Quelques trouvailles (5)
Chers lecteurs et lectrices, voici quelques nouveautés et découvertes qui pourront vous intéresser : une certaine Geneviève ne demande qu’à se faire courtiser, le Mouvement Jovialiste triomphe de l’oubli, et les femmes aussi aiment le sexe ! Les actrices porno californiennes, pour leur part, sont au fond du baril.
«URBANIA, c’est plus fort que Réseau Contact». Le magazine montréalais URBANIA veut prouver qu’il est possible de rencontrer l’amour grâce à Facebook. L’équipe du périodique s’est donné un mois pour trouver un chum à sa chargée de projet Geneviève Dionne : le 21 février, elle devra annoncer publiquement la fin de son célibat ! Pour chanter la pomme à la ravissante Geneviève, pour commenter les tentatives de séduction ou simplement pour observer le théâtre des opérations, joignez-vous au groupe Facebook créé par URBANIA et consultez le blogue du magazine.
J’ai récemment redécouvert le Mouvement Jovialiste (grâce à une chronique publiée à la fin de 2009 par le collègue Steve Proulx). Fondé au Québec en 1970 par le philosophe André Moreau, le Mouvement Jovialiste était assez actif dans les années 1970 et 1980, puis nous n’en avons plus entendu parler. Il semble reprendre vie, et André Moreau est toujours de la partie. Dans les années 1980, j’aimais bien ses interventions dans les médias ; il avait l’air guignol et, pourtant, il réussissait toujours à faire passer quelques idées surprenantes, stimulantes.
Le Jovialisme, pour reprendre les termes du site web officiel du Mouvement, c’est aimer la vie et la fête, «la libération intérieure, la transgression joyeuse des interdits (…), le désir de reconnaître l’être qui grandit en l’homme, la volonté de n’obéir qu’à soi, la célébration de l’inutile, le refus de l’effort, l’aspiration candide à l’infini, le refus de la modération considérée comme un gage de médiocrité.» Il y a peut-être, dans cette vision du monde, de quoi améliorer les relations hommes-femmes au Québec. D’autant plus que les Jovialistes accordent beaucoup d’importance à la sexologie.
Le saviez-vous, la sexualité des femmes et des hommes est identique. C’est du moins ce que soutient l’auteure québécoise Marthe Saint-Laurent dans son essai Les femmes aussi aiment le sexe, récemment publié par Béliveau éditeur. Pour Marthe Saint-Laurent, il faut rompre avec nos idées reçues sur les rôles homme-femme dans la sexualité, ce n’est pas vrai que l’homme est toujours macho, initiateur et contrôlant au lit, et que madame est forcément passive, douce et conformiste. Les femmes aiment aussi la sexualité brute, animale, dominatrice (les hommes adoreraient ce genre de créature lubrique, semble-t-il, bien qu’ils répugnent à l’admettre). Une Québécoise autonome et déterminée a tendance à renverser les codes traditionnels de la séduction en «chassant» une proie mâle ; de la même manière, elle peut faire fi des codes traditionnels de la sexualité. Marthe Saint-Laurent souhaite la disparition des préjugés, des conditionnements et des tabous : elle invite les femmes à expérimenter le sexe cru des hommes, et elle souhaite que les hommes prennent le risque de la sensibilité féminine.
Aux États-Unis, la récession économique affecte l’épicentre de l’industrie du sexe, la «Porn Valley» californienne. Une journaliste et photographe indépendante américaine, Susannah Breslin, a réalisé un superbe essai web sur les dessous de l’industrie californienne de la porno, They Shoot Porn Stars, Don’t They ?, témoignage percutant sur l’économie et les coulisses du XXX. Quelques photos peuvent choquer, mais c’est surtout le texte qui fait mal. Susannah Breslin décrit directement ce qu’elle a vu, appelle un chat un chat, garde la tête froide dans cet univers complètement délirant. «In Porn Valley, reality and fantasy are one and the same»… une confusion qui peut aussi se produire chez les consommateurs, avec les conséquences que l’on imagine sur les relations hommes-femmes. (Merci au journaliste Claude Marcil d’avoir repéré They Shoot Porn Stars, Don’t They ?)
Pour conclure sur une note plus sympathique, ne manquez pas le concours Saint-Valentin organisé par notre éditeur (Les Éditions de l’Homme) et notre présence au Bal des célibataires, à Montréal le 13 février prochain.
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Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.