Archive pour mars 2010
Le couple, suite et fin
Pour faire suite aux deux billets de Jean-Sébastien, je vais y aller de ma petite théorie sur le couple.
Je crois que le couple a encore quelque chose de valable à offrir. Je suis aussi intimement convaincue que l’être humain, homme ou femme, n’est pas fait pour vivre seul. L’Homme est un animal grégaire qui tolère mal la solitude et ce, quoi que l’on essaye de nous faire croire sur les bienfaits de l’individualisme et du célibat. Je n’aime pas ces bouquins aux titres lapidaires (dans le genre Seule et fière de l’être ou Célibataire et je m’assume…) qui nous serinent qu’après tout, on est bien mieux tout seul.
Là où le bât blesse, et là-dessus je partage l’opinion de Jean-Sébastien, c’est lorsqu’on surinvestit le couple en lui fixant une mission qui le dépasse : celle de nous rendre instantanément et définitivement heureux. Lire la suite de ce billet »
Le couple survalorisé
J’ai publié hier quelques statistiques sur la crise du couple au Québec, pour prendre la mesure des changements survenus depuis une cinquantaine d’années. Et le couple aujourd’hui ? Voici mon point de vue personnel.
Au Québec, le couple est en crise… et il est très valorisé. Les Québécois accordent une importance cruciale à la vie de couple, malgré les risques élevés que cette vie à deux débouche sur une catastrophe. Aucune institution n’affiche un taux d’échec aussi élevé que celle du couple (il n’y a que 25 à 30 % de couples heureux à long terme, selon les spécialistes et les psys), et pourtant, tout le monde ou presque aspire au couple.
Pourquoi idéaliser le couple à ce point ? Lire la suite de ce billet »
Le couple en crise
Vous l’aurez sûrement remarqué : au Québec, le couple est en crise.
Il y a quelques jours, je devais justement effectuer une petite recherche de statistiques sur les familles et les ménages au Québec. Quelques données m’ont particulièrement frappé. Voici un petit portrait de la situation depuis 1951.
Le taux de nuptialité (rapport entre le nombre de mariages dans l’année et la population totale moyenne de cette même année) ne cesse de dégringoler. En 1951, ce taux pouvait atteindre 95,5 pour 1000 chez les femmes et 92 sur 1000 pour les hommes ; en 2008, il n’a pas dépassé 23 pour 1000 chez les femmes et 18 pour 1000 chez les hommes.
Dans les années 1950, les divorces étaient rares. En 1969, l’indice synthétique de divortialité (qui estime la proportion des mariages qui se terminent par un divorce) atteignait seulement 8,8 %. En 2005, il était de près de 52 %.
Les Québécois sont les champions de l’union libre : en 2006, 34,6 % des couples de la province vivaient ensemble sans se marier (le nombre de personnes ayant choisi ce mode de vie a bondi de 20 % entre 2001 et 2006), comparativement à 13,4 % en moyenne hors Québec. Mais les couples en union libre sont beaucoup plus précaires que les couples mariés : une enquête de Statistique Canada menée en 2006 a démontré que chez les couples qui avaient récemment mis fin à leur relation, ceux qui étaient en union libre avaient vécu ensemble, en moyenne, 4,3 années, soit 10 ans de moins que les 14,3 années de vie commune des gens mariés. Lire la suite de ce billet »
Les «habitants»
Pour compléter mon billet de lundi dernier sur l’absence de culture de la drague de rue au Québec, voici une petite réflexion sur l’importance démesurée que les Québécois accordent à la vie privée.
Il était une fois…
Des colons français sur un coin d’Amérique, dits Canadiens. Lorsque leur mère-patrie a perdu la colonie aux mains des Anglais, en 1760, les Canadiens français se sont retrouvés isolés. Les nouveaux colonisateurs anglais exerçaient désormais le pouvoir politique, dominaient l’économie, le commerce, les grands axes de communication, en somme tous les échanges avec l’extérieur.
Aux Canadiens français, il restait leur langue, leur clergé, la possession du sol et leur démographie galopante (la fameuse «revanche des berceaux»). Les francophones n’exerçaient de pouvoir réel que dans leur milieu immédiat, sur leurs terres, ce qui a fait d’eux un peuple de paysans. Leur vie était essentiellement familiale, leur milieu social était souvent limité au village. Ils se qualifiaient eux-mêmes d’«habitants», ce qui veut tout dire.
Tandis que les Anglais dominaient le monde, les échanges, les voyages, etc., les Canadiens français se repliaient sur leur vie privée. Lire la suite de ce billet »
Entre tu et vous
Nouvelle réjouissante ce matin : la Commission scolaire de Montréal songe à implanter un code du civisme dans ses écoles en septembre prochain. Et ce code rétablirait notamment le vouvoiement à l’école. (Voir l’article de Rue Frontenac.)
Que les enfants apprennent à dire «vous» avant «tu» améliorera les rapports de séduction au Québec, j’en suis convaincu.
Pourquoi ? Parce que «vous» marque une distance polie. Vouvoyer quelqu’un que l’on ne connaît pas intimement, c’est une marque de respect. Tutoyer une personne qui nous est inconnue, c’est imposer une relation trop familière au premier abord.
Le «tu» à la première rencontre, ce n’est pas séduisant du tout. C’est une fausse proximité, une égalité des relations qui nivelle par le bas. C’est même agressant. Lorsqu’on a lâché le «tu» qui tue, c’est foutu, on ne peut revenir en arrière.
Séduire, c’est réussir à passer du «vous» au «tu» sans brusquer l’autre.
- Voir aussi mon billet «Le parler des Québécois exprime leur crainte de la drague»
La drague ne dégèle jamais, même au printemps
La semaine dernière, nous avons eu droit à des températures exceptionnellement élevées à Montréal (et ailleurs au Québec). Le mercure a parfois atteint 15 degrés ! Plusieurs records de température à la hausse ont été battus. (Le jour, les températures normales pour la saison sont de trois ou quatre degrés au-dessus de zéro Celsius, selon la météo.)
Sur le plan environnemental, c’était inquiétant…
Sur le plan sentimental, un printemps hâtif devrait provoquer un boom hormonal, inciter les créatures sexuées à se mettre en chasse. Et pourtant… Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.