Qui se ressemble s’assemble

 

Vous cherchez «l’âme soeur» à l’autre bout du monde, vous voyagez sur les quatre continents en espérant rencontrer l’amour ? Désolé, votre technique n’est pas au point…

La majorité des relations amoureuses sont marquées par ce que les spécialistes appellent l’homogamie, soit le fait de fréquenter quelqu’un provenant de son milieu (ou d’un milieu proche), approximativement du même âge, de la même origine ethnique, de la même religion, de même condition socioéconomique, etc.

En amour, «qui se ressemble s’assemble» pour la simple raison qu’il est rassurant de fréquenter des gens qui s’apparentent à nous, qui proviennent du même milieu. Le dicton «les contraires s’attirent» n’a aucun fondement.

Des études scientifiques ont donné des résultats similaires : à des taux supérieurs d’au moins 50 % à la moyenne, les parents ouvriers voient leurs enfants ouvriers vivre une relation de couple avec des ouvriers fils et filles d’ouvriers, les commerçants tombent amoureux de commerçants, les gens qui exercent une profession libérale se pâment pour d’autres gens qui exercent une profession libérale, etc.

De plus, les célibataires utilisent des codes de reconnaissance. Par exemples, les riches identifient immédiatement les vêtements griffés, la voiture de luxe, et bien sûr la fréquentation d’endroits sélects et privés. Les adolescents utilisent à fond le style vestimentaire et même les tatouages comme marque d’identité et de reconnaissance. Les fonctionnaires se remarquent immédiatement entre eux, au premier coup d’oeil (même s’ils n’ont pas une tenue vestimentaire excentrique).

Il est très, très improbable qu’un agriculteur marie sa fille avec un fils de milliardaire industriel ou qu’un médecin fils de médecin noue une relation avec une chômeuse chronique depuis trois générations, car les fossés social, culturel, idélogique, etc., seraient impossibles à combler. Le (riche) Prince charmant qui s’amourache de la (pauvre) Cendrillon, c’est de la littérature pour enfants… et de la poudre aux yeux.

Le milieu social n’est pas le seul facteur qui entre en ligne de compte dans le choix d’un partenaire. Les amoureux sont souvent des gens qui proviennent d’une même localité, qui ont un poids et une taille similaire, dont l’écart d’âge est peu significatif.

Autrement dit, le ou la partenaire idéal(e) est généralement quelqu’un qui évolue dans notre entourage immédiat. Pour le ou la rencontrer, il ne faut pas miser sur le hasard. Il faut quadriller son environnement, tisser sa toile, multiplier les liens et les occasions de rencontre. En bref, il faut s’or-ga-ni-ser !

(Pour en savoir plus : L’amour ne doit rien au hasard de Lubomir Lamy, Eyrolles, 2006. Voyez aussi mon billet sur les six types de relations amoureuses.)

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5 commentaires à Qui se ressemble s’assemble

  • poutine dit :

    Il en est de même pour l’intelligence. Une personne intelligente recherche une personne tout aussi intelligente. À moins de rechercher spécifiquement une personne pas très intelligente pour mieux la contrôler… Mais c’est une autre histoire!

  • Pierre dit :

    Je suis curieux de savoir si vous avez fait des comparaisons entre les générations. Est-ce que vous vous êtes centrés sur les 30-40 particulièrement ou vous êtes aussi allé voir les 20-30? C’est peut être un truc générationnel.

    Pour ma part j’ai 30 ans. Voici les défis de la drague.

    Les femmes ne sont pas très réceptives. Bien souvent, on se fait retourner tellement sec qu’on y pense à 2 ou 4 fois avant de réessayer.

    Bien souvent elle désire un mixte entre un matcho/sensible/humoriste/sérieux qui sait ce qu’il veut dans la vie. Mais attention, il faut balancer le tout soigneusement sans dépasser la marge de manoeuvre de 2 pouces… J’ai jamais réussis à trouver l’équilibre parfait. (Il faut presque qu’être schizoïde.)

    La femme qui sait ce qu’elle veut a une grille de sélection en 50 points (sur Réseau contact il y en a même une qui refuse les hommes qui portent des bas blancs, j’ai failli lui écrire pour savoir si j’en portais seulement au gym c’était ok…Le bon sens a heureusement prévalu) ou encore un plan de vie (généralement établie à 15 ans) qui stipule ou elle doit être a chaque étape de sa vie en terme de carrière relation ect. Bien sur le plan n’a aucune flexibilité et elle n’a pas de plan B.

    La femme qui veut tout et rien. (Je les surnomme les adéquistes de l’amour.) Elles veulent une relation avec un homme mais sans engagement. Si si ça existe! Sauf qu’elles demandent un engagement sans équivoque de ma part et le leur est conditionnel.

    Les dernières et non les moindres: les femmes qui ne savent pas ce qu’elles veulent.

    Comment essayer de plaire à une femme qui n’a aucune idée de ce qu’elle veut?

    Bref, je ne drague plus. Enfin, je ne drague plus les Québécoises.

  • Pour répondre à Pierre: à mon avis, la drague s’est effondrée au tout début des années 1980, sous le poids de plusieurs phénomènes. À l’époque, un nouveau célibat se développait en réaction aux excès de la révolution sexuelle. En 1983, la révélation publique d’une nouvelle MTS particulièrement épeurante, le sida, a officiellement mis fin à la révolution sexuelle. Les Québécois (comme bien des peuples ailleurs dans le monde) se sont repliés sur eux-mêmes. Les années 1980 furent d’ailleurs des années de régression, de repli sur soi, et surtout de la montée d’une nouvelle vision du monde, d’un nouveau mode de vie: l’individualisme-narcissisme.

    D’après ce que je peux voir et selon tous les témoignages que j’ai pu recueillir, les baby-boomers étaient dragueurs dans leur jeunesse (ils ont profité à fond d’un nouvel espace de liberté, celui de la Révolution tranquille et de la révolution sexuelle), et nombre d’entre eux demeurent encore de bons dragueurs. Les générations suivantes, en revanche, ont grandi dans une ambiance plus difficile: solitude, perte de repères, etc., ce qui nuit beaucoup à leurs relations avec le sexe opposé.

  • Justine dit :

    J’ai été longtemps sur les sites web de rencontre pour constater que Roger est prêt à vivre le grand amour avec n’importe qui… mais que Kevin lui, si tu as un bouton de travers, il ne répond plus… Mmmmmm quelle profondeur !

  • Sébastien dit :

    Pierre, à quelques mots près, vous avez décrit exactement ma situation. À 35 ans, et ayant été en couple, allant de quelques mois à 4 ans, avec des Québécoises de souche et avec des néo-québécoises (syrienne, anglo-québécoise, française), j’ai réalisé que le courant passe plus facilement avec les non “pure-laines”. Avec chacune d’elles, je sentais que je pouvais être bien en couple, tout simplement, et être moi-même sans l’ombre constante de l’épée de Damoclès qu’est la critique féminine québécoise. Désolé mesdames les Québécoises de souche, je ne fais plus la file pour m’abreuver à l’eau de votre fontaine.

    En génétique, on dit que l’uniformité amène l’affaiblissement du code de la race. On fait peut-être domestiquement face à ce danger au Québec, à force de repli sur soi-même et suite aux nombreux totalitarismes culturellement castrateurs qui ont fait table rase, concuremment avec le duplessisme et la chape de plomb religieuse, et par la suite, avec le féminisme radical non-égalitaire (les hommes sont tous des violeurs et autres discours du genre, vous vous souvenez?). Il y a dans les relations hommes-femmes Québécois de souche comme une odeur de dessus d’armoire de cuisine qu’on n’a omis de laver depuis trop longtemps. La dynamique semble génétiquement pré-déterminée, et ça agit comme un repoussoir.

    Enfin, le métissage culturel est peut-être la bouffée d’air frais dont les Québécois(es) ont besoin, comme lorsqu’on ouvre les fenêtres pour la première fois au printemps. J’en étais inconscient jusqu’au jour où j’ai respiré de cet air à 3 reprises. À moins d’une exception imprévisible (faut garder l’esprit ouvert…), il n’y a pour moi pas de retour en arrière. Ma lucarne est ouverte sur le monde.

    Aux auteurs, j’ai les deux-tiers du livre de lu et j’ai eu peur au début d’être tombé dans un travail de “male bashing”, mais la suite m’a rassuré. Ça me semble un bon coup pour briser la coquille de nos carapaces. Je suis curieux de la suite.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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