Dans les médias (2)
Le quotidien La Presse, dans son édition de ce matin, nous consacre un bel article.
Hier, le journaliste et blogueur Steve Proulx signait une critique, «La drague n’est plus», dans son blogue hébergé par l’hebdomadaire Voir.
Le 1er septembre, MSN Style de vie a publié une entrevue intitulée «Les Québécois, déficients de la drague».
Le quotidien Métro Montréal, pour sa part, a publié mardi dernier une entrevue avec Jean-Sébastien.
Sans oublier le Roméo québécois selon Ygreck, caricaturiste au Journal de Québec.
- Pour consulter le travail des médias sur notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer… et encore moins séduire et sur le blogue que vous lisez actuellement, cliquez ici.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Oui, la drague est démodée et ça n’a rien de politique, voire de local, c’est un phénomène occidental et contemporain. Et ce n’est sûrement pas la faute des femmes, celles-ci seront les premières à en subir les conséquences.
Le noeud du problème est à peine mentionné dans l’article de Sylvia Galipeau “To drague or not to drague”. La drague devient une perte de temps pour ces hommes qui préfèrent l’effet pop-corn du porno ou cybersexe ou encore de ces gens, hommes ou femmes, qui s’introduisent dans les réseaux de rencontre. “Avez-vous un web cam” demandent les monsieurs, condition à une formation à distance, du sexe virtuel.
Les trois A : abordabilité, accessibilité, anonymat.
C’est un fléau anéantissant toute réalité humaine et la singularité même des corps sexués.
“On asservit mieux les hommes avec la pornographie qu’avec des miradors” – Soljénitsyne.
Les gens en parlent peu. C’est une hypocrisie organisée.
Renée Dion,
Bachelière en Histoire de l’art
Recherche : Histoire de la sexualité et cybersexe
Bonjour M.Marsan,
J’ai 40 ans, je suis célibataire et j’avoue n’avoir jamais dragué de ma vie!
Du moins, pas dans le sens où vous l’entendez: dans un bar, à chanter la pomme à une femme en attendant sa gifle, son verre dans le visage, la poursuite pour harcèlement ou, si vous êtes chanceux seulement, un woush! woush! woush! ou un “fais-de-l’air épais!” Non, je n’ai jamais essayé cela!
Cependant, je pense quand même en avoir long à dire!
Pour commencer, en réponse à votre affirmation que la drague devrait être un “jeu”, je peux vous dire qu’étant de la génération X, il a fallu que j’en “drague” un coup plus jeune! Comment? Eh bien, ne pouvant trouver d’emploi permanent dans les années 1990, je devais sans cesse passer de nouvelles entrevues de sélection où le même “niaisage” (pardonnez-l’expression) était à l’honneur: “…montre-toi intéressé par la job… mais pas trop sinon on va croire que tu es désespéré!…” Pour moi la drague, c’est ça!
C’est même bien pire, car avec la drague il faut en plus deviner si son NON veut dire NON ou si ça veut dire “peut-être mais il faut que travailles pour m’avoir”. Devinez pas bien et vous risquez la poursuite en harcèlement ou au mieux une humiliante bonne claque au visage devant tout le monde!
Avant que je trouve un emploi permanent en 2000, je n’étais pas un bon parti, donc pas question de draguer (à moins d’être un baratineur professionnel ou bâti comme un chippendale, et je ne suis ni un ni l’autre), mais après j’en avais plus que soupé du jeu de la séduction!!!
Il est fort possible que je sois le seul dans mon cas (et vous saurez plus loin pourquoi), mais malgré mon écoeurement, la nécessité de me trouver un emploi me poussait à poursuivre le jeu! Or l’aspect “nécessité” n’est pas présent (du moins pas avec autant d’urgence) dans le cas des conquêtes féminines. Et comme sur les sites de rencontres, les listes d’exigences des femmes ressemblent aux pires annonces d’emploi (manque juste le “5 ans d’expérience nécessaire”!),on se dit “attend donc ou cherches donc une moins difficile” et on attend… on cherche… on attend etc.
Ensuite, pour en revenir au bar (ou ailleurs), je dois dire que moi-même me faire accoster par un inconnu alors que je veux avoir la paix, je trouve cela agressant! Agressant dans le genre se faire déranger à la maison par du télémarketing pendant qu’on est très occupé! Je “subis” le télémarketing maintenant, mais j’en ai aussi fait avant et dieu sait que je détestais ça, car les gens me le faisait clairement sentir que je les agressais!
J’ai du mal à faire ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse!
Mais plus important, je crois que beaucoup de gars comme moi se font la même idée quand ils voient un dragueur à l’oeuvre: un “fendant” ou un “gino” qui se prend pour un autre s’il n’a pas le physique de Georges Clooney ou l’autre non moins fendant qui a effectivement le physique de Georges Clooney et pense que la femme lui est due.
J’insiste sur les termes “fendant”, “gino”, et je pourrais ajouter le genre “beau-frère” (au figuré!). C’est l’image que j’ai des dragueurs et c’est cette image que j’ai à l’esprit quand les femmes cherchent quelqu’un de “confiant” ou “sûr de lui”! Je suis plutôt du genre “on se garde une petite gêne”!
C’est à ça qu’elles veulent que je ressemble? Je ne serais pas capable de m’endurer moi-même! Il y a des limites à la capacité d’un gars de faire semblant! Et qu’on me dise pas que les femmes veulent que l’on soit “nous-mêmes”: l’expression “good guys don’t get laid”, vous connaissez?
Moi, à l’école, les filles se pâmaient tous pour le pire bully menteur, fendant et voleur de l’école!
À ce propos, je ne suis pas d’accord avec vos conclusions sur l’école qui empêche le développement de la drague: les Québécoises ont beau avoir de meilleures notes à l’école, elles sont aussi dépourvues de culture générale que les Québécois. En quoi la culture générale les séduirait?
Tout le monde sait que les filles/femmes n’aiment pas les Nerds mêmes une fois que ces derniers ont perdu leur acné!!!
Pour finir, se peut-il que si certains ethniques ont tellement de succès auprès des Québécoises c’est parce-que celles-ci ont plus de tolérance pour eux? Sachant a priori que la drague fait parti de la culture des Italiens, Latinos, Maghrébins etc., elles sont plus indulgentes. Je pose la question car à l’université, un don juan marocain avait un de ces baratin avec les Québécoises, qui n’aurait jamais passé provenant d’un Pure-Laine!
Je cois que que mes questions/points soulevés sont pertinents. À vous de juger.
Pour être honnête cependant, ma connaisance en matière de drague découle surtout de ce que je vois, entends et lis car je ne saurais entrer dans la catégorie du Québécois moyen étant atteint du syndrome d’Asperger, ce qui handicappe sérieusement mes relations interpersonnelles, d’autant que je n’ai pas le physique pour compenser.
Bonjour Tournesol,
Tous les éléments que vous soulevez dans votre long commentaire sont bien sûr très pertinents. Y répondre en détail, un par un, me demanderait pas mal de temps. Je me contenterai de commenter l’aspect générationnel, ces difficultés que vous avez éprouvées parce que vous êtes de la Génération X.
Moi aussi je suis un X. Dans les années 1990, je gagnais assez mal ma vie (d’autant plus que je voulais gagner ma vie en écrivant…). J’ai pu constater à quel point la précarité d’emploi et financière a effectivement des impacts ravageurs sur les relations interpersonnelles. Les décennies 1980-90 ont dégradé les relations hommes-femmes, j’en suis convaincu: ce qui se passait dans la sphère publique à l’époque (économie instable, précarité d’emploi, effondrement des idéologies progressistes, vide existentiel, gouvernements insipides, perte de prestige des institutions, en bref une société en régression) a déteint sur la sphère privée.
De plus, les Québécoises sont très exigeantes, déterminées; elles cherchent souvent chez l’homme un potentiel d’avenir (tandis que l’homme, lui, cherche souvent l’aventure d’un soir). Sur le plancher de la séduction et de la drague, mesdames se montrent souvent rudes avec les hommes qui ne les intéressent pas (le “fais-de-l’air-gros-épais”), car elles veulent exercer un contrôle total sur leur vie, sur leur environnement, sur leur destinée.
Je n’en veux pas du tout aux Québécoises d’être si sûres d’elles-mêmes. Pour moi, les Québécoises sont épatantes, je ne voudrais pas vivre dans une autre société. Le problème, c’est que le discours entre les sexes est au mieux très difficile, au pire rompu. Vous l’exprimez très bien dans plusieurs passages de votre commentaire, il me semble. (Et c’est ce qui m’a poussé à créer ce blogue.)
Merci d’avoir pris la peine de nous écrire si longuement. Et poursuivons le débat!
Intéressantes toutes ces opinions, mais je crois qu’il y a confusion. Il semble qu’hommes et femmes confondent être macho et être masculin. Macho et masculin ne sont pas synonymes. Le macho a une personnalité d’adolescent, mais il tente d’agir comme un homme. Un vrai homme a intrégré sa masculinité et agit de façon intrègre avec lui-même en tant qu’homme. Il a un comportement masculin et non macho. Alors puisqu’être macho est sanctionné, et avec raison, il ne se passe pas grand chose de la part des hommes puisque ce côté masculin est confondu avec le comportement macho. Et certaines femmes se contentent des “machos” à défaut des “masculins”.
Les mères québécoises ont fait et font pour ainsi dire du bon travail avec leurs fils, mais comment une mère peut-elle faire un homme de son fils? Infailliblement en tant que mères elles en font de bons gars et c’est bien ainsi. Mais un bon gars n’a pas les caractéristiques masculines recherchées pas les femmes. Il n’y a que les hommes qui puissent initier leurs fils à la masculinité. Ces initiations font défaut.
Votre bouquin est fascinant et tristement véridique. Cela dit, je trouve assez lassant d’entendre que le fait que 5% de femmes (because le féminisme) vont envoyer promener un mec galant et c’est ce petit nombre de femmes qui ferait que TOUTES le autres n’aiment pas être séduites… TROP FACILE et un peu lâche, non ???? C’est un peu comme si le fait qu’il y ait quelques machos me faisant haïr et prendre mes distances avec TOUS les hommes. TOUTES les raisons sont bonnes lorsqu’on ne veut pas voir notre propre peur, notre propre lâcheté. Toutes les femmes ne sont pas des enragées et tous les hommes ne sont pas des écoeurants. Je reviens d’Italie où j’ai passé trois mois merveilleux et même à 40ans, j’ai reçu plus de COMPLIMENTS en un mois là-bas qu’en deux ans ici.
Les hommes de notre âge se démènent plus avec la jeune femme de 20 ans qu’avec une femme de leur âge. DOMMAGE! Et puis il faut dire que les compliments sont une chose, mais beaucoup d’hommes ont des approches tellement VULGAIRES que ça déroute parfois. Encore faut-il SAVOIR comment le faire élégament quand on parle de séduction. C’est bien triste tout cela !!!!