute honnêteté, quoique nous en sommes maintenant rendus à une étape où nous n’éprouvons plus le besoin de tout savoir de l’autre. Ce mode de vie me donne une joie de vivre extraordinaire, car il me permet de rêver, de désirer, de créer des liens avec des gens qui me plaisent en toute légereté, bien que les relations que je préfère sont celles qui durent dans le temps. Ça demande beaucoup d’amour et de communication dans le couple et beaucoup de travail pour apprivoiser la jalousie, mais c’est très libérateur et épanouissant (enfin, pour moi ce l’est). Et ça se répercute dans le couple: l’intimité et la complicité redouble. Malgré tout, lorsque je fais part de mon expérience sur les blogs ou forums, je suis bombardée de préjugés: tu veux le beurre et l’argent du beurre, tu ne respecte pas ton mari, il ne te respecte pas, vous ne devez pas vous aimer vraiment, on ne peut pas aimer plusieurs personnes, peur de l’engagement (17 ans mariée), l’amour unique est le seul vrai amour etc.
La principale difficulté désormais est le fait que les personnes avec qui nous avons ces relations amoureuses ne vivent pas nécessairement comme nous: célibataire qui cherche un compagnon de vie, personne qui est déjà en couple etc. Les relations d’amitié hommes-femmes mis à part la relation de couple ou la relation de travail n’existent pas…
@Mina-Isa : wow, quel témoignage ! Vous êtes la preuve vivante que l’amour exclusif n’est pas le seul amour possible !
Je mettrais ma main au feu qu’il y a plus de couples que l’on pense qui expérimentent toutes sortes de manières de vivre à deux. Mais notre culture survalorise le couple fusionnel, replié sur lui-même, de sorte qu’on n’entend pas souvent parler de ces couples “hors normes”.
Étrangement, je trouve au contraire que nous formons un couple très fusionnel, bien que nous acceptions de vivre des choses séparemment. La fusion, je la vois dans la vie de famille, dans notre relation amoureuse, dans l’envie de faire des projets communs et de s’épauler, dans le partage des sentiments et dans l’intimité. C’est un noyeau très fort, un centre de gravité. Ce qui gravite autour est très important (travail, amis, amants etc.), mais mon point d’ancrage reste toujours mon mari, mon chum.
Plus que le couple fusionnel, je trouve que notre culture valorise la jalousie et la possessivité. Parce qu’on associe ça à l’amour. On essaie de se faire croire que la promesse de fidélité est un don de soi, mais je crois que, souvent, on promet sa fidélité à l’autre parce qu’on exige qu’il en fasse de même, parce qu’on ne veut pas être trompé. On est jaloux et possessif. C’est pour se protéger qu’on échange des voeux de fidélité, et pas par amour de l’autre. Je me sacrifie pour toi… (pourvu que tu te sacrifies pour moi!).
Ça peut paraître étrange, mais quand mon mari a eu sa première relation amoureuse avec une autre femme, j’étais jalouse naturellement, mais je me sentais aussi très égoïste d’exiger de lui qu’il ne désire que moi, qu’il n’aime que moi. Je voyais qu’il souffrait de ne pas pouvoir poursuivre sa relation et je me suis demandée laquelle de nos deux souffrances étaient la plus justifiée: la mienne qui découlait de la jalousie et du manque de confiance dans l’amour qu’il avait pour moi ou la sienne qui découlait de l’interdiction que je lui imposait d’aimer deux personnes à la fois. J’ai pensé que ma souffrance était plus égoïste et j’ai décidé de travailler sur l’estime de moi. Je suis très fière du résultat
C’est probablement l’une des plus belles réussites de ma vie.
Je voulais simplement ajouter que je parle pour moi: mon intention n’est nullement de prétendre que les couples fidèles sont dépassés et ne comprennent rien à l’amour. Je sais bien que l’on peut choisir d’être exclusifs et mettre de côté toutes les autres relations potentielles. Ce n’est cependant pas ce que j’ai choisi: j’aime l’amitié amoureuse, les rencontres, les liens intimes, toucher, embrasser… Et je sais maintenant que ces relations n’enlèvent rien à l’amour que nous nous portons mon chum et moi. Dans ma morale à moi, l’exclusivité sexuelle et amoureuse n’est pas essentielle à l’amour. Voilà tout.
@Mina : wow, quel témoignage ! (bis)
Merci beaucoup de partager votre expérience avec les lecteurs du blogue.