Un soir, un bar (7)
C’est à n’y rien comprendre : samedi soir, à 23 h, le bar est presque vide. Et son coin discothèque est désert. Un samedi !
Pour ma dernière virée au bar de quartier que je fréquente depuis une semaine en espérant être témoin de scènes de séduction et de drague (voyez le billet décrivant la méthodologie de cette expérience de terrain), j’ai décidé d’introduire un élément provocateur : j’ai demandé à une amie de m’accompagner.
Jolie, début trentaine (elle paraît plus jeune), vêtue de manière assez seyante, elle s’est assise au comptoir en prenant soin de laisser un siège vide à sa gauche et à sa droite pour que les hommes puissent s’introduire à ses côtés.
Je me suis assis plus loin, à une table, pour l’observer.
Résultat : pas grand-chose…
Pendant une heure, mon amie a relevé le torse pour bien mettre en valeur son décolleté, elle a joué dans ses cheveux, elle a lancé des regards invitants aux gars qui étaient assis au comptoir. Elle est allée jusqu’à se lécher le bout de l’index d’un air lascif.
Un Latino lui a offert un verre de bière. Autrement, rien de rien. Les hommes au comptoir préféraient regarder le hockey à la télévision (les Canadiens de Montréal affrontaient les Oilers d’Edmonton).
Ainsi se termine cette série de billets sur le quotidien d’un bar de quartier montréalais.
Finale en queue de poisson…
- Tous les billets de cette série : l’introduction, la soirée de dimanche, celles de lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
La pauvre, elle était venue pour rien, sans doute dans l’espoir d’attirer l’attention des mâles présents qui, eux, préfèrent regarder un match de hockey à la télé au lieu de s’intéresser à elle !
Je suis Français, et je constate aussi que ce genre de phénomène prend de l’ampleur en Europe et dans mon pays également. Il y a de moins en moins de dragueurs. J’ai été en vacances d’été en camping, dans le sud-ouest de la France, et à chaque fois que je vais à la piscine avec mon petit frère, je constate toujours ceci : des jeunes femmes célibataires par groupes de deux ou trois, qui se bronzent au soleil sur leur transat au bord de la piscine tout en minaudant et en faisant leur fière, mais rien, rien, aucun mec ne les regardait !!! Eux, ils préfèraient s’éclater dans l’eau entre potes ! C’était comme ça pendant toute la durée de mes vacances ^^
Il y a aussi un autre phénomène tout aussi “extrême”, au Japon cette fois : les Japonais qui sont appelés les “herbivores” , il suffit d’aller sur Google et de taper “herbivores japon” pour comprendre ce qui est en train de se passer au pays du soleil levant. C’est craignos et les femmes japonaises semblent regretter cette passivité masculine. Cela inquiète le gouvernement qui peine à lutter contre la baisse spectaculaire de la natalité. Bref…
Il y a quelque chose que ne tourne plus rond sur Terre. J’avoue que moi aussi, à presque 30 ans, je ne drague plus, tout ça c’est dernière moi. Par lassitude sans doute. Et puis l’image de la femme douce, aimante, gentille a bel et bien volé en éclat.
Merci, ami Français, pour votre référence aux “herbivores” japonais (que je ne connaissais pas).
Le Québec a aussi ses “herbivores”, semble-t-il…
Bonjour,
Je ne sais pas si ça va ajouter quelque chose à la conversation, mais je vais vous glisser un mot sur mon expérience (comme observateur… bien sûr) dans un disco-bar tard hier soir. (Je dois cependant vous dire que j’ai pris plus souvent l’avion que je suis allé dans des discothèques/dico-bar dans ma vie!)
Les ”proies” potentielles étaient rares (deux groupes de petites jeunes, le reste des femmes mariées avec leurs maris), mais il y en a une (dans la quarantaine peut-être) qui soulevait mon intérêt. Elle n’avait pas de bague à la main gauche et elle était dans un groupe de 4 femmes et 2 gars. Les 2 gars étaient les copains de deux autres femmes évidemment. C’est elle qui prit part à ce qui se rapprochait le plus de la seule scène de drague de la soirée. Elle dansait beaucoup (et bien!) et soudain un Haïtien (j’ai reconnu son accent, car nous étions accoudés à la même table), est venu lui parler et ils ont conversé pendant 30 secondes (ils étaient seuls sur la piste pendant ce court laps de temps) et ont fini par danser un slow. Je présume qu’auparavant ils s’étaient parlé quand ils ont fumé dehors (moi je ne fume pas, misère!). L’Haïtien est revenu à la table fier de son coup… mais rien ne s’est plus passé de la soirée! Je me suis posé la question: est-ce une bonne idée d’aborder une femme dans un groupe? De draguer dans un disco-bar? Car sur la piste de danse, même si elle est seule, ce n’est pas vraiment propice à la conversation.
Une autre question qui me passe à l’esprit en rapport à votre livre et votre blog: comment se fait-il que ce n’est que maintenant qu’on en parle? Car je me souviens fort bien qu’au début des années 1990, dans un article (de L’Actualité je crois) sur les étudiants français au Québec, les étudiantes françaises se plaignaient qu’il fallait pratiquement sauter sur les Québécois pour qu’ils les draguent (une seule petite phrase dans tout l’article). Pour moi, ce fut toute une surprise, je croyais être le seul mâle non gai sur Terre à ne pas savoir instinctivement comment draguer! Quand on me demandait, “qu’est-ce que t’attends pour avoir une blonde”, je répondais: “qu’est-ce t’attends pour gagner le million?”
En 1998, un autre article dans une revue (genre SUMMUM, mais plus politiquement correct)discontinuée depuis, parlait des Québécois peu séducteurs, intimidés qu’ils sont par le côté amazone des Québécoises (dixit une Française). À part ça très peu de choses, sinon un article sur la piètre qualité des séducteurs québécois dans un numéro de L’Actualité il y a environ 3 ans. Bon, pour le Québec mieux vaut tard que jamais, mais pour moi, près de la quarantaine, dieu que j’aurais aimé qu’on en parle avant!
@Tournesol: pour répondre à la question que vous soulevez au milieu de votre commentaire (pourquoi parle-t-on maintenant du malaise des Québécois dans les situations de drague et de séduction ? en parlait-on avant ?), je répondrai que oui, on en parlait dans les années 1980 et 1990. Relisez des magazines féminins de l’époque, par exemple, vous verrez qu’il est question de la piètre réputation des Québécois en matière de flirt, de drague.
Le problème que nous vivons aujourd’hui prend sa source au début des années 1980, une période particulièrement déprimante dans l’histoire du Québec. Si vous croyez que les années 1950 furent celles de la “grande noirceur”, vous vous trompez : la “grande noirceur”, c’était les années 1980 ! Une décennie de régression généralisée, sur tous les plans : politique, culturel, etc., et aussi amoureux. Et ça s’est poursuivi dans les années 1990.
Pour comprendre les relations hommes-femmes dans le Québec des années 2000, il faut, à mon avis, revenir sur ce qui s’est passé dans le Québec des années 1980 et 1990. Et à l’époque, il y avait déjà des gens qui sonnaient l’alarme.
Peut-être que tes résultats sont faussés par une trop jolie femme ?
Personnellement, je n’aborde pas les très très jolies femmes, car celles-ci ont tendance à surévaluer leur valeur sur le marché des agents libres et ont des attentes tout aussi irréalistes.
Éric
@Éric: Mon amie qui a bien voulu se présenter seule au comptoir du bar n’était pas intimidante. Elle s’est présentée au comptoir du bar avec beaucoup de naturel. Elle était décontractée, il n’y avait rien d’exagéré dans son comportement. Elle était réceptive à toute approche de la part de ces messieurs. Le drame, c’est qu’il n’y a pas eu d’approches (sauf le Latino qui lui a offert un verre, mais il l’a fait de manière instinctive, sans attendre une seconde, comme par politesse. Il aurait offert un verre à n’importe quelle femme à ses côtés).
Toute la semaine dans ce bar, j’ai vu les hommes et les femmes évoluer à part. Deux solitudes…
J’ai vécu exactement la même situation le printemps dernier. Une heure assise au bar d’un établissement rempli d’hommes de mon âge. Malgré qu’ils circulaient beaucoup autour de moi pour commander leurs consommations, aucun ne m’a adressé la parole. À peine l’un d’eux s’est-il hasardé à me sourire, et malgré que je lui ai rendu ce sourire, niet, pas une parole, pas l’esquisse d’une approche concrète. Désolant ! L’égo en mange une claque, je vous jure.
P.S.: Physiquement, je corresponds globalement à la description faire de « l’amie » dans ce post, alors ce n’est pas parce que je fais peur que personne n’est venu me parler.
Tout à fait normal!!! Avez-vous idée à quel point peut être castrante une femme québécoise à qui on donne de l’attention mais qui n’est pas intéressée? Elle fera ce qu’elle peut pour détruire le peu de fierté qui lui reste simplement pour se conforter dans sa position de femme indépendante et forte! Au lieu d’apprécier le compliment et de signaler son manque d’intérêt, elle sera froide et quelquefois brutale. La plupart des hommes qui désirent une vie stable ou une relation respectueuse ont peur de montrer de l’intérêt parce qu’ils se font rabrouer s’ils font le moindre faux pas.
Le plus drôle : j’ai des dizaines de chums de fille. Je suis très très à l’écoute et un support émotif pour elles, j’ai entendu bien des histoires. Le plus gros problème qu’elles ont avec les hommes ce n’est pas ceux qui sont trop mous et refusent de draguer, c’est l’inverse! Elles ont un problème avec ceux qui leur font toujours des avances! Ça semble un paradoxe mais ce n’en est pas un. Avec le problème décrit par M. Marsan et Mme Gril, les hommes qui séduisent sont ceux qui sont le plus à l’aise avec la technique et qui savent le mieux manipuler les émotions d’une femme. La technique reconnue est “donne-moi de l’attention, donne-moi z’en pu et recommence” (au sens où on donne gentiment de l’attention à une fille dans un court instant, puis on s’enfuit pour la laisser désemparée et confuse. Plus tard, on revient et on agit comme si elle était la seule qui existe. On reste avec elle un peu et on s’enfuit encore. Puis on revient un peu plus tard et on recommence le même manège jusqu’à ce qu’elle soit curieuse. Je n’utilise pas cette technique, je trouve ce jeu stupide et ridicule puisque ce n’est pas de l’intérêt envers la personne, mais simplement envers le petit jeu d’agace).
Si vous saviez la quantité de filles blessées que j’ai pu connaître, la quantité de filles qui croyaient que le mec était intéressé, elles boivent ses belles paroles pour se rendre compte qu’il ne voulait que coucher avec elles. Après ça, quelques semaines plus tard, elles se laisse piéger à nouveau et ça recommence. Elles maudissent les hommes et souhaiteraient qu’ils soient honnêtes! La seule chose que je peux leur dire dans ce temps-là, c’est que celui qui tente de la séduire a 95% de chances de ne vouloir que son p’tit cul. Si elle est très belle en plus, cette proportion monte à 99,9%. Une en particulier me disait récemment qu’un gars qui en vaut la peine est très rare, que la grande majorité de ceux qui l’approchent sont manipulateurs…. NORMAL, les autres ont tous la chienne de t’approcher!
C’est rendu profond comme problème et même les femmes ne sont pas bien là-dedans et associent tous les hommes avec ceux qui tentent de les séduire pour avoir du sexe.
Kevin,
Toutes les filles de toutes les origines préfèrent les ”bad boys” et les ”good guys don’t get laid”, comme on sait! C’est instinctif, et presque une règle au même titre que les règles menstruelles!
Les filles voient dans le fait d’être ”mauvais garçon” une preuve de force de caractère. Et elles se croient les élues du mâle dominant!
Désolé, mais elles devraient contrôler leur instinct (ou du moins réveiller celui de préservation!), se rappeler que les ”bad boys”, avant d’avoir le caractère fort, se reconnaisssent surtout parce qu’ils font des ”bad things”!