Le parler des Québécois exprime leur crainte de la drague
Pour compléter la série de billets sur la peur du rejet, récemment signés par ma comparse Emmanuelle… Voici des tournures de phrases typiques du Québécois moyen qui ose enfin sortir de son silence, et surmonter sa peur d’avoir peur, pour se lancer dans l’arène de la drague. (Dans les exemples ci-dessous, un homme aborde une femme.)
- Formules convenues : «Tu viens souvent par ici ?», «On se connaît, il me semble…», «C’est quoi ton signe ?», etc.

- Il tutoie tout ce qui bouge : «J’peux-tu m’asseoir à côté de toi?»
- Une fâcheuse tendance à tourner autour du pot : «Puisque nous sommes assis au bar… Peut-être que je pourrais t’offrir un verre ? Si t’en as envie, bien sûr… Mais c’est vrai qu’on ne se connaît pas… T’es pas obligée d’accepter… J’aurais peut-être dû te dire que… En fait, ce n’est pas ce que je voulais te dire…», etc.
- Il va même jusqu’à s’excuser d’entrer en contact avec une inconnue : «S’cuse, là, je ne voudrais pas te déranger…»
Non mais, je vous le demande : comment peut-on charmer, envoûter une femme lorsqu’on s’excuse d’emblée de l’aborder, qu’on lui ressert des formules stéréotypées, qu’on bafouille et qu’on la tutoie à tour de bras ?
Les Québécois ont aussi la manie de s’exprimer par la négative. Par exemple, devant la plus belle femme du Québec des hommes laisseront tomber : «Elle est pas laide», «J’y ferais pas mal». Ou lorsque la température extérieure est de moins 20 degrés Celsius : «Il fait pas chaud…»* Ajoutez à cela les diminutifs («ti-Guy», «ti-Jean») et vous obtenez l’expression orale d’un peuple affligé d’un complexe d’infériorité.
Messieurs, voici un message d’intérêt public. Au Québec (et ailleurs dans le monde), les femmes ne veulent qu’une chose : un homme sûr de lui, le dos droit, l’oeil vif, un tantinet macho et arrogant (mais juste un tout petit peu, rien de très évident), qui les aborde de front avec une déclaration franche et directe. Par exemple : «Je vous observe depuis quelques minutes. Vous êtes ravissante. J’aimerais faire votre connaissance. Je peux vous offrir un verre ?» Rien de plus, rien de moins!
* Mes remerciements au journaliste Claude Marcil, qui m’a mis sur la piste de ce phénomène linguistique typiquement québécois.

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Maudit que vous êtes tannant!
J’espère que ça va être dans votre livre aussi!
J’ai hâte!!
Merci beaucoup Patrick pour votre commentaire. Je suis sûr que notre livre ne vous décevra pas! (Nous y abordons notamment la peur du rejet éprouvée par les hommes et leur utilisation maladroite de la langue, avec des témoignages et des précisions que vous ne retrouverez pas dans le blogue – qui se veut un complément au livre.)
Oui, la première approche est très importante. La suite l’est tout autant. Souvent, l’homme ne se rend pas compte qu’à vouloir se faire connaître-vendre, il oublie de s’intéresser à la femme devant elle. Si après une heure ou moins, je détermine qu’il ne sait pas ce que je fais, d’où je viens, etc., mais que moi je sais ce qu’il fait, où il habite, ses intérêts, ses voyages, ses projets, certains vous font même comprendre qu’ils ont de l’argent! Il est perdu… Entre copines, après une première rencontre, fortuite ou planifiée, nous en parlons et c’est quelque chose que nous soulignons…”Ah, tu sais, il ne m’a posé aucune question!” Je parle en femme ici, mais bien évidemment le contraire est tout aussi important. L’ÉCHANGE est primordial.
Ma façon d’aborder généralement ressemble à “Salut, je m’en serais voulu de quitter sans t’avoir dit que tu es vraiment cute (beau bonhomme ou peu importe le qualificatif du genre)”. Moi, c’est clair qu’un homme qui oserait être aussi direct serait gagnant avec moi. J’adore l’assurance que cela peut dégager. Mais il semblerait que cela ne plait pas à tout le monde.