J’me marie, j’me marie pas…

 

Aux États-Unis, un best seller intitulé Marry Him : The Case for Settling for Mr. Good Enough, de la journaliste Lori Gottlieb, suggère aux jeunes femmes célibataires de cesser de manifester des attentes démesurées face aux hommes ou d’attendre le Prince charmant. Elles devraient plutôt s’engager dans la vie de couple dès que possible avec un «Mr. Good Enough», un gars qui a un minimum de bon sens. Autrement, elles se condamneraient à la solitude.

Je n’ai pas eu le temps de me procurer le livre, mais j’ai lu quelques critiques et discussions. Le débat provoqué par Lori Gottlieb m’intéresse au plus haut point, encore plus que le contenu du livre. Une foule de questions super pertinentes surgissent : 

  • Les jeunes femmes sont-elles trop capricieuses, narcissiques ?
  • Avons-nous sombré dans un marché de la rencontre où l’on magasine ses partenaires sur Internet ou lors de séances de speed dating, en fonction de critères trop pointus ?
  • Nos relations amoureuses seraient-elles uniquement basées sur le calcul, l’intérêt ?
  • Et puis, faut-il absolument vivre en couple pour vivre heureux ?
  • Comment peut-on repenser la vie à deux ?

Trois journalistes et animatrices en discutaient il y a quelques jours à l’émission de radio Christiane Charette, un enregistrement qui vaut le détour.

Il m’est arrivé de croiser de ces femmes qui draguent pour rencontrer «le» partenaire idéal, celui qui devra immédiatement combler toutes leurs attentes, qui deviendra le père de leurs enfants, leur «âme soeur»… J’étais rapidement exclu de leur radar, car j’étais loin de correspondre à tous leurs critères… ;-)

Ces situations m’ont toujours paru désagréables. Ces femmes obsédées par un idéal masculin invraisemblable, qui draguent avec une «liste d’épicerie» longue comme le bras, sont très stressées et stressantes. Elles manquent de savoir-vivre, car elles tuent dans l’oeuf le plaisir de bavarder, de socialiser, de faire connaissance sans arrière-pensée.

Et elles se privent de rencontrer des «Mr. Good Enough», c’est-à-dire le genre de gars qui, au premier abord, n’est pas un mâle alpha, qui a l’air «ordinaire», mais qui pourrait se révéler sympathique, charmant, attentionné, etc. Ce genre de rencontre exige de la patience, ce n’est pas au premier rendez-vous que «Mr. Good Enough» sera considéré comme un bon parti. L’amour est un sentiment qui met généralement un peu de temps à se manifester.

Mais dans une société obsédée par la performance et l’immédiateté, par le retour rapide sur l’investissement et par la mesure des résultats, ne voulons pas perdre une minute de notre précieux temps. Quand nos vies sont gérées dans un fichier Excel

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8 commentaires à J’me marie, j’me marie pas…

  • Cecile Gladel dit :

    Je n’ai même pas eu l’occasion de rencontrer Mister Good Enough, car les gars ne me cruisent pas… Il faudrait commencer par ça…

  • Mélanie Thivierge dit :

    La discussion chez Christiane Charette est franchement passionnante!

    Mes contemporaines célibataires me font pousser de grands soupirs de découragement… Parce qu’elles veulent se caser à tout prix, d’abord, mais aussi parce qu’elles abordent toutes les nouvelles rencontres la tête remplie d’attentes, dans l’espoir unique de trouver l’homme avec qui elles arpenteront les allées d’un Rona le plus rapidement possible. Exit le plaisir de la discussion, de la découverte de l’autre, sans pression, sans savoir de quoi demain sera fait. Exit les rencontres qui nourrissent, qui ouvrent nos horizons, qui nous font évoluer.
    Et oui, je crois que les jeunes femmes sont devenues orgueilleuses ascendant narcissiques. Triste constat…

    Pour l’anecdote, on m’a récemment prévenue de ne pas parler de mes deux jeunes enfants à aucun homme célibataire qui croise ma route, au risque de le voir tourner les talons. De ne pas mentionner ma passion pour mon boulot, parce que les femmes de carrière font fuir les hommes. Bref, de ne pas être totalement moi-même lors d’une rencontre, pour m’assurer de garder sous la main le plus grand nombre de prospects potentiels. Wô là!

    Ramenons le plaisir d’aller l’un vers l’autre, sans arrière-pensée, sans se projeter, et laissons la vie nous surprendre…

    @cecilegladel Mixons nos réseaux! ;-)

  • Tomasi dit :

    J’me marie!

  • rto dit :

    Les jeunes femmes sont-elles trop capricieuses, narcissiques ?

    ==> Oui (une majorité), c’est à peu près partout dans les pays occidentaux ce narcissisme désagréable au possible et ces sur-exigences, non mais franchement elles devraient se regarder honnêtement dans la glace et faire une liste de leurs qualités (un post-it leur suffira largement).

    Une fois arrivées vers la trentaine, elles revoient leurs exigences à la baisse et oui, l’horloge biologique fait TIC TAC TIC TAC et leur physique s’émousse (très rapidement), donc par conséquent une grande partie de leur pouvoir de séduction.

    Le seul problème, c’est qu’elles arrivent à dégoûter un nombre non négligeable de mecs durant leur période narcissique (qui débute vers 15 ans et baisse vers 30 ans, sans disparaître toutefois). C’est pour cela que l’on assiste à un nombre non négligeable d’hommes occidentaux qui vont chercher leurs femmes dans l’ancienne URSS, l’Asie ou l’Amérique du sud.

  • nathalie martineau dit :

    C’était effectivement une discussion fort intéressante. Par contre, je crois que ça pourrait s’appliquer à beaucoup d’hommes aussi, qui en plus de ne pas draguer ou de ne plus draguer, fuient dès qu’une relation devient un peu plus sérieuse, en donnant des raisons ridicules. À force de se faire servir cette salade, autant pour les hommes que pour les femmes, ce n’est pas étonnant qu’autant de personnes deviennent amères.

  • Loïc dit :

    Pourtant les hommes ont parfaitement le droit de dire “non” aux femmes. C’est ça l’égalité des sexes ^^ Aucune Loi ne les oblige à se passer la corde au cou. C’est un droit pas mais une OBLIGATION.

    Pour ma part, j’ai déjà depuis longtemps décidé de ne pas me marier, je n’ai nullement envie de respecter scrupuleusement un cahier des charges extrêmement lourd imposé par les femmes. Je n’ai pas du tout envie de satisfaire leurs exigences démesurées. Ces hommes qui refusent de s’engager et de se marier se font traiter de tous les noms, d’immatures, etc.

    Et si ces hommes-là étaient… des SAGES ?

  • Nadia dit :

    Cette histoire de “good enough” m’irrite. Il faudrait vraiment être cynique pour se marier dans un contexte aussi downant. On se marie parce qu’on croit qu’on a rencontré le “bon” ou la “bonne” et souvent il ou elle n’est ni riche ni célèbre, juste quelqu’un qui nous plait. Et il faut se regarder en face : à chaque Brad Pitt son Angelina Jolie :-)

    Je ne crois pas que même les chums significatifs dans ma vie m’ont dragué. Souvent cela commençait par un échange banal, puis on se trouve un point commun, on en parle et se contacte pour en discuter… Ils draguaient peut-être, mais de façon très discrète et moi je me dis toujours que je ne perds rien à converser avec un gars gentil.

  • François dit :

    Je pense que pour les hommes comme pour les femmes, on reste avec cette idée un peu farfelue du le/la “bonne”. J’aimerais croire que nous ne sommes plus là-dedans, mais ça n’est visiblement pas le cas.

    Quand j’aborde une femme, je le fais parce que je la trouve jolie ou parce que même si son physique me plaît moins, j’ai l’impression que je pourrais y rencontrer une personne avec qui je pourrais faire un bout de chemin. On verra par la suite.

    Si c’est véritablement de chercher la bonne, je serais vachement chanceux de la rencontrer et qu’elle habite dans le coin, non?

    On peut faire fonctionner un couple avec plusieurs personnes. Ce ne sera peut-être pas la bonne, mais ce sera “une” bonne. Ça manque de romantisme? Peut-être, mais il me semble que ça doit être plus là-dedans, la réalité.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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