Les célibataires et la Saint-Valentin, couple maudit… au Québec

 

Le problème avec la Saint-Valentin au Québec, c’est le mot «Québec».

La séduction, dans un monde normal, devrait être un jeu, une activité agréable et régulière, sans stress ni déceptions difficiles à vivre. C’est-à-dire cultiver le plaisir d’entrer en contact avec des inconnus, de rencontrer de nouveaux visages, d’élargir et de nourrir son réseau social, et aussi d’apprendre de ses erreurs.

Or les Québécois ne veulent généralement pas profiter à fond des occasions de rencontre, qui sont pourtant si nombreuses — presque toutes les situations de la vie en société peuvent s’y prêter, qu’il s’agisse de l’école, du travail, des loisirs, etc.

Ils préfèrent surinvestir la Saint-Valentin, considérant (à tort) que le 14 février est «le» moment de l’année pour rencontrer l’amour. Ils se préparent donc longtemps à l’avance, insistent à mort auprès de célibataires de leur entourage pour les convaincre d’accepter une invitation au restaurant ou au cinéma, n’en finissent plus de planifier le jour J… Si, par malheur ou malchance, ils se retrouvent seuls le 14 au soir, c’est la grosse déprime. Le désespoir. L’échec total.

Les Québécois accordent une importance démesurée à la Saint-Valentin. Pendant les 364 autres jours de l’année, les rapports de séduction sont trop rares et souvent gênants… Le 14 février, ils n’en peuvent plus, ils ont attendu ce jour tellement longtemps. Ils ne veulent surtout pas gâcher cette chance ! Ainsi, ils se mettent beaucoup de pression sur les épaules. Ce stress contribue à favoriser les gaffes ou les tensions et, trop souvent, gâche les occasions de rencontre.

La Saint-Valentin devrait plutôt être une occasion de rencontre amoureuse parmi tant d’autres, l’un des nombreux prétextes pour flirter, séduire, draguer. Quand retrouverons-nous le plaisir de nous rencontrer ?

Partager
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • Digg
  • del.icio.us

8 commentaires à Les célibataires et la Saint-Valentin, couple maudit… au Québec

  • Watine dit :

    Bonjour, cousins Québécois,

    La drague à Paris, c’est simple, c’est tous les jours sauf le 14 février où il fait très froid et, alors, c’est sous la couette pour une fois !

    Faites comme nous, inversez les jours, c’est facile…

    Un Parisien chevronné qui peut vous coacher par téléphone.

    Bonne St-Valentin à vous tous, mes cousins maladroits en amour.

  • Wanderer dit :

    Bonjour,

    Pour ma part, ce sera sortie dans un bar où, avec un peu de chance, je me ferai aborder par des femmes entreprenantes ou désespérées.

    J’ai beaucoup trop d’orgueil et je ne risquerai pas de l’écorcher pour une inconnue … 14 février ou pas.

    Salutations

  • Bien sûr la drague chez les célibataires est importante et je suis d’accord avec vous, dans un monde idéal, elle devrait avoir lieu toute l’année. Être seul à la St-Valentin est souvent dramatique pour les célibataires puisque c’est le moment de l’année où ils sont confrontés à leur choix de vie… le célibat. Combien cherchent encore la perle rare, la personne idéale qui les sortira de leur marasme, mais la réalité est que la personne idéale n’existe pas. C’est l’amour pour l’autre malgré ses imperfections que l’on célèbre à la St-Valentin et non la chance d’avoir trouvé le conjoint idéal. La St-Valentin nous rappelle que la vie à deux a beaucoup à nous apporter, quoiqu’on en dise. À force de survaloriser l’individu, on laisse croire aux gens que le bonheur est la liberté totale, sans attache, sans engagement. En fait, ceux qui aiment réellement la drague ne se soucient habituellement pas trop de la St-Valentin, ceux qui y sont sensibles sont les célibataires qui, malgré leur vie bien remplie, envient la vie de couple…

  • “En fait, ceux qui aiment réellement la drague ne se soucient habituellement pas trop de la St-Valentin, ceux qui y sont sensibles sont les célibataires qui, malgré leur vie bien remplie, envient la vie de couple…”

    Ça, c’est vrai ! Beaucoup de célibataires ont très envie d’être en couple, mais ils ne se donnent pas la peine de faire des rencontres, d’élargir leur réseau social. Forcément, ils se retrouvent seul(e)s à la Saint-Valentin… et le reste de l’année.

    J’ai même l’impression que les Québécois et Québécoises survalorisent le couple. Ils rêvent de coup de foudre, de passion amoureuse, de fusion, d’”âme soeur”, etc. Et ils sont extrêmement exigeants à l’égard de leur idéal amoureux : ils veulent le bonheur à tout prix, ils exigent que le couple efface leurs blessures, les rende meilleur et garantisse l’avenir.

    Mais pendant ce temps, ces rêveurs ne profitent pas des occasions de rencontre, et quand une occasion se présente vraiment, ils refusent de draguer. Bien des hommes, au Québec, ont une peur panique d’aborder les femmes, car ils craignent le rejet sans ménagement (se faire dire: “fais de l’air, gros épais”).
    Et bien des femmes, au Québec, “se réservent” pour le Prince charmant de leurs rêves.

    Ces contradictions (survaloriser le couple, dévaloriser la drague) me semblent très apparentes à la Saint-Valentin.

    Je le répète: quand retrouverons-nous le plaisir de nous rencontrer ?

  • Emgee dit :

    La drague non, la séduction oui. Je fais une différence entre les deux… Ayant été 4 ans “sur le marché”, j’ai appris à fuir les lieux de drague, telles les discothèques. Les femmes s’y sentent comme dans l’étal d’un boucher, au marché à viande.

    Dans notre cas, c’est le bon vieux dicton : “C’est quand on ne cherche pas qu’on trouve” qui s’est avéré avoir raison.

  • Ananas dit :

    WOW

    Je ne peux être plus en accord avec M. Marsan. J’en discutais justement avec un ami hier soir et nous avons pris la décision de ne faire aucun effort de séduction durant la fin de semaine de la St-Valentin. Nous avons l’occasion de séduire, de faire de nouvelles rencontres et/ou de draguer tous les jours alors pourquoi devrions-nous attendre le 14 février. Ça fait du bien de voir que nous ne sommes pas les seuls à trouver la St-Valentin « overrated ».

    Séduire tous les jours, voilà le secret

    Ananas

  • Renée dit :

    re: La drague n’est plus

    La drague démodée?

    Non, elle s’est simplement déplacée. Elle se trouve maintenant sur le Web, confortablement dans nos maisons. Pas besoin de se laver les mains, ni d’avoir de préservatifs. Du cybersexe ou réseaux de rencontre avec webcam. Accessibilité, abordabilité et anonymat.

    De fausses perles rares pour les hommes, des princes excitants pour les femmes. Chacun de nous aura sa formation à distance. Des “Suzanne au bain” pour les vieillards, du sexe anti-rouille.

    Le débat n’a rien de politique, c’est un phénomène occidental et contemporain. Suffit de s’intéresser à l’histoire de la sexualité et de la vie privée pour comprendre, sujet sur lequel je fais des recherches depuis deux ans. Tout aura commencé avec le livre de Roger Dadoun, Cent fleurs pour Wilhelm Reich ( mort en 1957). Vous connaissez? Et un dernier livre, celui de J. Robert, Le sexe en mal d’amour.

    Les “paradis artificiels” de Baudelaire existent toujours pour transcender la réalité. Double standard pour ceux qui le désirent: la virtuelle du porno pour un effet pop-corn et la réelle domestique en chair, celle que l’on peut toucher.

    Renée Dion
    Bachelière en Histoire de l’art

  • @Renée: je connais bien le livre de Jocelyne Robert Le sexe en mal d’amour, mais pas l’ouvrage de Roger Dadoun Cent fleurs pour Wilhelm Reich. Merci pour la suggestion de lecture !

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
›››
Nous sommes aussi présents sur Twitter !
À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
›››Acheter le livre en ligne
Suivez-nous sur Twitter
    Catégories
    Recherche

    Powered by Web Design Company Plugins