Dans les ascenseurs

 

L’ascenseur est un appareil qui fait partie de ma vie quotidienne : j’habite un appartement au sixième étage d’un immeuble pourvu d’ascenseurs et je travaille du lundi au vendredi dans un édifice à bureaux comportant de nombreux ascenseurs. Monte, descend, monte, descend, plusieurs fois par jour.

Dans les ascenseurs, je m’efforce d’être poli et serviable. «Bonjour, quel étage ?», demande-je à ceux et celles qui s’entassent avec moi dans ces cabines à déplacement vertical. La plupart des gens apprécient que je leur dise bonjour et que j’offre d’appuyer sur le bouton correspondant à leur destination.

La plupart des gens… sauf les femmes de mon âge (fin trentaine).  

Ces dames ne répondent pas de bon coeur à mon «Bonjour» et elles me regardent souvent avec un air de reproche. Leur langage corporel semble me dire : «Foutez-moi la paix». Elles s’empressent d’appuyer sur les boutons de l’ascenseur, l’air de dire : «Je ne vous dois rien». Si j’essaie d’amorcer une tentative de velléité de conversation, elles lèvent les yeux au ciel, soupirent.

J’ai l’impression qu’elles pensent que je tente de profiter de la proximité dans l’ascenseur pour essayer de jouer au Grand Séducteur. Je ne suis pourtant pas le genre de gars qui drague tout ce qui bouge, et je ne veux surtout pas brusquer les gens. J’essaie seulement d’être aimable !

L’ascenseur, c’est un petit concentré du malaise qui affecte les relations hommes-femmes au Québec. Ce refus de la politesse, des petites attentions, d’une plaisanterie ou d’un sourire qui n’engagent à rien… Ce chacun pour soi poussé à l’extrême…

Dans les ascenseurs, les individus les plus sympathiques sont sans contredit les personnes âgées (des deux sexes). Règle générale, les gens du troisième âge adorent le bavardage léger, les blagues, et sont d’une politesse exquise. Les trentenaires devraient s’en inspirer.

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8 commentaires à Dans les ascenseurs

  • Mazsellan dit :

    Après ça, on se demande pourquoi c’est si difficile de faire une approche normale et cilivisée quand la réponse est d’un mépris et d’un manque de savoir-vivre le plus total.

    Il faut juste se dire à ce moment-là que le problème, ce n’est pas nous : suivante !

  • Rick dit :

    Moi j’ai écouté Josée Lavigeur et pris les escaliers! J’ai maintenant des beaux mollets, mais toujours célibataire!

    J’ai travaillé dans un immeuble de la rue St-Laurent pendant quelques années et j’ai pris l’ascenseur 5 ou 6 fois en 3 ans !

    Pourquoi j’hésitais à entrer dans un ascenseur rempli de 4 ou 5 filles?
    La gêne, je m’étais coupé avec mon rasoir, le malaise quand personne ne parle, en gros, éviter de sortir de ma zone de confort!

  • Anne Marie dit :

    Eh bien moi je dois être plus proche du troisième âge (quarantaine!), car je jase avec les gens, je propose d’appuyer sur le bouton de l’étage, je remercie ceux et celles qui le font pour moi… C’est un petit moment de proximité alors autant le vivre de façon polie et conviviale!

  • Wanderer dit :

    Bonjour M. Marsan,

    J’ai 28 ans, un bon boulot d’ingénieur, bien carré des épaules, fait le tour du monde et tout le tralala. Je suis seul depuis 5 ans et je n’ai fait aucune avance (whatsoever) à nos dames depuis disons 3 ans.

    Je réalise que l’amour comme le reste est devenu affaire de consommation. Pour être actif sur un marché de consommation, il faut des moyens.

    Vous avez tenu plusieurs chroniques sur le sujet des sites de rencontres, où les gens se mettent en vente ou magasinent le sexe opposé. Ça illustre bien la marchandisation des relations amoureuses. La ”babe” blonde de 25 ans aura tout le loisir de choisir le clavardeur de son choix. Elle est fortement en moyens. Un jeune binoclard sans emploi, lui, n’a pas un très grand pouvoir d’achat. Il restera probablement sur les tablettes, à moins d’accepter d’aller vers une fille dans ses moyens (possiblement moche).

    Tout cela pour en revenir à moi :) Bien que muni d’un bon pouvoir d’achat dû à la qualité de ma personne et de ma situation, je tiens et continuerai de tenir un rôle passif dans ma quête de partenaire. Je m’explique et c’est très simple:

    Ce que j’aime, c’est les canons de beauté qui ont de la cervelle. Aussi bien dire la femme parfaite. La femme parfaite a le choix de son partenaire, elle en a les moyens. En fait, elle peut choisir celui qu’elle veut. Donc, la femme que je désire doit forcément savoir que je la désire puisque 100% des hommes la désirent. Donc, pourquoi j’irais me couvrir de ridicule en prenant les devants alors que si elle est intéressée elle n’a qu’à me cueillir?!

    En termes simples : tu n’essaies pas de vendre une voiture à un milliardaire.
    Tu ‘’shines” la tienne et tu espères que ce sera celle de son choix.

    Merci pour vos chroniques, c’est très rafraîchissant.

  • @Wanderer: c’est moi qui vous remercie pour votre commentaire.

    Mais dites-moi, vous n’avez pas peur d’attendre trop longtemps que la femme parfaite vous aborde enfin?

  • Loïc dit :

    J’avoue que je ne connais pas ce problème en France dans la région d’Alsace, les femmes alsaciennes semblent froides de premier abord mais à chaque fois que je leur adresse la parole, elles me répondent toujours gentiment et avec le sourire. Que ce soit dehors ou dans un ascenseur, une femme de mon âge m’a même invité à rentrer dans un ascenseur. Je n’ai pas à me plaindre sur ce point-là, elles ont une bonne qualité d’écoute, c’est un comportement que je qualifierais de “civilisé” et c’est très bien ainsi. Du coup je m’entend bien avec elles. Il n’y a qu’à Paris que je ne retrouve pas ces qualités, dans cette grande ville elles hochent les épaules en me regardant comme si j’étais un serial killer en puissance, et prennent un air agacé voire irrité. Il n’est donc pas étonnant que la moitié des habitants de Paris soit célibataire alors qu’en Alsace il y a plein de femmes en couple ^^

    J’ignore comment ça se passe au Québec, n’ayant jamais visité ce pays, mais si “madame” ne veut pas qu’on lui parle, bah c’est son problème. Pas le nôtre. Tant pis pour elle.

  • Wanderer dit :

    En effet, ça peut être long et même ne jamais se produire. Par contre, j’accepte la possibilité de faire ma vie seul. Je ne suis pas de ceux qui vont s’acoquiner avec la première mégère venue (j’en connais).

    Étant donné le peu de réceptivité des femmes au flirt et l’éternelle ouverture des hommes à la sexualité, ne croyez-vous pas qu’il est temps de réécrire les conventions, tout simplement? Serait-ce contre-nature? Ne sommes-nous pas déjà dénaturés par le monde moderne?

    Petite ouverture sur l’aspect culturel: pour avoir passé un bon moment en Scandinavie (Suède principalement), je peux vous dire que nos femmes ont l’air très accueillantes et réceptives en comparaison des Suédoises. Leurs rapports de drague semblent à tout le moins aussi malaisés. Pourtant elles sont si jolies.

    Pour le syndrôme du Québécois en mal de valorisation avec les femmes, les Chinoises (et les Asiatiques en général) sont la réponse. Pour avoir passé un sacré bout de temps là-bas, je peux vous dire que le mâle asiatique jouit d’un complexe de supériorité écrasant sur la femme. Celle-ci ne reçoit aucune gentillesse. J’ai souvent été gêné par le comportement de mes collègues chinois. Enfin bref, ces Chinoises sont très émues et reconnaissantes de recevoir les attentions et flatteries d’un homme propre sur lui.

    Bref, le compliment y fait son effet tandis qu’au Québec (et en Suède), il provoque un réflexe de défense.

    Bonne continuité,

  • Un Québécois qui s'assume.... dit :

    @Wanderer…

    Je pensais comme ça avant… c’est-à-dire que les belles femmes sont inaccessibles pour les gars dans la moyenne…

    Je ne suis plus d’accord avec ça.

    Il faut dissocier le physique et la personnalité. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a des femmes très moches qui sont ultras sélectives et elles ne sont pas gentilles en plus. Tout comme il y a des canons de la beauté qui sont prêtes à sortir avec des gars moins que convenables…

    C’est plus complexe que ça en a l’air…. donc oui c’est possible d’avoir une fille très jolie et être dans la moyenne. Souvent aussi les gars osent moins puisque la fille est trop belle.

    On est aussi portés à juger comme soi-même, donc (malheureusement) les gars regardent surtout la beauté et pense que les filles font de même. Bien sûr, pour les filles, la beauté c’est un bon point de départ (attirance) mais la personnalité, l’assurance, ce qu’on dégage sont aussi très importants. Les gars sont donc avantagés par rapport aux filles. Un gars peut développer son approche… et ça s’apprend.

    C’est plus difficile pour une fille qui est moche de devenir belle tout à coup….

    J’ai remarqué ce qui est très important pour une fille c’est la taille, en bas de 5′ et 8 t’es nettement désavantagé. Je dirais même en bas de 6 pieds. Donc faut travailler plus fort pour se démarquer… pour les filles, elles se sentent rassurées par un gars de grande taille. Ça devait être pratique au temps des dinosaures, mais aujourd’hui ??? Ça, c’est dans les gênes…

    Remarquez que les gars on n’est pas mieux. On veut une fille absolument canon car c’est aussi dans nos gênes… pour avoir une progéniture en santé etc. Pourquoi est-ce si important ?? ce n’est pas logique, une fille moche a le même équipement (i.e. sexualité) qu’une très jolie fille, pourtant c’est moins attirant…

    Pour ce qui est de la consommation, c’est difficile de dire le contraire, on vit dans la superficialité, mais il ne faut pas mettre le monde tous dans le même panier…

    Moi, depuis quelques années au lieu d’être ‘frustré’ après les femmes, j’essaie de les comprendre de manière honnête. C’est beaucoup plus intéressant. Je dirais que dans le fond les hommes et les femmes cherchent à peu près les mêmes choses, mais elles ne s’expriment pas de la même façon… bref, on a un problème de langage ou d’expression.

    Bonne journée à tous.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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