Quand la peur de draguer est une phobie (2)
La peur de flirter peut être une maladie (au sens clinique du terme), expliquais-je dans mon billet précédent.
«J’ai toujours de la difficulté à répondre au téléphone, à assister aux réunions de service, je me suis toujours sentie “à part” et je n’assiste jamais aux activités de bureau. Je ne me mêle pas aux autres. Je dois avouer que oui, je souffre de cette solitude. Je peux passer des jours sans voir personne! Et si on frappe à ma porte, je ne réponds pas. Parfois je laisse le téléphone sonner sans répondre. Je ferme la sonnerie. Je regarde l’afficheur téléphonique. J’évite les situations sociales, les occasions de rencontres et je m’ennuie souvent.»
Ce témoignage est tiré d’un site web sur la phobie sociale (qui rassemble une quinzaine de témoignages en tout).

D’où vient ce type de phobie ? Les sources du bobo peuvent être nombreuses : génétique, éducation dans un milieu très fermé, pressions culturelles, traumatismes divers… «Si, par exemple, vous avez été ridiculisé ou ridiculisée devant toute la classe par un professeur ou une professeure au primaire parce que vous n’avez pas su répondre à une question, il y a de fortes chances que vous ayez de la difficulté à prendre la parole en public», indique une psychologue de l’Université Laval, Louise Careau.
Une expérience de drague qui a très mal tourné peut aussi laisser des cicatrices profondes. Alice, 23 ans : «ayant sympathisé avec des gens, l’un d’eux m’a menacée car j’ai refusé de sortir avec lui, ce qui m’a coupé dans mon allant pour aller vers les autres. Côté coeur c’est le désastre. Je n’arrive pas à savoir lorsque je plais à quelqu’un ni à aller vers les garçons qui me plaisent.»

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.