Un soir, un bar (1)

 

Un dimanche soir pluvieux, il ne faut pas s’attendre à des foules dans les bars de Montréal. Ma petite expérience de terrain, qui consiste à fréquenter le même bar tous les soirs pendant une semaine pour y observer d’éventuelles scènes de séduction (sur le pourquoi de cette expérience, voir mon billet d’hier), a donc débuté ce dimanche soir dans une ambiance semi-désertique.

Lorsque je suis arrivé au bar, le portrait était le suivant : au comptoir, un homme seul contemplait la mousse de sa bière ; trois ou quatre personnes, dans un coin, jouaient à la loterie vidéo ; musique pop en sourdine — le volume était étonnamment faible ; des écrans de télévision diffusaient des émissions sportives. Dans ce bar, il y avait plus d’écrans (téléviseurs, loteries vidéo) que d’êtres humains.

Un peu plus tard, j’ai vu un couple s’attabler pour prendre un verre.

Au comptoir, j’ai eu tout le loisir de bavarder avec la seule serveuse de l’établissement. À un moment donné, je lui ai carrément demandé : «Ici, est-ce que c’est une bonne place pour cruiser ?» Elle m’a répondu que non, bien que la clientèle soit surtout composée de jeunes et d’étudiants.

Nous sommes dans le seul débit de boisson du quartier qui ait une image un peu sexy (ambiance de bar rencontre, happy hour, etc.). Si les jeunes et les étudiants des environs ne le fréquentent pas pour draguer, où font-ils leurs rencontres amoureuses ? Sur les bancs d’école ? Sur Internet ?

Je leur poserai la question cette semaine.

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3 commentaires à Un soir, un bar (1)

  • Olivier Laniel dit :

    Bonjour M. Marsan, visiblement mon article sur les jeunes adultes et la drague vous a inspiré :) Cependant, petit bémol, je connais peu d’étudiants qui “sortent” dans des bars ou des boîtes de nuit le dimanche soir. Les jeudis, vendredis et samedis soirs certainement, mais beaucoup moins souvent le dimanche. La raison est simple, le lendemain il y a l’école ou le travail. Donc le dimanche soir, ils seront surtout à la maison, entre amis ou dans des cafés en train d’étudier, de discuter.

    J’ai quelques suggestions d’endroits pour vous. Si cela vous intéresse.

    Olivier Laniel
    journaliste pigiste

  • Bonjour Olivier Laniel,

    Je me doute bien que le bar que je fréquente cette semaine est assez tranquille le dimanche, le lundi, le mardi… Je veux simplement observer ce qui se passe (ou ce qui ne se passe pas) tous les soirs d’une semaine dans un bar de quartier.

    Je pourrais bien sûr consacrer un samedi soir à un bar m’as-tu-vu du Plateau Mont-Royal ou à un établissement super chic de la rue Crescent au centre-ville, où j’aurais plus de chance d’assister à des scènes de drague. Mais ces bars me semblent un peu caricaturaux, et ils attirent des gens qui viennent de l’extérieur de Montréal, des touristes, etc.

    Ce n’est pas le genre de bar que je veux fréquenter cette semaine. Je veux simplement observer l’activité d’un bar de quartier qui attire une clientèle locale.

    Je suis bien sûr intéressé à connaître vos suggestions. (Êtes-vous un pilier de bar? ;-) )

  • Mazsellan dit :

    Quelle bonne idée… que je n’ai pas eue. Ça vous fera de bons billets ;-)

    Et à l’inverse, pour ceux qui ne savent pas draguer ou quoi – et dans un bar moi, j’en suis -, aller observer comment ça se passe de visu, en spectateur, je pense qu’il s’agit d’une bonne façon d’évoluer et d’être proactif au lieu d’attendre l’opération du St-Esprit. Ouf, encore qu’il faut prendre le taureau par les cornes.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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