Peur de draguer ou peur de s’engager ? (1)

 

Jusqu’à présent, nous avons beaucoup parlé de peur dans ce blogue : peur du rejet, peur de passer pour un macho, peur du ridicule, etc. Aujourd’hui, attaquons-nous à un autre type de crainte, qui est tout aussi chronique chez nos contemporains : la peur de l’engagement amoureux.

La plupart de mes consœurs vous le diront : les hommes ont une peur bleue de l’engagement, c’est presque un cliché. Et j’en viens parfois à me demander si, pour ces messieurs, draguer ne serait pas aussi devenu une forme d’engagement qu’ils fuient à toutes jambes.

Comme le faisait remarquer mon comparse Jean-Sébastien dans sa réponse au commentaire d’un internaute, «Séduire, c’est un code social, une façon d’entrer en contact avec les gens, d’être aimable en société. Au Québec, malheureusement, ce code social est mal compris, peu et mal pratiqué.»

Voici mon raisonnement : dans la Belle province, la séduction a été déviée de sa fonction initiale. Au lieu d’être considérée et vécue comme un simple jeu, une façon légère d’entrer en contact avec le sexe opposé, elle s’est alourdie d’une autre signification, d’un véritable enjeu qui ne devrait pas être le sien.

Annoncer ses couleurs à une femme, lui montrer sans équivoque son intérêt, est un comportement qui plonge ces messieurs dans un abîme de perplexité, car ils craignent que cela ne soit décodé par ces dames comme le signal clair d’une volonté d’engagement. Vous avez peut-être déjà entendu, de la bouche d’un homme célibataire : «Oui, bon, d’accord, elle me plaît, mais faudrait quand même pas qu’elle s’imagine que je vais me marier avec elle !» Ou encore : «Ben là, faudrait pas qu’elle pense qu’elle est devenue ma blonde officielle !»

À cet égard, lorsqu’on scrute un peu les blogues animés par de jeunes hommes, on se rend compte à quel point cette notion de «blonde officielle» est un sujet de discussion récurrent. C’est dire à quel point l’engagement les terrifie !

Dans le prochain billet : quand l’engagement fait l’affaire des hommes.

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4 commentaires à Peur de draguer ou peur de s’engager ? (1)

  • B4bs dit :

    Ce billet me rappelle toutes ces fois où j’ai dû dire à un homme que je tentais de séduire de ne pas paniquer, car ce n’était pas une demande en mariage. Et pour!! Ils avaient deux fois plus peur après cette phrase. J’en suis venue à me demander si mon humour faisait peur aussi.

  • Mazsellan dit :

    @B4bs : J’l'ignore, tu ne m’as jamais demandé de t’épouser… quoique ça aurait fait une sacré belle histoire à écrire.

    J’pense qu’une femme entreprenante fait encore plus peur aux hommes qui ont déjà peur d’aborder une femme. Non mais qu’elle société de moumounes on s’est fait !!!

    C’est un bon départ de tirer des constats sur l’état actuel de la séduction au Québec, mais que peut-on faire de concret pour renverser la tendance ? (J’veux le savoir à titre perso bien entendu et pas pour un ami qui en aurait bien besoin hahaha)

  • Gonzesse dit :

    Il y a tellement peu de gars qui demandent vraiment à une fille de sortir avec eux que ceux qui flirtent ressortent. C’est sûr que quelqu’un d’engagé va filter avec aisance… il a rien a perdre !!!

    Du monde qui triche sur leurs suposées amoureux, ça existe depuis toujours, et j’en connais autant masculins que féminins… et de plus je suis heureuse de constater que dans mon entourage il n’y en a presque pas !!

    Par contre je connais énormément de couples qui cachent leur conjoint… c’est comme s’ils n’en avaient pas jusqu’au moment où ils entrent chez eux ou que tu leur demande directement s’ils sortent avec quelqu’un. J’exclue la relation qui est nouvelle dont on est pas encore sûr.

    Allez vous faire un billet sur ces personnes qui traitent leur blondes ou copains comme un job au noir ? Ils ne vont pas jusqu’a tromper… c’est juste qu’ils laissent la porte grande ouverte au flirt et laissent croire à d’autres qu’ils ont de la chance avec eux pendant des mois !! Quand ils sont invités à une occasion, c’est toujours sans leur conjoint.

    Quand ils se font demander s’ils sont avec quelqu’un, ils ont toujours un look de panique dans la face et de gêne avant de répondre un petit “oui”. Pour eux… déclarer leur amoureux a l’air d’être aussi tortueux que de faire ses déclarations d’impôts.

    Aimeriez vous qu’on vous cache ?

  • Jean-Sébastien Marsan dit :

    Bonjour Gonzesse, votre question est intéressante. J’espère que les lecteurs du blogue y répondront.

    (Pour ma part, je crois que je n’écrirai pas de billet sur ce sujet. Les relations de couple, ce n’est pas ma spécialité. Je préfère me concentrer sur la séduction, la drague, la naissance du sentiment amoureux et tout ce qui précède la relation de couple.)

À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. ›››

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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Les Québécois ne veulent plus draguer...et encore moins séduireCe blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est original.
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