Quelques trouvailles (9)

 

Glané pour vous au cours des derniers jours : un antimanuel et un documentaire scientifiques, un livre sur les femmes dans la quarantaine et la cinquantaine qui se retrouvent seules après le départ de leur mari volage. Et un mea culpa.

Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, psychologiquement parlant ? Lancé l’automne dernier, l’excellent Antimanuel de psychologie : toi, moi… et l’amour ! du psychiatre et psychanalyste français Serge Hefez «suit le fil de la construction du lien amoureux pour nous emmener à l’intérieur des cerveaux, des inconscients, des âmes, des histoires, des vies.» Ce livre n’a pas la prétention de donner la recette du bonheur. Il permet plutôt de mieux comprendre pourquoi la rencontre amoureuse est à la fois si jouissive et si compliquée. Un ouvrage passionnant, très bien écrit et joliment illustré (les photos, souvent étonnantes, proviennent du cinéma et des arts visuels, et une bande dessinée à l’humour excentrique ouvre chaque chapitre).

Qu’est-ce qui se passe dans notre cerveau quand l’amour surgit, chimiquement parlant ? En 1997, un film documentaire français intitulé La biochimie du coup de foudre s’est penché sur les liens qui existent entre les émotions amoureuses et les transformations chimiques de l’organisme. Des extraits de ce documentaire sont disponibles en ligne. Moi qui me méfie du discours tout-scientifique sur l’amour, dans le genre «c’est toujours la faute de nos hormones» (comme si la culture et la société n’avaient aucune influence sur nos comportements…), La biochimie du coup de foudre m’a paru honnête. Et instructif.

Quand monsieur abandonne sa femme pour une plus jeune… Je viens de terminer la lecture d’un récit-essai signé par la Française Sylvie Brunel, Manuel de guérilla à l’usage des femmes (Grasset), lancé en octobre dernier. Un Manuel dédié aux femmes dans la quarantaine et la cinquantaine qui, comme Sylvie Bruel, se sont fait larguer par leur mari lorsque ce dernier a décidé de refaire sa vie avec une jeune créature. Des femmes répudiées à mi-vie «qui doivent franchir en même temps trois caps brutaux : crise du couple, crise du corps, départ des enfants», écrit Sylvie Brunel. Les situations qu’elle décrit peuvent paraîtres étonnantes aux yeux des Québécois (on dirait qu’en France, tous les hommes mariés n’ont qu’une idée en tête : collectionner les  maîtresses…), mais ses réflexions sauront sûrement toucher celles qui tentent de retrouver l’amour après avoir vu leur famille éclater. Et les hommes y trouveront de quoi réfléchir aux conséquences de leurs actes…

Erratum. C’est ce soir qu’aura lieu à Montréal le lancement du nouveau livre de la sexologue québécoise Jocelyne Robert, Les femmes vintage (Les Éditions de l’Homme). Dans mon billet «Quelques trouvailles (8)», j’ai laissé entendre que ce livre est exclusivement consacré aux sexagénaires. C’était inexact. Jocelyne Robert nous a écrit pour rectifier les faits : «C’est un livre sur la peur de vieillir, l’obsession de jeunesse, la dérive de la chirurgie esthétique, la perception de la beauté, le rapport au corps et à l’érotisme. Un livre qui concerne toutes les femmes que j’appelle “tabougénaires”, qui sont au tournant d’une décennie qui les déstabilise un peu. Moi, ce fut à 60, pour d’autres c’est à 50 et pour d’autres encore cela se produit dès la quarantaine.» Voilà ce qu’il faut savoir sur ce livre.

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Un commentaire à Quelques trouvailles (9)

  • Sébas dit :

    “Et les hommes y trouveront de quoi réfléchir aux conséquences de leurs actes…”

    En Occident, environ 70% des divorces sont initiés par des femmes. Et de nos jours, les femmes trompent autant leurs conjoints que le contraire.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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