D’où vient la Saint-Valentin ? (2)
Les Anglais, comme d’autres peuples européens depuis le Moyen Âge, célébraient à la mi-février ces jeux amoureux que je décrivais dans mon premier billet sur l’histoire de la Saint-Valentin : rassemblements, danses et tirages au sort qui permettaient aux hommes et aux femmes de flirter et, éventuellement, de se rencontrer.
Dans ces occasions, les Anglais aimaient beaucoup écrire une lettre ou un mot doux à l’attention d’une personne du sexe opposé qu’ils désiraient courtiser. Cette missive pouvait être accompagnée de menus cadeaux (fleurs, sucreries). Selon l’encyclopédie Britannica, ces billets doux sont probablement à l’origine des cartes de voeux que l’on utilise aujourd’hui dans une foule d’occasions (naissances, anniversaires, mariages, Noël, etc.).
L’usage de la carte amoureuse artisanale s’est répandu en France, en Allemagne, etc., ainsi qu’en Nouvelle-Angleterre. De l’artisanat au commerce, il n’y avait qu’un pas à franchir. Aux États-Unis et en Angleterre, vers le milieu du XIXe siècle, la Saint-Valentin était devenue une business : les cartes de voeux imprimées étaient décorées de motifs floraux, coeurs, petits oiseaux, Cupidons, etc. Des entreprises en faisaient leur spécialité.
Les coutumes d’origine médiévale ont disparu au fil du XIXe siècle, remplacées par une Saint-Valentin commerciale. En France, la Saint-Valentin a pris plus d’ampleur après la Deuxième Guerre mondiale, probablement à cause des soldats américains établis dans l’Hexagone qui offraient des cartes et des fleurs aux demoiselles le 14 février. Dès 1946, les médias français se sont emparés de la Saint-Valentin et les fleuristes ont rapidement compris que le 14 février sera leur jour de gloire.
Dans le prochain billet : qui était saint Valentin, le patron des amoureux ?
(N.B. Je tire ces informations d’un ouvrage qui serait le seul de langue française exclusivement consacré aux origines de la Saint-Valentin, Valentines et Valentins, publié en 2004 par une association française, le Cercle d’Études Mythologiques. Ce livre reproduit des textes anciens et dévoile des recherches inédites. J’ai eu beau fouiller, je n’ai rien trouvé de plus complet que Valentines et Valentins.)

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.