D’où vient la Saint-Valentin ? (3)

 

J’ai résumé, dans deux billets précédents, les origines médiévales de la fête des amoureux ainsi que sa transformation, d’abord dans le monde anglo-saxon, en activité lucrative. Mais pourquoi dit-on «Saint-Valentin» ? Qui était ce saint ? Et comment peut-on associer sainteté et rencontre amoureuse… ?!?

Dans l’histoire du christianisme, plusieurs religieux surnommées Valentin ont mérité la canonisation pour leurs talents de guérisseurs. Plus de 20 personnalités différentes, selon certains chercheurs ! L’Église a semble-t-il géré, rationnalisé ses nombreux saints Valentin en insistant sur un personnage ayant vécu en Italie au début de l’ère chrétienne, et en occultant les autres.

Le plus connu de ces saints est ainsi un prête italien décapité en 273 après Jésus-Christ sur l’ordre de l’empereur romain Claude II le Gothique. Une légende veut que ce pieux Valentin ait miraculeusement guéri une fille de la cécité tandis qu’il était en prison, et qu’il soit aussi tombé amoureux.

Mais il y a un autre saint Valentin et prête italien décapité à Rome, en 269 ou en 280 après J.-C. selon les sources. Ce martyr aurait lui aussi rendu la vue à une jeune fille, ce qui le place en concurrence avec son homonyme.

De nombreuses légendes ont circulé sur ces deux personnages. Des spécialistes croient que ces deux saints Valentin guérisseurs et décapités ne sont qu’une seule et même personne. La plupart des dictionnaires et encyclopédies que l’on peut consulter aujourd’hui ne mentionnent que le saint martyrisé sous Claude II le Gothique, certains ouvrages citent les deux saints.

egliseLe ou les saints Valentin ont peu en commun avec la rencontre amoureuse (outre la légende et le fait que tout bon chrétien prêche l’amour universel). Alors quel est le lien avec une fête des amoureux ?

C’est tout simple. Il existait, au début du Moyen Âge, un culte à saint Valentin. L’Église a tout bonnement décrété que saint Valentin sera désormais le patron des amoureux. La date retenue pour la fête de ce saint, le 14 février, reposerait sur une croyance médiévale, amplifiée par la littérature courtoise, voulant que les oiseaux s’accouplent ce jour-là. Les oiseaux, symboles d’amour angélique, correspondent bien à l’imagerie chrétienne.

Il est aussi permis de croire que l’Église cherchait à contrôler les fêtes profanes qui rassemblaient les célibataires à la mi-février (voir le premier billet de cette série).

(N.B. Je tire les informations historiques d’un ouvrage qui serait le seul de langue française exclusivement consacré aux origines de la Saint-Valentin, Valentines et Valentins, publié en 2004 par une association française, le Cercle d’Études Mythologiques. Ce livre reproduit des textes anciens et dévoile des recherches inédites. J’ai eu beau fouiller, je n’ai rien trouvé de plus complet que Valentines et Valentins.)

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À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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