Quand la peur de draguer est une phobie (3)

 

Avoir peur de flirter peut être une maladie, au sens clinique du terme, que l’on appelle anxiété ou phobie sociale (voir le premier billet de cette série qui en compte trois). Les gens qui en souffrent adoptent des comportements très particuliers.

  • Les anxieux sociaux démontrent ce que les psys appellent une «désorganisation des capacités émotionnelles» : ils peuvent accélérer la parole, produire des gestes saccadés, ou figer sur place, tétanisés. Leurs comportements sont très maladroits, dans le genre renverser son verre dans le décolleté d’une dame, ou opposer un air sidéré et un silence de mort à une question aussi simple que : «Bonjour, quel est votre nom?»
  • Les anxieux sociaux développent aussi des stratégies d’évitement : ils refusent systématiquement les situations qui provoquent de l’anxiété. Par exemple, fuir toutes les invitations qui pourraient déboucher sur une rencontre amoureuse. Leur routine quotidienne est très rigide, planifiée à l’avance.
  • Lorsqu’il se retrouvent dans une situation angoissante, les anxieux sociaux prendront bien sûr la poudre d’escampette. S’ils sont coincés, dans l’impossibilité de s’éclipser, ils peuvent adopter un comportement de fuite en avant (par exemple, se comporter de manière très déplacée ou agressive avec des inconnus).

Heureusement, la phobie sociale se soigne. Je laisse aux psys le soin de présenter les traitements disponibles.

Terminons ce petit tour d’horizon par la question-qui-tue : «une société tout entière tournée vers la performance individuelle, l’apparence et la maîtrise de son image, comme l’est la nôtre depuis quelque temps, ne suscite-t-elle pas davantage d’anxiété sociale ?», demandent les psys Christophe André et Patrick Légeron dans leur ouvrage La peur des autres.

«Une bonne partie de l’anxiété sociale vient du fait que l’on se prend trop au sérieux et que l’on veut trop faire bonne impression», affirme pour sa part la psychologue de l’Université Laval Louise Careau. «Pourquoi ne pas se prendre tel que l’on est : tantôt malhabile, tantôt timide, parfois drôle et souvent sympathique ?» Un dragueur qui ne se prend pas au sérieux, qui rigole de ses maladresses, est effectivement mille fois plus attirant qu’un individu prétentieux, qui se croit irrésistible…euk4id52p3

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À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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