Archive pour juillet 2009
Recherche coupables désespérément
Pourquoi les Québécois se montrent-ils si timides dans l’arène de la drague et dans l’univers de la séduction ? D’où vient ce repli sur soi, ce désarroi, ce refus de l’Autre ?, demandais-je dans mon billet d’hier.
Vaste question… Plusieurs présumés coupables sont généralement montrés du doigt. Passons-les rapidement en revue.
Un manque de savoir-vivre et d’éducation. Les Québécois semblent souffrir de lacunes en matière d’éducation sentimentale. Les parents n’apprennent pas à leurs enfants les règles élémentaires de la galanterie, et ce n’est pas l’école qui comblera ce vide.
Le féminisme. Autonomes, déterminées, sûres d’elles, les Québécoises ont bien intégré les acquis du féminisme. Elles sont les grandes gagnantes de la guerre des sexes qui a fait rage dans les années 1970-80 (sur le plan économique, par exemple, les Québécoises font aujourd’hui beaucoup mieux que les hommes). L’identité masculine, pour sa part, est fragilisée; privés de modèles (et souvent de pères) auxquels s’identifier ainsi que de rites de passage significatifs, les hommes vivent une crise profonde. Aujourd’hui, les hommes auraient peur des femmes.
L’idéologie du Grand Amour. Beaucoup de Québécois croient dur comme fer à l’existence d’un partenaire qui leur est fatalement prédestiné. C’est l’espérance du coup de foudre, de l’âme sœur, de l’amour-pour-la-vie… Ce rêve de contes de fées nous empêcherait de remarquer des partenaires potentiels, dans notre entourage immédiat, avec qui nous pourrions être heureux. Ajoutez à cela des standards de beauté romantique irréalistes (ceux d’Hollywood, par exemple) et vous obtenez un formidable concentré de fantasmes impossibles à satisfaire. Lire la suite de ce billet »
La rencontre au point mort : analyse d’un échec
Le Québécois moyen se distingue par une affligeante maladresse en matière de relations sentimentales : il hésite longtemps avant d’entreprendre quelque manœuvre de drague, et lorsqu’il ose se mouiller, il se couvre de ridicule plus souvent qu’autrement. Il semble totalement dépourvu de talent pour la conversation galante, le compliment ciblé. Souvent, il ne fait même pas l’effort de se mettre en valeur, de se montrer sous son plus beau jour. Anti-héros par excellence, il se complaît dans l’échec.
Pourquoi ? Nous avons posé la question à de nombreuses personnes au cours des trois dernières années. À chaque fois, nous avons déclenché chez nos interlocuteurs un incroyable désir de témoigner, de se confier, de discuter. Au Québec, les femmes n’en peuvent plus de l’inertie du mâle moyen, qui semble dominé par une peur irrationnelle du rejet, de l’échec ; les hommes, pour leur part, n’en finissent plus de tenter de se justifier, de se redéfinir, de se remettre en question ; et tout ce beau monde plaide, avec la dernière énergie, pour un nouveau dialogue amoureux.
Chaque femme, chaque homme est préoccupé par la séduction, tout individu veut séduire et être séduit. Mais dans la Belle province, séduction, drague, rencontre amoureuse sont souvent synonymes de gêne maladive et de timidité chronique. Au Québec, en 2009, les relations hommes-femmes se portent mal. Très mal.
Lisez la suite dans notre blogue demain !
«Il n’est pas facile d’être célibataire et de draguer»
Cécile Gladel, journaliste indépendante d’origine française installée au Québec depuis une vingtaine d’années, a été la première professionnelle des médias à signaler l’existence de notre blogue et la parution en septembre prochain de notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire. Il faut dire que Cécile avait accepté de nous rencontrer, en 2008, pour nous parler de son expérience de la rencontre amoureuse dans sa nouvelle patrie.
À lire, dans son blogue, son témoignage sur la drague au Québec : «si les femmes veulent trouver un homme, il ne suffit pas de se faire belle, sortir et minauder, il faut draguer les messieurs, presque les supplier. Ce qui n’est pas une habitude pour la majorité de ces dames.»
Le premier billet

Au printemps 2006, au détour d’une balade en ville, nous discutions de séduction et de drague avec des amis d’origine européenne. Il était notamment question de l’ahurissante incompétence du Québécois moyen («de souche», s’entend) en la matière. Surtout des hommes. À l’époque, nous prenions pour acquis que les Québécois étaient, sans l’ombre d’un doute, les pires dragueurs-séducteurs en Occident. Au terme de la discussion, l’idée fut soulevée de pondre un livre à ce sujet : «Vous deux, vous êtes journalistes; vous pourriez écrire là-dessus.»
Un livre. Sur le coup, la proposition nous a fait rire. Quelques jours plus tard, nous y avons repensé sérieusement. Quelques semaines plus tard, nous nous mettions au travail.
Notre hypothèse de base, en s’attaquant à ce qui allait devenir Les Québécois ne veulent plus draguer… et encore moins séduire, était la suivante : les Québécois sont les plus nuls, les plus minables, les plus £*¡¥Š???!! qui soient en matière de drague et de séduction.
Cette hypothèse n’a pas résisté à l’épreuve des faits: nous avons découvert, au fil de nos lectures, rencontres et interviews, que les Québécois savent très bien ce que séduire et draguer veut dire. Là n’est pas le problème. Lire la suite de ce billet »

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.