Polytechnique, ultime horreur d’une décennie pourrie
Dimanche dernier, c’était les 20 ans de la tuerie à l’École Polytechnique de Montréal. J’ai vu des gens déposer des fleurs dans le parc qui commémore les événements tragiques du 6 décembre 1989, j’ai lu beaucoup de témoignages et d’analyses dans les médias, j’ai pris part à des discussions, etc.
Parmi toutes les interprétations de l’événement, il y en a une qui m’a surpris… et qui ne m’a pas convaincu du tout : Polytechnique serait «la» cassure dans l’histoire des relations hommes-femmes au Québec, il y aurait un «avant» et un «après» 6 décembre 1989. (C’est par exemple l’opinion du comédien et dramaturge Gilbert Turp, auteur d’une pièce de théâtre inspirée du massacre de Polytechnique.)
Affirmer qu’il y a un «avant» et un «après» Polytechnique, c’est laisser entendre que c’était mieux (ou moins pire) «avant». Vraiment ? La cohabitation hommes-femmes était donc si agréable au Québec avant le 6 décembre 1989 ?
Je ne veux surtout pas minimiser le traumatisme de Polytechnique. Dans l’histoire récente du Québec, il n’y a pas d’événements aussi violents et aussi misogynes. Mais il ne faudrait pas oublier que pendant toute la décennie 1980, les relations hommes-femmes se dégradaient sans cesse : en réaction à l’émancipation sexuelle des années 1960-70, un nouveau célibat avait commencé à s’imposer au début des années 1980 ; en opposition aux mouvements collectifs des années 1960-70, un nouvel individualisme narcissique prenait de l’ampleur.
De plus, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) avait été formellement identifié par la communauté scientifique en 1983. Lorsque l’opinion publique a pris conscience de la menace du sida, c’était la panique, toutes sortes de rumeurs circulaient. Je me rappelle très bien que des gens refusaient de s’embrasser par crainte d’attraper le VIH ! Pas exactement une ambiance propice à la rencontre et à l’amour…
Au milieu des années 1980, les relations hommes-femmes étaient misérables au Québec et rien ne permettait de croire à une éventuelle amélioration. Replacés dans ce contexte, les 14 assassinats sexistes de Polytechnique me semblent l’ultime horreur, la confirmation absolue que les années 1980 furent pourries, minables, nulles à chier. Polytechnique n’est donc pas le déclenchement d’une crise, un événement qui démarque clairement un «avant» et un «après», plutôt une effroyable violence qui a exacerbé une régression amorcée plusieurs années auparavant.
Qu’en pensez-vous ?
- Tous mes billets sur Polytechnique
- Polytechnique, 20 ans après : les articles de Cyberpresse, du Devoir, de Radio-Canada et de Sisyphe.org.


Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Qui va parler de toutes ces lois qui dégradent les relations égalitaires entre les hommes et les femmes? Les lois – inégalitaires – n’ont pas d’impact sur nous tous et sur la qualité de nos relations ou le désir ou la peur de rentrer en relation?
Voici quelques améliorations à apporter (est-ce qu’il y a une seule femme ou homme équilibré qui serait réellement contre ceci?):
- faire “tomber” les protocoles d’interventions sexistes en matière de violence conjugale + abus sexuel et ce, pour que la présomption d’innocence retrouve sa juste place dans notre société soi-disant démocratique ! Que les lois en matière criminelle soient appliquées, point à la ligne ! (ce qui n’était PAS le cas lorsque ces politiques sexistes furent conçues en 1986!) ;
- que le système d’injustice cesse de nommer les accusés et taire le nom des accusateurs avant qu’une la cause soit jugée et ce, pour préserver la réputation des personnes accusées et pour qu’encore une fois, la présomption d’innocence retrouve sa juste place en notre société soi-disant démocratique ! ;
- que les ministères de la sécurité publique / de la justice / et de la santé cessent de parler de “victimes” / “agresseurs” dans leurs statistiques lorsqu’en en réalité ce sont que des présumé/es victimes/agresseurs et ce, pour que la présomption d’innocence retrouve sa juste place en notre société soi-disant démocratique ! ;
- que la loi C-311 -Loi modifiant le Code criminel (remboursement des dépens dans le cas d’un pardon ou fausse allégation/erreur judiciaire) soit appliquée. Le projet de loi vise à faire en sorte que lorsqu’il y a une erreur judiciaire, l’indemnité soit versée à 100 p. 100 à la victime de l’erreur, et que les frais d’avocat soit déboursés par le gouverneur en conseil;
- que le procureur général envoie une directive claire à tous ses procureurs et ce, pour les forcer à appliquer “l’obligation légale de divulguer toute information pertinente qu’elle possède” (sic). (Ce qui n’est PAS toujours le cas en ce moment!);
- qu’une présomption sur la garde partagée devienne loi -sauf en bas d’abus prouvé (pour que cesse beaucoup de lutte$ inutiles en cour et pour que les enfants aient accès à leurs deux parents).
- que le procureur général/ministère de la sécurité publique envoient une directive claire à tous les corps policiers pour qu’ils fassent respecter les jugements de garde / droits de visite (ce qui n’est PAS le cas en ce moment!);
- que les lois sexistes sur la discrimination “négative” soient abrogées, comme le prévoit les conventions de l’ONU;
- que le procureur général applique les lois lorsqu’il y a fausse allégation de violence conjugale/abus sexuel (ce qui n’est PAS le cas en ce moment!);
- que soit annulée la loi sur la partage du patrimoine familial de 1989 (et donc que le Québec permette le libre choix en cette matière, comme c’est le cas dans les neuf autres provinces canadiennes);
- passer une loi pour faire cesser la présomption de paternité et l’obligation alimentaire pour l’homme, qui s’applique, après seulement uin an de cohabitation avec une femme ayant des enfants!;
- abroger la loi québécoise sur la reconnaissance de la paternité de 2003. Cette loi est injuste et unique au monde! Selon cette loi incroyablement inégalitaire, les femmes ont 30 ans pour poursuivre un père en reconnaissance de paternité Et l’homme lui a seulement un an de délai, s’il veut que sa paternité soit reconnue !);
- faire une réforme des pensions alimentaires pour aider les pères pauvres + enfants de ces pères. Donc copier la réforme de l’Australie et monter le seuil de revenu à partir duquel ces pères(dans 95% des cas) payent une pension de 10 000$/an à 25 000$/an. Cela va inciter plusieurs mères (la majorité des cas!) à NE PAS demander la garde unique… car elles vont perdre l’avantage en $ et les pères pauvres pourront plus facilement se payer un logement pour accueillir leurs enfants et ce, dans le cadre d’une garde partagée;
- lorsqu’un couple marié divorce, il faudrait passer une loi qui abroge les pensions “à vie” pour les ex-conjointes, (donc maximum deux ans de pension et ce, uniquement pour les femmes qui ne travaillent pas ou qui gagnent moins de 25 000$/an !)
- changer la loi sur les pensions alimentaires pour enfant, pour que les pères (dans 95% des cas), ne soient pas obligés de se payer un avocat lorsqu’ils doivent demander d’ajuster la pension dans les cas où ils tombent malades/invalides et/ou en chômage ou lorsque leurs enfants adultes cessent de fréquenter l’école. Marc Bellemare (ministre de la justice sous Charest), avait essayé de passer cette réforme en 2003, mais le lobby des avocats (i.e. barreau) et des groupes communautaires féministes s’y sont opposés avec succès!
@Sébas : je ne suis pas nécessairement d’accord avec tous les éléments que vous soulevez et tout ce que vous affirmez, mais je suis heureux de constater que vous vous exprimez de manière beaucoup plus modérée que lors de nos premiers échanges.
“je ne suis pas nécessairement d’accord avec tous les éléments que vous soulevez et tout ce que vous affirmez”
Discutons, je ne mordrai plus…
“mais je suis heureux de constater que vous vous exprimez de manière beaucoup plus modérée que lors de nos premiers échanges”
Ah, vous avez de la mémoire, vous !
Ou bien, vous gérez vos archives comme un pro
“Ah, vous avez de la mémoire, vous ! Ou bien, vous gérez vos archives comme un pro”
- Les deux !
Pour revenir à votre long commentaire, Sébas, il y a dans votre liste d’épicerie plusieurs éléments très techniques qui m’échappent (je ne suis pas avocat). Et on ne respecterait pas la présomption d’innoncence à ce point-là ?!? Ça me dépasse un peu… Ce serait intéressant d’avoir l’opinion de juristes ou de spécialistes.
Une chose est sûre : je suis (tout comme les féministes et les humanistes en général) en faveur de l’égalité homme-femme devant la loi. Et je suis sûr que le Législateur, au Québec et au Canada, est aussi en faveur de l’égalité homme-femme (qui est coulée dans le béton de nos chartes des droits). Mais peut-être que l’application de certaines lois pose problème, provoque des effets pervers ?
Passer une loi pour faire cesser la présomption de paternité et l’obligation alimentaire pour l’homme, qui s’applique, après seulement un an de cohabitation avec une femme ayant des enfants!
==> Il faut allez plus loin.
Les femmes ont le droit de choisir quand elles veulent être mères, il devrait en être de même pour les hommes, c’est ça l’égalité.
La paternité sous x est un très bon moyen pour réparer cette injustice envers les hommes.
Branchez-vous.
Le drame de l’école Polytechnique était soit l’oeuvre d’un esprit dérangé soit le résultat d’un projet politique dirigé contre “les femmes”. C’est l’un ou c’est l’autre, mais pas les deux. Il faut choisir. Si le monstre intégral avait survécu et que son avocat avait établi sa maladie mentale, il aurait été libéré à l’heure qu’il est. Il vivrait peut-être avec Karla Homolka. Qui sait? Un projet politique? Je ne pense pas.