La pitoyable image de l’homme dans la publicité

 

Vous avez peut-être vu à la télévision québécoise cette publicité d’une marque de nourriture pour chats, où un homme personnifie le félin un peu capricieux d’une jeune femme ; juché sur l’accoudoir du divan, «Hubert» boude parce que sa propriétaire ne lui a pas donné ses croquettes préférées au dîner… (Voici la version anglophone de cette pub.)

Le fait n’est pas nouveau : dans les publicités diffusées au Québec, l’homme est souvent présenté comme absent, lâche, fuyant les responsabilités. Quand les publicitaires ne font pas de lui un matou présomptueux, ils lui font tenir le rôle d’un mâle qui brille par son incompétence, les mains pleines de pouces. Un stéréotype complètement banalisé, qui ne nous étonne même plus.

Rappelez-vous l’annonce d’une certaine compagnie téléphonique où un bricoleur du dimanche avait installé une étagère de travers, sous l’œil découragé et résigné de sa femme… Voyez aussi cette pub pour la marque Cheerios, où un jeune homme particulièrement incompétent se révèle incapable de préparer correctement un bol de céréales.

Il semblerait que ce phénomène ne soit pas unique au Québec. Un article publié récemment dans le Globe and Mail par la journaliste Susan Krashinsky passe en revue plusieurs publicités nationales, pour des médicaments notamment. L’une met en scène un homme incroyablement goinfre qui peine à digérer tout ce qu’il a dévoré dans la journée – y compris des friandises pour chiens.

Une autre pub nous dépeint un père de famille, gaffeur à souhait, dont le séjour en camping n’est qu’une suite ininterrompue de catastrophes.

Dans les deux cas, la femme y tient le beau rôle alors que monsieur se couvre de ridicule.

Dans son article, la journaliste donne la parole à Paul Nathanson, un professeur et chercheur de l’Université McGill qui étudie la misandrie, c’est-à-dire l’opposé de la misogynie. «We are creating a society in which thuggish, piggish men are the dominant images. Can’t you talk to women without insulting men ?», dit-il à propos de ces publicités.

Au secours ! Quelqu’un pourrait-il redonner un peu de crédibilité aux hommes ? Après ça, les femmes se plaignent que les mâles ne sont que de grands bébés irresponsables, incapables de prendre les choses en main ou de tenter une approche de séduction…

Et si on commençait par éteindre la télé ?

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9 commentaires à La pitoyable image de l’homme dans la publicité

  • Madame dit :

    Le retour du pendule.

  • Mazsellan dit :

    Le retour du pendule ???? Wow !

    Aussi bien bâtir des bûchers, ressusciter l’inquisition et la chasse aux sorciers. À quand une burka pour hommes ? Soyons sérieux, vous voulez des hommes qui se tiennent debout (et se tenir debout ne veut pas dire savoir draguer à tout coup) ou bien des carpettes ?

  • Le retour du pendule sur la gueule dit :

    Le retour du pendule sur la gueule.
    C’est pour ça que mes amis fuient les Québécoises comme la peste. Et ne s’intéressent qu’aux femmes étrangères, vous savez des vraies femmes, celles qui aiment les hommes pour vrai. Qui ne sont pas des incapables, des égocentriques misandres et des mantes religieuses. Pour ma part, il va neiger en enfer avant que je renoue relation avec ces harpies! Je vous souhaite bien de la solitude, vous la méritez!

  • Patrick dit :

    C’est pas nouveau! Ça va faire plusieurs années et pas juste au Québec et même au États-Unis. Si tu es un Nord-Américain Blanc tu risque d’être ridiculisé. Parce qu’il n’est pas possible de faire des jokes sur les musulmans, juifs, handicapés, etc.! C’est très mal vu. Alors quelle personne qui reste pour être le téteux de service? C’est l’Homme Blanc!

  • Bonjour à tous. Nous vous remercions de prendre la peine de nous faire parvenir vos commentaires, mais nous aimerions s.v.p. que le débat se recentre sur la drague, la séduction, les relations hommes-femmes.

    Ce qui nous frappe dans certaines publicités télévisées, Emmanuelle et moi, c’est de voir à quel point les publicitaires opposent des femmes actives, dynamiques, intelligentes, etc., à des hommes passifs, maladroits, voire carrément crétins. La publicité n’est sûrement pas un reflet juste de la société, mais elle a sans aucun doute une influence sur la société. Que pensez-vous de ces pubs? Exploitent-elles un fond de vérité? Ou s’agit-il de stéréotypes, et rien d’autre?

  • Le retour du pendule sur la gueule dit :

    À mon avis cette publicité a le même effet que toute forme de propagande répétée usque ad nauseam, un lavage de cerveau. À force de répéter que les hommes sont des crétins, des bons à rien, des stupides, et que les femmes leur sont supérieures en toute chose, cela devient la conviction populaire. Sinon pourquoi tous les régimes totalitaires s’acharneraient à le faire? Il y a un an, la coupe était pleine. Un bon soir, après m’être fait positivement discriminer parce que pas du bon sexe 2 fois dans la même journée, en me faisant cracher leur haine misandre, j’ai mis la télévision au chômage à perpétuité. Idem pour la radio et le cinéma cacabécois. Comme ça j’ai la paix au moins chez moi.

  • Mélissa dit :

    Bonjour,
    Française ayant immigré au Québec depuis peu, je me réjouis de lire vos billets qui confirment une première impression. Pourtant j’ai 43 ans et je suis mariée, j’ai 2 grands enfants, donc plus vraiment sur le “marché” si on peut dire. Mais il est vrai que le contraste m’a frappée. Sur le marché, le garagiste, les services SNCF, j’avais très souvent une petite oeillade ou un compliment. Ici rien, jamais… depuis 2 ans! Au début j’ai cru que les femmes de mon type ne plaisaient pas aux Nords-Américains, mais des connaissances québécoises m’ont expliqué qu’ici “ça ne se fait pas”. Certes, l’attitude dragueuse de certains Français peut pousser jusqu’à l’agacement, le mini-harcèlement, voire l’exaspération, mais cela demeure rare! En contrepartie, quel plaisir de se sentir regardée, et de regarder en retour, de jouer tous ces petits jeux de séduction qui nous disent “j’existe, tu existes, tu me vois, je te vois”. Au Québec, j’ai l’impression de n’être pas vue par les hommes! Et je ne parle pas de séduction pure mais simplement de REGARDS. Quel dommage, il y en a de si beaux!
    J’ai hâte de lire votre ouvrage
    Cordialement
    Mélissa.

  • Alex G. dit :

    C’est juste une stratégie pour vendre des produits aux femnes. Elles se sentent supérieures à la suite du visionnement de l’annonce; et elles achètent plus. Et c’est pas juste au Québec que ça se passe. Je suis un avide de pubs de tous les pays, et croyez-moi, il y a plusieurs publicités où les gars jouent des personnages niais dans plusieurs pays et plus souvent qu’autrement, le public cible, c’est les femmes. Je ne crois pas que ça empêche les gars d’ici de draguer qu’il y ait des pubs de ce genre qui passent à la télé.

  • Jean-Marc dit :

    Je me suis retrouvé sur cette page parce que j’ai délibérément fait une recherche du genre “la place de l’homme dans la publicité québécoise”. La raison étant que je suis absolument exaspéré de voir la façon dont on baffoue l’image de l’homme dans notre publicité.

    Concernant le pendule, j’ai toujours inculqué aux enfants que la faute de l’autre n’excuse pas la tienne. Le passé machiste n’excuse pas le dénigrement de l’homme et ce dernier n’excuse pas les assauts misogynes.

    Concernant l’effet de la pitoyable image de l’homme dans notre société, je ne crois pas qu’elle ait un réel effet sur la capacité des hommes de ma génération (j’ai 50 ans) à entrer en relation avec les femmes. Ce qui se passe, par contre, c’est que l’apparente présence de certains stéréotypes féminins modernes peuvent atténuer l’envie de le faire.

    Par contre, je suis beaucoup plus inquiet pour mes fils qui sont en train de se définir en tant qu’hommes et qui sont à l’âge de trouver leur place dans l’univers des relations hommes-femmes.

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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