Peur de draguer ou peur de s’engager ? (2)
Mesdames, avez-vous remarqué à quel point les hommes mariés, lorsqu’ils se l’autorisent, draguent plus facilement que les célibataires ? Cette légèreté dans le propos, ce sourire enjôleur… Vous savez sûrement de quoi je parle.
Je me suis longtemps demandé d’où leur venait cette aisance. La réponse m’est venue tout naturellement, en écrivant le billet précédent : c’est fort probablement parce qu’ils sont déjà engagés ailleurs ! De ce fait, ils ne peuvent faire aucune promesse à la femme qu’ils tentent de séduire. Elle le sait parfaitement, en prend son parti et en accepte même parfois les risques.
Ah ! Quelle situation confortable pour les hommes mariés qui jouent malgré tout au Don Juan : ils peuvent draguer effrontément ; en cas de dérapage, ils ont toujours la possibilité de se réfugier derrière un : «Mais enfin, tu savais bien que j’étais marié, non ?». Ou encore : «Je ne peux pas divorcer, je te l’ai dit mille fois, ma femme me ruinerait…». Dernière variante : «Si je quitte ma femme, mes enfants seront traumatisés et m’en voudront pour la vie…»
À l’inverse, un célibataire reculera sans cesse devant le moment de se déclarer, se gardant constamment une porte de sortie. Il ne voudra pas se commettre, ni annoncer ses couleurs, et poussera la femme, excédée, à prendre les devants. Et si ça ne fonctionne pas, là encore la parade est toute prête : «Ben là, ce n’est pas moi qui suis venu te chercher !», disent ceux qui sont particulièrement de mauvaise foi.
Dans le prochain billet : l’esquive sentimentale.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.