Archive pour août 2009

Être fauché n’empêche pas de draguer…

 

J’ai récemment terminé la lecture des mémoires de Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie, gros ouvrage publié en mars dernier aux Éditions Gallimard. Un livre pour mes vacances, lesquelles ne sont d’ailleurs plus qu’un souvenir lointain…

Né en France en 1925, Claude Lanzmann est journaliste, directeur de la revue Les Temps modernes. Il a également eu une carrière de cinéaste. Son film le plus connu, le puissant Shoah, lancé en 1985, dure plus de neuf heures ! Il fut le conjoint de Simone de Beauvoir de 1952 à 1959, laquelle était de 17 ans son aînée. La preuve, si elle devait encore être faite, que l’amour se moque des différences d’âge.

Quoi qu’il en soit, si je vous parle de ce livre aujourd’hui, c’est pour porter à votre attention une petite anecdote narrée par Lanzmann concernant ses années de jeunesse. Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, il a 20 ans et se sent désœuvré. Pendant le conflit, il a fait partie de la résistance et il a risqué sa vie à maintes reprises ; une fois la guerre finie, il retourne sagement aux études.

L’un de ses loisirs préférés ? Draguer sur les Champs-Élysées, à Paris. Il drague effrontément avec un ami, Jean Cau (lequel fut par la suite secrétaire de Jean-Paul Sartre, écrivain, grand reporter et même parolier). À l’époque, les deux jeunes gens n’avaient pas un sou vaillant, ils étaient fauchés comme les blés. «Il fallait suppléer à ce manque par la parole, une étourdissante parole, afin d’étourdir littéralement l’objet du désir», raconte Lanzmann.

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Quand la peur de draguer est une phobie (3)

 

Avoir peur de flirter peut être une maladie, au sens clinique du terme, que l’on appelle anxiété ou phobie sociale (voir le premier billet de cette série qui en compte trois). Les gens qui en souffrent adoptent des comportements très particuliers.

  • Les anxieux sociaux démontrent ce que les psys appellent une «désorganisation des capacités émotionnelles» : ils peuvent accélérer la parole, produire des gestes saccadés, ou figer sur place, tétanisés. Leurs comportements sont très maladroits, dans le genre renverser son verre dans le décolleté d’une dame, ou opposer un air sidéré et un silence de mort à une question aussi simple que : «Bonjour, quel est votre nom?»
  • Les anxieux sociaux développent aussi des stratégies d’évitement : ils refusent systématiquement les situations qui provoquent de l’anxiété. Par exemple, fuir toutes les invitations qui pourraient déboucher sur une rencontre amoureuse. Leur routine quotidienne est très rigide, planifiée à l’avance.
  • Lorsqu’il se retrouvent dans une situation angoissante, les anxieux sociaux prendront bien sûr la poudre d’escampette. S’ils sont coincés, dans l’impossibilité de s’éclipser, ils peuvent adopter un comportement de fuite en avant (par exemple, se comporter de manière très déplacée ou agressive avec des inconnus). Lire la suite de ce billet »

Quand la peur de draguer est une phobie (2)

 

La peur de flirter peut être une maladie (au sens clinique du terme), expliquais-je dans mon billet précédent.

«J’ai toujours de la difficulté à répondre au téléphone, à assister aux réunions de service, je me suis toujours sentie “à part” et je n’assiste jamais aux activités de bureau. Je ne me mêle pas aux autres. Je dois avouer que oui, je souffre de cette solitude. Je peux passer des jours sans voir personne! Et si on frappe à ma porte, je ne réponds pas. Parfois je laisse le téléphone sonner sans répondre. Je ferme la sonnerie. Je regarde l’afficheur téléphonique. J’évite les situations sociales, les occasions de rencontres et je m’ennuie souvent.»

Ce témoignage est tiré d’un site web sur la phobie sociale (qui rassemble une quinzaine de témoignages en tout).

Crédit photo : Shutterstock

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Quand la peur de draguer est une phobie (1)

 

Saviez-vous que la peur de flirter peut être une maladie, au sens clinique du terme ? Examinons cette curiosité scientifique, phénomène marginal (qui concerne un petit pourcentage de la population), mais très embarrassant.

Certaines situations sociales peuvent provoquer de l’anxiété. Prendre la parole en public, par exemple. Le trac qui affecte les artistes ou les athlètes avant une performance. La timidité de celui ou celle qui tente de draguer, ou qui avoue ses sentiments amoureux à quelqu’un. Rassurez-vous, cette anxiété est normale ; après quelques instants, elle disparaît, on reprend confiance, on se sent plus à l’aise, et le petit moment de gêne est vite oublié.

Chez certains individus, en revanche, cette anxiété peut dégénérer en phobie. Il s’agit d’une maladie en bonne et due forme ; voyez la description tirée du DSM-IV ou Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders de l’American Psychiatric Association. Lire la suite de ce billet »

Le baiser colombin

 

Il y a quelques jours, j’ai assisté au vernissage d’une exposition de photos (des clichés africains de mon frère Marc-Aurèle), au centre-ville de Montréal. J’ai alors fait la connaissance d’un artiste-photographe fort sympathique, Luc Grégoire. Il avait entendu parler de la sortie prochaine du livre Les Québécois ne veulent plus draguer… et encore moins séduire. Nous avons discuté de relations hommes-femmes pendant deux bonnes heures.

Luc Grégoire est né en 1942. Il a connu, comme tous les membres de sa génération, une éducation et un endradrement religieux rigides, étouffants, omniprésents. À ses yeux, la légendaire timidité des Québécois dans les situations de flirt et de drague s’explique notamment par le poids historique de l’Église dans la vie quotidienne.

Pour illustrer son propos, il m’a raconté une anecdote. Qui m’a stupéfié. Lire la suite de ce billet »

Offrir des fleurs

 

Hier, je me suis fendu d’un billet sur cette habitude ô combien québécoise de séparer des factures de bar ou de restaurant à la cenne près au lieu d’offrir (donc de payer) le repas ou les consommations. J’expliquais que les Québécois sont tellement individualistes et mal à l’aise dans les rapports de séduction qu’ils n’osent plus inviter l’autre, offrir une soirée ou un repas, et ce sans contrepartie.

Vous aurez sûrement remarqué que les hommes, au Québec, ne sont pas portés à offrir des fleurs aux femmes. Si vous vous demandez pourquoi, ne cherchez pas de midi à quatorze heures : un peuple qui divise les factures de restaurant en parties rigoureusement égales sera bien évidemment réticent à offrir des bouquets de fleurs ! Lire la suite de ce billet »

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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À propos du blogue
Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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