La solitude
J’entends souvent dire que le célibat est un problème de société. Je n’en suis pas convaincu… À toutes les époques et dans toutes les cultures du monde, il y a toujours eu des célibataires, qu’il s’agisse de jeunes à la recherche d’un(e) partenaire, de personnes séparées, divorcées, de veufs et de veuves, de «vieux garçons» et de «vieilles filles», ou encore de gens qui exercent des occupations où le célibat est la norme (les métiers qui nécessitent des déplacements constants, la vie en communauté religieuse, etc.).
À mon avis, le phénomène marquant des dernières décennies n’est pas le célibat, mais la forte progression d’un nouveau mode de vie : la solitude. Au Québec, de 1951 à 2001, la proportion de ménages ne comptant qu’une seule personne a bondi de 4,5 % à près de 30 %. Parallèlement, la proportion de familles de six personnes et plus a dégringolé, de près de 30 % en 1951 à seulement 1,8 % en 2001 — voyez les statistiques officielles.
La solitude est une réalité assez répandue au Québec. On voit des gens habiter fin seuls dans de grands appartements où jadis s’entassaient des familles de six, sept, huit personnes… Pour certains, c’est même un choix doublé d’une exigence perfectionniste : «Je préfère la solitude à la vie avec quelqu’un qui ne me convient pas parfaitement.»
On peut apprivoiser la solitude, en faire bon usage, c’est-à-dire profiter de ce repli sur soi pour mieux se connaître, réfléchir, apprendre, créer, et puiser l’énergie pour replonger dans la vie sociale. Pour beaucoup de gens, malheureusement, la solitude est synonyme d’isolement (notamment les personnes âgées, malades, abandonnées, etc., mais aussi des jeunes). Et comme le souligne avec justesse l’animateur Jacques Languirand, «À l’ère de la communication, jamais la solitude des individus n’a été aussi grande».
Nous vivons actuellement dans une culture de l’individualisme et de la solitude, de la crise de la rencontre amoureuse et de l’engagement. La solitude est fréquemment une source d’anxiété pour ceux qui viennent de dire adieu à une relation amoureuse ou qui vivent mal un célibat trop prolongé, mais elle s’observe aussi chez les couples malheureux, dans les familles dysfonctionnelles, dans plusieurs environnements de travail pourris, etc. Pas étonnant que les Québécois consomment autant de tranquillisants et d’antidépresseurs !
Surtout, la solitude dégénérant en isolement peut frapper sans crier gare. Voici un cas de figure. Représentez-vous un homme ou une femme en couple, qui occupe un emploi, avec un réseau social assez étendu ; tous les indicateurs sont au beau fixe. Subitement, le couple éclate ; les amis, mal à l’aise devant cette brusque rupture, prennent leurs distances ; comble de malchance, une perte d’emploi survient ; très rapidement, cette personne voit son réseau social se réduire comme peau de chagrin, elle se retrouve isolée, sans moyens, et sa vie devient un trou noir. Imprévisible descente aux enfers…
Et vous, quelle est votre expérience de la solitude ?
- Voyez aussi le billet «Les célibataires : mythes et réalités»

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Il y a un film qui vient tout juste de sortir qui parle précisément de ce sujet. C’est le film A serious man des frères Coen. Avec un peu d’humour quand même…
Bien des célibataires femmes ou hommes optent pour la solitude. Peur d’être mal ou pas à l’aise dans une relation qui requiert une investigation des sentiments.
En passant, j’ai commencé de lire votre bouquin, mais je m’y remets car je suis curieuse de savoir la fin de cette étude ou essai selon.
L’humour est important dans la vie courante car quoi dont continuer ainsi, moi je trouve toujours un sourire à celui qui me le rend.
Il ne faut pas se fier aux apparences, bien des couples vivent des situations de femmes ou hommes qui ne veulent ou peuvent plus. Ils ont peur de se retrouver fins seuls, ils optent de garder le ou la partenaire car ils sont en terrain connu. Je ne sais pas si c’est la bonne option, mais il faut faire attention car on s’incruste dans une relation malsaine entraînant pleins d’obstacles à l’estime et bien autres choses.