Journée de la femme : faire le point

 

C’est le 8 mars : bonne fête à nous toutes, mesdames !

En cette Journée internationale des droits de la femme, tout le monde voudra donner son point de vue.

Aujourd’hui, comme à l’accoutumée, nous allons être abreuvées d’une foule de données concernant l’avancée ou le recul de la cause des femmes. Ça s’améliore, ça empire, l’équité salariale, le plafond de verre. Sans parler de ces politiciens qui voudront se faire du capital politique sur notre dos.

Nous aurons droit à des témoignages de jeunes chroniqueuses qui s’interrogeront pour la énième fois sur la valeur du féminisme. Comme si c’était toujours à rééexpliquer… Je préfère les hommages des femmes d’aujourd’hui aux combattantes d’hier, pour les remercier d’avoir fait avancer la condition féminine, et surtout les témoignages des femmes d’hier qui nous expliquent comment elles sont parvenues à faire avancer leur condition.

Petite curiosité : en France, pour souligner l’événement, des actrices célèbres ont eu l’étrange idée de poser à moitié nues pour une photographe qui vendra ses oeuvres au profit de l’association Enfants du désert, laquelle vise à scolariser les petites filles au Maroc. Une «belle démarche artistique et humaine», nous dit-on. Pas sûre de bien comprendre ladite démarche… Décidément, nos cousins ne font jamais rien comme les autres. Déshabiller les femmes pour célébrer leur journée, il fallait y penser !

Et espérons que cette année, Stéphane Laporte observera une minute de silence (dans sa chronique dégoulinante de bons sentiments publiée à pareille date l’an dernier, il suggérait à ses congénères de cacher leurs testicules pour faire oublier leur passé d’esclavagistes paternalistes…)

Pour ma part, au milieu de tout ce tumulte, je proposerais plutôt de réfléchir aux «vraies affaires» en rappelant quelques faits.

Au Québec, nous sommes quand même assez bien loties. L’égalité des sexe est bien intégrée dans les moeurs et dans le monde du travail, mais d’autres phénomènes de société demeurent préoccupants. Par exemple, le fait que les familles monoparentales qui ont une femme à leur tête (et ça arrive dans près de 78 % des cas) sont généralement frappées par la pauvreté. On l’oublie souvent, mais le revenu moyen d’emploi des femmes québécoises n’équivaut encore qu’à environ 68 % de celui des hommes. La précarité des femmes est aggravée lorsque qu’elles vivent seules, lorsqu’elles sont monoparentales ou lorsqu’elles se séparent. Cet écart dans les revenus se répercute aussi sur les placements et les fonds de retraite. De ce fait, le nombre de femmes âgées vivant sous le seuil de la pauvreté est particulièrement élevé.

Notons enfin que plus de la moitié des 15 000 femmes adultes victimes d’actes criminels le sont dans un contexte conjugal (données de 2006). Quant à elles, les jeunes filles de moins de 18 ans sont touchées de plein fouet par les agressions sexuelles : elles représentent près de 80 % des femmes victimes de ces actes. (Pour en savoir plus, consultez les portraits socioéconomiques publiés par le Conseil du statut de la femme à l’occasion du 8 mars.)

Un peu décourageant, tout ça… Mais au-delà de ces sombres statistiques, profitons de ce 8 mars pour prendre un temps d’arrêt. Sans être défaitistes ni jovialistes, pensons à demain, regardons devant nous et avançons. Au lieu de voir les hommes comme des ennemis responsables de tout nos maux, tendons-leur la main, réfléchissons aux relations que nous avons avec eux. Et qui sait, si ces messieurs y mettent aussi du leur, peut-être parviendrons-nous à nous réinventer, et à réinventer du même coup la rencontre amoureuse et le couple.

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Un commentaire à Journée de la femme : faire le point

  • Moukmouk dit :

    Il reste que l’intégrisme et les religions regagnent partout du pouvoir politique, et que leurs premiers objectifs sont la soumission des femmes et le contrôle du seul vrai pouvoir dans la Nature, le choix d’avoir ou non des petits.

    Je vais faire un billet là-dessus sur mon blogue.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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