C’est la faute de l’école

Le Québec, à l’évidence, ne possède pas de culture de la séduction : aucun équivalent de l’amour courtois médiéval, de Casanova, Cyrano de Bergerac ou Don Juan. Non seulement parce que la société québécoise est jeune (seulement quatre siècles et quelque d’histoire), mais aussi parce que son système d’éducation ne transmet rien qui puisse nourrir une culture de la rencontre amoureuse, de la galanterie.
J’ai l’impression qu’il existe un lien entre le triste état de notre système éducatif et le piètre état de la drague et de la séduction au Québec. Vous en doutez ? Suivez mon raisonnement. Je peux me tromper, je ne prétends pas être un expert du système éducatif québécois, mais s.v.p. prenez la peine de me lire jusqu’au bout et de réserver votre jugement.
Voici ma compréhension du système d’éducation au Québec, en me basant sur ce que j’y ai vécu (17 années sur les bancs d’école), sur ce que je peux observer chez les jeunes de mon entourage, sur les témoignages de mes proches et amis qui travaillent dans le réseau scolaire, etc.
L’école québécoise ne transmet plus l’héritage humaniste occidental, seulement quelques éléments épars de culture occidentale (et encore). Sous l’influence d’une dérive idéologique que l’on appelle aujourd’hui «sciences de l’éducation», le ministère de l’Éducation du Québec a fait table rase, a rompu avec nos racines historiques (un héritage qui remonte à l’Antiquité, aux civilisations grecque et romaine). Par exemple, on n’enseigne plus le grec ancien et le latin au Québec sous prétexte que ces langues ne sont pas «utiles». L’école a baissé les bras devant la civilisation de l’image (au premier chef la télévision) et sa culture de la passivité ; elle a même tenté d’intégrer l’audiovisuel à l’enseignement, avec des résultats déplorables. Le cours magistral, qui a fait ses preuves pendant des siècles, est remplacé par la «pédagogie par projets» (en langage clair : occuper les jeunes avec des activités d’équipe), autrement dit par le refus d’enseigner, de transmettre. Les enseignants formés aux prétendues sciences de l’éducation ne sont d’ailleurs plus des enseignants, mais des super techniciens en «gestion de la classe».
L’école replie les jeunes sur eux-mêmes au lieu de les ouvrir au monde. Les adolescents que je côtoie me semblent souvent privés de repères, ignorants du passé, dépourvus des connaissances de base pour comprendre le monde dans lequel ils vivent, pour agir sur la société. Des individus plongés dans un trou noir existentiel. Et ce sont pourtant des jeunes très intelligents ; leur drame, c’est de fréquenter jour après jour une école qui anesthésie leur curiosité. Généralement incapables de maîtriser leur langue (donc incapables d’exprimer leur présence au monde et leur pensée, encore moins capables d’assimiler et de synthétiser la pensée d’un autre), coupés de leur histoire culturelle et de leurs racines, ces personnalités sans structure sont constamment sommés de témoigner de leur «vécu», constamment réduits à leur petite personne et à leurs préoccupations immédiates.
Sur cette satanée culture du «vécu», voici un exemple concret. C’est la rentrée à l’école secondaire, et je viens d’apprendre entre les branches que des enseignants diluent le nouveau cours Éthique et culture religieuse : ils réduisent l’enseignement sur l’histoire des religions pour insister sur la dimension éthique, et celle-ci se résume à des séances de prêchi-prêcha sur la tolérance, le respect, la justice, etc. Les profs en profitent aussi pour faire des sermons sur le fléau de la drogue et les périls des relations sexuelles sans contraception. En somme, des discussions sans fin avec les élèves sur leur «vécu».
Les étudiants adultes, pour leur part, ont souvent une mentalité de clients, surtout à l’université. Sous prétexte qu’ils paient des frais de scolarité, ils croient que tout leur est dû, ils s’attendent à un retour sur investissement. Leurs études ont autant d’importance dans leur existence que leur emploi, leur voiture, leurs sorties, leurs projets de vacances, etc. Dès qu’un prof se montre exigeant, ils protestent : «Hein, il faut lire un texte de 75 pages ? Et le résumer ?!? Mais je n’ai pas le temps !»
Tout le système éducatif québécois est bêtement utilitariste, c’est-à-dire axé sur les connaissances «utiles» en fonction du marché du travail. L’école québécoise ne fait que garrocher un maximum de main-d’oeuvre sur le marché du travail. J’ai bel et bien écrit «main-d’oeuvre», pas «diplômés» ; le diplôme est aujourd’hui une option, au même titre que le décrochage. (Mais ce système éducatif est si bancal qu’il échoue à valoriser la formation professionnelle et l’apprentissage de métiers actuellement affligés de… pénuries de travailleurs qualifiés !)
Tant de Québécois ont gâché leur jeunesse dans des institutions qui rabaissent les exigences et «normalisent» (à la hausse) les notes pour atteindre le «taux de diplomation» souhaité par le gouvernement… En fin de compte, ils n’ont retenu qu’une leçon pendant leur passage à l’école : l’effort, la culture générale, l’autonomie intellectuelle et l’esprit critique n’ont aucune importance. Des enseignants qui ont encore la vocation ont bien tenté de leur démontrer la valeur intrinsèque du savoir, mais comme cette valeur n’est pas quantifiable en salaire ou de manière concrète, la mentalité client n’y trouve pas son compte. À l’école, bien des Québécois apprennent la loi du moindre effort, se résignent, accumulent patiemment les diplômes en espérant que ces bouts de papiers leur seront utiles pour décrocher un emploi. Quand ils ne supportent plus de perdre leur temps, ils décrochent.
Vous vous demandez sûrement où je veux en venir, où se situe le lien avec la séduction et la drague.
Je vous explique.
Pour conquérir le coeur d’un être humain, il ne suffit pas d’avoir un look d’enfer et une haleine fraîche, d’exhiber un beau body bronzé ou de rouler en voiture sport. Il faut essentiellement…
- maîtriser ses moyens d’expression (la langue orale et écrite, le langage corporel, etc.) ;
- avoir quelque chose d’intelligent à dire (en s’appuyant sur la culture, sur une certaine connaissance du monde, etc.) ;
- démontrer une identité bien structurée, solide, affirmée (savoir clairement d’où l’on vient et être capable de se projeter dans l’avenir).
Et sur tous ces éléments, le système éducatif québécois est en situation d’échec. Un gros zéro.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Bonjour monsieur Marsan,
Sur un point en particulier, je suis entièrement d’accord. L’assujétissement du système d’éducation aux exigences des employeurs, par le biais des politiciens gagnés à l’idéologie néolibérale, est d’abord et avant tout LE problème. À partir du moment où le choix a été fait de faire de l’éducation des travailleurs et des consommateurs avant de faire des citoyens, au détriment d’une culture générale acquise sur les bancs d’école, nous avons désormais cette prolifération de gens incapables de s’exprimer correctement ou de comprendre un texte. C’est ainsi que les employeurs se sont assurés d’avoir une main d’oeuvre à bon marché localement, corvéable à merci. Comment ces jeunes peuvent ensuite démarrer un projet de vie, dans un couple, s’ils ne comprennent pas tout ce que ça signifie?
Intéressante et troublante réflexion…
J’ai bien l’impression qu’il y a beaucoup de vrai dans ces propos.
C’est sûr que l’école a plusieurs lacunes… Être assis sur un banc d’école toute sa jeunesse, en passivité, avec des groupes qui changent continuellement… On apprend a être d’excellents soldats pour nos futurs boss. Les pauvres professeurs doivent rattraper le fait que les liens de famille et de communauté n’existent plus… Alors, ça alors.. BONNE CHANCE… ça n’arrivera jamais.
Je me fais draguer souvent par des hommes de la génération boomer. Ils n’ont pas de misère… et ont été a l’école. Mes parents ont grandi dans une culture où l’école était une option, durait une demi-journée, et à 16 ans ils avaient fini. Ils n’ont pas de problème de drague.
On m’a fait remarquer hier que mon billet sur l’école québécoise manquait de nuances. J’ai dû me rendre à l’évidence: j’ai tourné les coins ronds. Quand on s’exprime en quelques paragraphes dans un blogue, on a tendance à généraliser…
Je vais donc apporter deux nuances à mon billet.
1) Il existe au Québec une formidable institution scolaire : le cégep. C’était une excellente idée, à la fin des années 1960, de créer cette passerelle entre le secondaire et la suite des choses (l’université ou le marché du travail). Avec sa panoplie de formations et d’activités parascolaires, le cégep permet aux jeunes d’ouvrir leurs horizons, de mieux se connaître, de faire des choix de vie. J’ai conservé de bons souvenirs de mon passage au cégep. (Dommage que les gouvernements s’acharnent à normaliser les cégeps, à leur imposer des carcans, au lieu de favoriser leur autonomie.)
2) J’ai connu de bons profs pendant mes 17 années de scolarité, de véritables enseignants qui avaient la vocation. Ils étaient certes beaucoup moins nombreux que les mauvais profs ou les profs désabusés, mais ils étaient là, et c’est ce qui a fait toute la différence.
Cela dit, je ne renie pas la trame de fond de mon billet sur l’école québécoise : sa raison d’être est pourrie à la base (au lieu de former des citoyens, elle forme des travailleurs-consommateurs), et elle ne transmet pas grand-chose qui puisse favoriser une culture de la séduction, de la rencontre amoureuse.
C’est intéressant. Cependant, si les hommes et les femmes proviennent du même réseau disons, déficient, leurs attentes devraient être les mêmes, non ? (C’est-à-dire basses.)
Ou alors, malgré que le système d’éducation soit incapable de former des jeunes citant du Beaudelaire et aptes à nommer les capitales du monde, ça n’affecterait pas leur désir de trouver un partenaire de haut “calibre” ?
Beaucoup de jeunes, entre autres à l’école (mais n’oublions pas les parents), se sont tellement fait dire qu’ils étaient tellement bons, beaux et fins qu’ils n’attendent rien de moins que la perfection d’un(e) partenaire. Pourquoi auraient-ils moins que ça, puisqu’ils sont “the best thing since sliced bread” ?
Un couple, c’est fait pour s’amuser mais aussi pour s’apprendre mutuellement beaucoup de choses, pour nous aider à devenir le meilleur de nous-même. Et c’est souvent difficile, car il n’y a rien de plus efficace qu’un chum ou une blonde pour nous remettre nos pires défauts dans la face.
Si on n’a pas pu apprécier l’utilité d’un parent ou d’un professeur qui nous enseigne et nous corrige, ça devient très difficile d’accepter la critique (ou l’échec) amoureux.
Stéphanie,
Je suis tout à fait d’accord avec ta définition du couple. J’ai rarement rencontré des femmes dans mon cas qui aient cette vision du couple. Il semble qu’il y ait peu d’hommes et de femmes qui ont cette vision du couple, compte tenu du nombre incessant de séparations et de divorces.
Il fut un temps ou le mariage était pour la vie. Certaines et certains ont souffert de demeurer dans des mariages invivables, mais plusieurs ont eu dans ce contexte l’occasion d’évoluer et de se dépasser. Aujourd’hui c’est le contraire qui se passe, dès que c’est plus difficile, qu’on se sent mal, on termine la relation. On évite… de se voir, d’accepter ce que l’autre nous renvoie de nous-mêmes. Ça fait pas mon affaire, je te laisse. La porte de sortie est toujours entre-ouverte. Bien sûr il y a des limites évidentes qui justifient une séparation. Autrement qu’est-ce qui fait qu’on doive absolument se séparer pour devoir comprendre… ou se comprendre ? C’est probablement parce qu’on n’a pas cette vision du couple que tu as. Cette vision fait partie de l’engagement (réel et non romantique) envers soi , envers l’autre et envers le couple.
Monsieur Marsan,
Je sais qu’en tant qu’auteur, vous devez ménager les susceptibilités de vos lecteurs. Mais appeler un “chat” un “chat” n’est pas une atteinte à la sainte Nature.
L’école québécoise formate les jeunes mâles de la même façon que l’école cubaine forme au petit-communisme. Il n’y a qu’à entrer dans une école pour constater que 95% du personnel est féminin. Le programme du MEQ s’intègre dans un enseignement féminisé où la compétition est bannie, où le classement est interdit, où la notation est mal vécue, où l’agitation est proscrite et où le “on est tous des amis” prime sur tout autre concept.
Cela fait l’affaire des filles qui aiment étudier dans le calme et la bonne humeur. Mais ça dénature les garçons qui veulent progresser dans la compétition et la victoire.
L’école québécoise castre mentalement ses petits garçons, dès le plus jeune âge, en les contraignant à des comportements de filles. Elle les castre chimiquement avec le Ritalin et les forçant à la tranquillité de l’autre sexe.
Et vous voulez qu’après 20 ans de ce régime, le jeune mâle retrouve de sa superbe et devienne le chasseur qui aborde les femmes et les séduit de sa belle assurance?
Vous rigolez ou quoi?
Vous avez vu à quoi ressemble un bœuf par rapport à son frère le taureau? Il n’est bon qu’en viande hachée. Au lieu de laisser les jeunes garçons brûler leur testostérone dans les cours de récréation, on les force à marcher au pas, à partager leurs activités avec les filles tout en se calmant “le pompon” et à ne pas courir parce que ce n’est pas “sécuritaire”.
Je parle d’expérience. J’ai eu un fils dans le système québécois. De tubes de Ritalin en pédo-psychiatres il a finit en France où il a intégré une école publique sans aucun problème autre que de perdre une année pour niveau insuffisant. Ici, il peut jouer au foot dans la cour de l’école, il peut se batailler avec ses copains sans se voir administrer une pilule, il est noté et classé parmi les autres élèves.
Mais rien n’est acquis parce qu’ici aussi, les lobbies féministes et de gauche veulent imposer leur nivellement par le bas et le soutien-gorge.
C’est l’école d’hier, monsieur Marsan, qui a fait les jeunes d’aujourd’hui. C’est le féminisme castrateur institutionnalisé au Québec qui a fait les “hommes roses” d’aujourd’hui. Ce sont les médias qui font passer les hommes pour des saligauds, violeurs, prédateurs, pédophiles, meurtriers (…) et les femmes pour des saintes-nitouche éternelles victimes, qui castrent les hommes.
À midi, on ne s’étonne pas qu’il fasse jour. On récolte généralement ce que l’on sème. Quand le harcèlement sexuel est inscrit dans la Loi et se définit par un regard poussé, quand les questionnaires sur la violence faite aux femmes considèrent probants les œillades osées et les compliments non-équivoques, on peut comprendre l’intérêt soudain des hommes pour la bière et le hockey.
L’homme, foncièrement, est un chasseur. Il n’aime pas être chassé. Il n’aime pas qu’on lui vole la prérogative. Il n’aime pas être soumis. Il n’aime pas être dessous (…) Ce n’est pas de sa faute, c’est dans les gènes. Imposez-lui tout cela et vous en ferez un castrat qui sûrement, et c’est souvent malheureux, finira content de son statu et ira même le défendre en prétextant tous les avantages paritaires que la société a révélé à sa mauvaise nature de naissance et que l’idéologie du Meilleur des Monde a corrigé sans son désir de faire de l’homme “une femme comme les autres”.
Eric Zemmour, dans Le Premier Sexe, parle bien du gommage du masculin considéré comme primate, arriéré et macho, par des bien-pensants urbains, souvent homosexuels mais se définissant comme les artisans d’un “nouveau monde”, d’un monde asexué où les femmes seraient gardiennes des clefs de la Vie et les hommes, relégués aux tâches subalternes.
Le problème: la femme a besoin d’admirer pour aimer. Et admirer veut dire, regarder en haut, lever le menton et se pâmer.
L’admiration, ca ne se décrète pas dans un formulaire du CLSC. L’amour non plus. Au final, hommes et femmes vivent côte-à-côte, chacun dans leur frustration animale, dans le vide des enfants qu’ils ne font plus.
Parce que je ne vous ai pas encore parlé des divorces et du système, tellement égalitaire, de la justice familiale au Québec. Un autre sujet qui pousse les hommes à la drague effrénée et à la corde au cou (au Québec, malheureusement, plus au sens propre qu’au figuré)
On vous laissera ça pour un prochain ouvrage.
Monsieur Takvorian, merci pour votre commentaire et témoignage.
Mon billet sur l’école québécoise est basé sur mon expérience personnelle. À l’époque, les femmes dominaient l’enseignement primaire, mais au moins on permettait aux garçons de courir dans la cour de récréation, de jouer à se battre, etc. (Je me souviens notamment de longues batailles de balles de neige qui dégénéraient en bagarres généralisées, c’était très rigolo.) À l’époque, il y avait encore pas mal d’activités sportives pour les garçons. Et rien ne brimait les filles dans leurs choix, leurs activités.
Il est vrai qu’aujourd’hui, la situation est inversée. Le Québec est une société qui se féminise, et très rapidement. Les femmes dominent déjà l’Éducation et la Santé (deux importants secteurs d’emploi et les deux mamelles du gouvernement provincial), elles influencent de plus en plus le reste de la société. Ce ne sera pas long, les femmes vont bientôt prendre le leadership du Québec tout entier.
Personnellement, je n’ai rien contre. J’aime l’intelligence, le dynamisme et l’énergie des Québécoises. Le mouvement féministe québécois me semble un phémonène positif à 99%. Ce que je déplore, c’est le triste état des relations hommes-femmes et la rupture du dialogue amoureux au Québec. Pour améliorer les choses, je crois qu’il ne sert à rien de déverser une tonne de reproches sur les féministes, sur les enseignantes du primaire, sur Jeannette Bertrand, etc. Je crois plutôt que les hommes devront se redéfinir, décrire exactement dans quel type de société ils veulent vivre, quels types de relations amoureuses ils veulent vivre, et renouer le dialogue sur ces bases.
Dans les années 1970-80, les féministes ont décrypté, interrogé l’homme en profondeur. Ce qui serait formidable, c’est que des hoministes (l’équivalent des féministes) décryptent, interrogent les femmes en profondeur, mais pas dans une optique de guerre des sexes; il faudrait que cet exercice se déroule dans le dialogue.
Qu’en dites-vous?
Ce que j’en dis monsieur Marsan?
Il me semble que, comme nombreux, vous avez capitulé.
Les féministes ont fait la guerre aux hommes de la même façon que les hordes sauvages envahissaient les campagnes: pour occuper les places à prendre.
Elles n’ont pas cherché à décrypté l’homme, elles l’ont copié.
Tellement pas original.
On a eu droit aux Jane Birkin et autres androgynes aux seins plats (étonnamment, cela correspondait au look des Beatles, corps d’Anglais, osseux et imberbes, tellement loin des Conan le barbare) et à la revanche sexuelle plus que libération. Le fameux “droit à l’orgasme”.
Toutes les femmes ne sont pas féministes. C’est seulement une minorité qui l’est et qui disculpe une misandrie suspecte (aux racines profondément enfouies dans un lesbianisme plus ou moins exhibé) par une idéologie prétendument moderne et salutaire.
Et l’idéologie féministe est étonnamment simplificatrice: “femmes, agissez comme des hommes, copiez-les, faites comme eux. Le mâle est le modèle. Vous en êtes capables…”
Une femme qui se déguise en homme, on appelle cela une féministe.
Un homme qui se déguise en femme, on appelle cela un travesti.
Enfin, travesti, dans le temps. Aujourd’hui, c’est plutôt un metro-sexuel, un homme-rose, un homme-réinventé à la virilité d’un sac à main.
Parce que le féminisme primaire, des années 70, s’est vite heurté à un plafond de verre: les femmes ne trouvaient aucun intérêt à copier les hommes. D’abord elles n’étaient pas taillées pour. Ensuite, elles n’en avaient tout simplement pas l’envie. Si par la simple force des choses, depuis des millénaires, les choses étaient ainsi, ce n’est pas d’une lubie de féministe qu’un beau matin, Dieu recevrait un zéro pointé de Jeanette Bertrand.
Le féminisme secondaire, des années 80, désolé de constater qu’il était assez difficile de transformer des femmes en hommes (d’autant que la maternité en prenait un sale coup), elles décidèrent, avec l’aide des gouvernements habillement noyautés, de transformer les hommes en femme.
Le but étant l’unisexe dans la vie de tous les jours et, pourquoi, soyons fou, dans les lits (l’homosexualité devenant un modèle absolu de perfection).
Si vous cliquez sur mon nom, vous lirez une petite nouvelle écrite il y a quelques années. Elle part de votre postulat (Le mouvement féministe québécois me semble un phénomène positif à 99%) mais se concentre sur le 1% qui reste.
Le tout est de savoir quel poids donner à ce petit 1%.
Lisez-la.
M. Takvorian, votre commentaire me semble plein de ressentiment envers une période révolue, celle du féminisme des années 1970-80.
Il y a eu effectivement à cette époque des dérapages, des discours extrémistes, des comportements inacceptables de la part des féministes radicales. Les féministes radicales n’étaient pas les seules extrémistes des années 1970: il y avait des marxistes-léninistes, des trotskystes, des maoïstes et autres individus hyper-doctrinaires. Mais bon, je le répète: c’est une époque révolue. À quoi bon s’acharner sur la minorité de féministes qui sont allées trop loin dans le discours idéologique et dans la haine des hommes? Aujourd’hui, ces féministes sont passées à autre chose. (Et le reste du Québec aussi.)
Le Québec des années 2000 a bien intégré les acquis du féminisme: nous vivons dans la capitale mondiale de l’égalité des sexes! Le féminisme a cependant provoqué des malentendus, des incompréhensions qui nuisent à la séduction et à la drague. Et c’est cela qui m’intéresse.
Cultiver la rancune envers le 1% de féministes qui ont dérapé il y a 30 ans, quelle perte de temps…
Décidément, on n’en sort pas ! Les femmes contre les hommes et les hommes contre les femmes, et ça continue. On en reparle encore. Quand constaterons-nous que des hommes se mobilisent pour la situation des hommes (qui ne draguent plus, entre autres choses)?
Les femmes ont fait leur bout de chemin et c’est tant mieux pour elles. Si elles décident de faire comme les hommes, elles en ont le droit. Mais peut-être auraient-elles avantage à faire valoir leur droit d’être femme à part entière ? et de s’écouter vraiment comme femme plutôt que de faire davantage comme les hommes. Trouvez l’erreur.
L’erreur, c’est de confondre l’égalité des droits avec l’égalité des sexes. Les deux sexes ne sont pas égaux mais différents. Quant à leurs droits respectifs, ils doivent être les mêmes. En tant qu’êtres humains, les droits des hommes et des femmes doivent être les mêmes. L’expression “égalité des sexes” ne devrait pas s’employer. Plutôt dire l’égalité des droits pour les deux sexes.
La fausse notion d’égalité des sexes semble amener la société québécoise à vouloir uniformiser les deux sexes. La société québécoise, qui se targue de son ouverture aux différences culturelles, religieuses, politiques et autres, a bien du mal à supporter la différence entre les deux sexes, les hommes et les femmes. Et je répète: les deux sexes ne sont pas égaux, mais différents. Quant à leurs droits respectifs, ils doivent être les mêmes. C’est précisément parce que cette différence (entre les hommes et les femmes)n’est pas acceptée véritablement que la situation actuelle des hommes et des femmes perdure.
Quant aux hommes, cessont de nous préoccuper des femmes (pour une fois) et occupons-nous de nous d’abord, pour nous, et ça ira mieux avec les femmes ensuite.