Le Salon de la drague
Le Salon du livre de Montréal se termine aujourd’hui (snif). Je l’ai longuement fréquenté ce week-end, pendant des heures et des heures, jusqu’à l’épuisement (t… que j’avais mal aux jambes !). Formidable occasion de discuter avec quantité de gens intrigués par Les Québécois ne veulent plus draguer, de revoir une foule d’amis, de connaissances, et de bavarder un instant avec des écrivains que j’admire.
Vendredi dernier, au Salon, je me suis procuré Le paradoxe amoureux de Pascal Bruckner (Grasset), essai sur les exigences contradictoires des amoureux d’aujourd’hui : vivre à la fois la passion et la stabilité, la fusion et la liberté, etc. Ce n’est pas la première fois que Bruckner s’intéresse aux relations hommes-femmes. En 1977, il a cosigné Le nouveau désordre amoureux, un livre qui a eu un gros impact à l’époque (et qui m’a fortement impressionné).
J’ai immédiatement plongé dans Le paradoxe amoureux. Au deuxième chapitre, Bruckner consacre quelques pages à la rectitude politique et à la lutte au harcèlement sexuel en Amérique du Nord, codes et règlements qui finissent par étouffer la drague, notamment dans les universités (Bruckner sait de quoi il parle, il a enseigné aux États-Unis dans les années 1980 et 1990). À la page 65, il mentionne le Québec : «Une de mes étudiantes de Science-Po, jolie Québécoise d’origine japonaise, nous disait en public sa déception des hommes nord-américains, paralysés dans leur élan par le sexuellement correct. Elle passait ses vacances en Italie afin d’être ouvertement sollicitée par les garçons, assez confiante en elle pour éconduire les gêneurs.»
Hé misère…
Dimanche midi, j’ai croisé Pascal Bruckner au Salon du livre. Nous avons bavardé quelques secondes, je lui ai parlé du livre que j’ai cosigné avec Emmanuelle Gril. «Les Québécois ne veulent plus draguer ? Mais comment vous faites, alors ?!?», m’a-t-il demandé.
Hé misère… (bis).
Cela dit, ne soyons pas défaitistes. J’ai remarqué, ces derniers jours, que le Salon du livre est un merveilleux endroit pour draguer. Puisque tous les visiteurs s’intéressent aux bouquins, qu’ils sont à l’affût des nouveautés, il est facile d’amorcer une conversation sur ce sujet avec des inconnus. Il suffit d’aborder un individu pendant qu’il consulte un livre, en se positionnant en connaisseur : «Je vous recommande ce livre, il est vraiment excellent. Vous avez lu les autres bouquins du même auteur ?», etc. Que vous ayez lu ou non les livres en question, ce n’est pas important. Ce qui compte, c’est avoir l’air allumé, cultivé, et surtout de surmonter la peur du rejet. La personne abordée ne manifeste pas d’enthousiasme, n’a pas envie de discuter ? Pas de problème. «Bon Salon, bonne lecture !», puis on approche une autre créature du sexe opposé. Simple, non ?

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Je cite : “Elle passait ses vacances en Italie afin d’être ouvertement sollicitée par les garçons, assez confiante en elle pour éconduire les gêneurs”.
En clair, “je veux être draguée mais je ne veux pas qu’on me drague”. Elle voulait simplement se mettre sur un piédestal, que des hommes lui lèchent les pieds et l’admirent comme si c’était une déesse, chose qu’elle ne peut pas trouver au Québec. Faute de merle, on mange des givres.
Sinon, pour en revenir à la non-drague qui envahit la France et toute l’Europe, j’ai eu une discussion franche avec deux garçons de 15 et 16 ans qui ont pris la décision de mettre de la distance avec les filles et de ne se concentrer que sur leurs études. Et donc de ne plus draguer (à 16 ans seulement !! À un âge où justement l’on devrait draguer à tout va !!!). La raison : “les filles sont trop chiantes et exigeantes, on en a marre, on veut juste être tranquilles”. J’ai halluciné. Bah, ça promet pour les nouvelles générations de femmes (celles des années 2010, 2020 et 2030 à venir) qui vont avoir beaucoup de difficultés à trouver un homme afin de fonder une famille et d’avoir des projets. Et comme l’espérance de vie des hommes augmente chaque année et que ça va les pousser à profiter davantage de leur petite vie tranquille… et que l’horloge biologique des femmes n’a pas bougé d’un iota… ça va être craignos ! Bref…
@Loïc : Hé misère…
Bah oui !
Je cite : “Elle passait ses vacances en Italie afin d’être ouvertement sollicitée par les garçons, assez confiante en elle pour éconduire les gêneurs”.
En clair, “je veux être draguée mais je ne veux pas qu’on me drague”. Elle voulait simplement se mettre sur un piédestal, que des hommes lui lèchent les pieds et l’admirent comme si c’était une déesse, chose qu’elle ne peut pas trouver au Québec. Faute de merle, on mange des givres.
== Bonne analyse et je me permets d’ajouter ceci:
Les féministes de la première heure avaient déjà identifié le narcissisme des femmes et elles espéraient qu’avec l’émancipation des femmes ce narcissisme disparaitrait, hélas ce fut tout le contraire ce narcissisme n’as fait que décupler.
D’ailleurs, pour draguer efficacement une femme il faut taper dans son narcissisme et ça les PUA américains l’ont vite compris.
Sinon Loïc, pour votre deuxième partie je pense que sont juste les hommes qui sont en train de s’adapter et de se servir des avantages qu’ils ont.
Par exemple, physiquement un homme de 40 ans = femme de 30 ans; et aujourd’hui les hommes commencent à prendre réellement soin d’eux, ce qui fait qu’ils vont encore creuser cette différence d’au moins 10 ans au minimum.
Si à cela on ajoute que l’homme, lui, n’a pas d’horloge biologique et que la femme en a une, et que cette horloge biologique au lieux de gagner en années en perd (pollution et compagnie), les femmes de 35 ans stériles sont très nombreuses.
L’homme a un énorme avantage sur la femme, c’est le temps, et je pense que de plus en plus d’hommes s’en rendent compte et vont agir en conséquence.
Jeunesse d’un homme 15-40 ans (qui va encore s’allonger du au fait que les hommes prennent de plus en plus soin d’eux).
Jeunesse d’une femme 15-30 ans.
À pioupiou :
Oui, on vit de plus en plus longtemps en restant jeune physiquement et en bonne santé tout en se bonifiant comme du bon vin (+ de charme, etc.). Forcément, on en profite !!! Un homme de 50 ans en 2010 n’est pas pareil qu’un homme de 50 ans des années 1940. Il fait plus jeune que ses ancêtres au même âge. Tout se passe comme si notre “jeunesse” s’allonge de plus en plus. D’ailleurs je vais avoir 30 ans très bientôt, et on m’en donne 20 physiquement. Dans tous les cas j’ai très très peu vieilli, guère de différence entre le “moi” de 1999 sur les photos et le “moi” de 2009. Sais-tu qu’en 1661 en France l’espérance de vie en moyenne était de 20 ans ? ^^
Excellent blogue. En effet, il y a des questions à se poser et je ne m’étenderai pas sur le sujet car, en ce qui me concerne, je ne me pose plus de questions et je passe à l’action: je n’approche plus de femmes de culture nord-américaine. Point à la ligne. Et je m’en porte merveilleusement bien, merci! Pour ce qui est de la “matante kabacoise/mononk (elle agit, parle et marche comme tel, alors…)”, terminé pour moi! Faut voir les femmes d’ici comme des actions sur le marché: certaines doivent être conservées pour leur valeur à long terme (trèèès rares) et d’autre… on achète et on revend! En fait, c’est même “business as usual”: les femmes nord-américaines de culture continueront à chercher le statut social, le pouvoir et l’argent et les hommes, la jeunesse et la beauté.
Bon, j’arrête ici! Sur une note plus sérieuse, les hommes auraient avantage à lire ce que le Dr Paul Dobransky a écrit sur le sujet.
@Phil Lemoyne: merci pour vos commentaires sur notre blogue. Je ne connaissais pas le Dr Paul Dobransky, je vais y jeter un coup d’oeil.
Pour ce qui est de vos propos sur les “matantes” et les femmes comme “actions sur le marché”, je laisserai les lectrices du blogue réagir… Mesdames, défendez votre réputation!
20-30 ans, la jeunesse d’une femme? Vous voulez rire! En France en tout cas, les femmes libres de 45 ans et plus sont très courtisées et elles ont des amis/amants/amoureux souvent plus jeunes qu’elles. Ils leur disent qu’ils sont bien avec elles parce qu’elles aiment la vie et l’amour. A l’inverse, que de mecs de 45 ans et + sont stressés par le boulot, jamais disponibles, pas le temps de draguer, justement… Je crois que l’avenir, c’est les vieux avec des jeunes filles parce qu’ils aiment bien s’afficher en public avec elles, et les jeunes hommes avec des femmes plus âgées parce qu’ils s’amusent bien ensemble.
A propos de drague, pour voir, un jour, j’ai proposé à un homme dans la rue: “puis-je vous offrir un café?”. Rien de plus. Il était terrifié, comme si j’allais lui sauter dessus. Je lui ai dit: “Ben vous voyez, parfois vous pouvez aussi faire peur aux filles que vous draguez”. Finalement, ça l’a fait rire et il m’a laissé son numéro. Donc pas de panique, les hommes et les femmes peuvent encore s’amuser ensemble, mais je vous accorde que certaines jeunes femmes sont assez chiantes et exigeantes… d’où le succès des plus âgées quand elles sont cool
C’est vrai qu’au Québec, où je suis allée deux fois, j’ai trouvé les garçons pas bien à l’aise avec les filles.
J’avais justement parlé de votre livre à Bruckner en le croisant à sa table. Peut-être est-il en train de vous lire… Qui sait?