Cette sacrée peur du rejet (2)

 

Tel que le souligne si justement un commentaire à notre premier billet : «Après des décennies de “Fais de l’air, gros épais”, normal que les hommes aient décidé d’en finir avec la drague et de passer à autre chose…»

Est-ce aussi la raison pour laquelle ces messieurs semblent littéralement pétrifiés par la peur de se faire dire non par une femme, comme je le mentionne dans mon billet précédent ? D’où vient cette crainte maladive du rejet ? Les recherches et entrevues réalisées pour la rédaction de notre livre nous ont permis de dégager quelques hypothèses, que voici.

• Lorsqu’on regarde en arrière, à une époque pas si lointaine, les hommes devaient souvent s’absenter pour de longues périodes de travail aux champs, en forêt, en usine. Des lieux de dur labeur et de silence… Les femmes, en revanche, ont conservé la mainmise sur la sphère privée, sur le couple et la famille, cellules de base de la société, espaces de communication et de parole.

• Les femmes constituent les forces vives du Québec d’aujourd’hui. On n’a qu’à jeter un coup d’œil sur les statistiques concernant l’éducation, le monde du travail, la croissance économique : les femmes déclassent systématiquement les hommes.

• Un vieil adage dit : «L’homme propose et la femme dispose»… Mais que faire quand l’homme ne propose même plus ?!? Lasses d’attendre, les femmes font désormais les premiers pas et «partent en chasse». Habiles à communiquer, elles manient comme des pros l’un des principaux outils de la drague: la parole.

Un ras-le-bol de se faire rembarrer sèchement se conjugue au sentiment diffus de ne pas être vraiment à la hauteur. Résultat : l’homo quebecensis ne prend plus l’initiative de la séduction, au grand dam de ces dames. Soupir…

Dans le prochain billet: la peur d’avoir peur?

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7 commentaires à Cette sacrée peur du rejet (2)

  • sebastien dit :

    Pour ma part, je trouve que des deux côtés les gens n’ont plus d’ouverture à la relation et ne veulent pas y mettre d’énergie. Ils sont rendus superficiels et vraiment trop difficiles.

  • B4bs dit :

    Pour ma part, lorsqu’un homme m’aborde, je sais très bien l’effort que cela lui demande alors je ne vois pas pourquoi je serais bête s’il ne m’intéresse pas. J’ai pour bon dire qu’il est tout à fait possible de refuser la drague ou une invitation de manière polie et courtoise. Et surtout, il est important de répondre peu importe la réponse.

    Le seul hic, c’est quand l’homme en question ne semble pas vouloir comprendre que non veut dire non. Quand il en vient fatiguant, je deviens alors un peu moins conciliante et un peu plus vache mais je considère dans ce temps-là qu’il l’a cherché…

  • Jean-Sébastien Marsan dit :

    Effectivement, c’est généraliser que d’attribuer aux seuls hommes toutes les lacunes en communication sentimentale.

    Il y a une tendance assez claire au Québec: des hommes qui ont peur de draguer des créatures du sexe opposé (parce qu’ils craignent le refus) et des femmes qui réagissent sèchement quand un homme ose enfin les aborder (parce qu’elles ne savent pas ou ne veulent pas refuser les avances avec délicatesse). Je crois que les deux sexes se montrent souvent mal à l’aise sur le terrain de la séduction, de la drague…

  • Mazsellan dit :

    Pas mieux qu’un autre, je me retiens parfois d’aborder par la peur du rejet… mais surtout par peur d’être jugé par ceux qui seront autour et qui auront entendu mon approche. Quelle illusion, qui prend des notes sur les autres? Personne. On se fait nos propres peurs nous-même.

    Il n’y a pas 36 000 façons de s’immuniser. Il faut foncer et recevoir autant de refus que nécessaire pour arriver à ne plus ressentir cette peur. Il est possible qu’elle ne soit pas libre, pas en forme, qu’elle attende quelqu’un, que je ne sois pas son genre, qu’elle soit fermée, etc. Bref, suivante. Et la suivante suivra.

    J’étais beaucoup plus entreprenant l’an dernier, même si rien ne fonctionnait. On me disait, lorsque je racontais à des amies ou sur mon blogue, que je savais séduire. Puis cette année, j’aborde moins, je m’en fous un peu. Quand j’en ai envie, je fixe, je regarde et soutiens le regard parfois j’ouvre la jasette, parfois non. J’ai le droit de ne pas le faire quand même, ça ne fait pas de moi un homme mou pour autant. Et ma phrase fétiche pour aborder, c’est: “Salut!”, tout simplement. C’est fou comme ça marche bien. Bon, après il faut poursuivre et pour cela, il faut trouver rapidement un point en commun. La semaine dernière, deux tentatives d’abordage dans un bar de védettes se sont soldées par une fin de conversation en deux phrases et par un sourire inintéressé. Elle a bien le droit. J’m'en fous, finalement.

    Recevoir un refus, c’est plate, mais ce n’est pas la fin du monde.

    Autre point: lorsque j’envoie un message courriel à un femme rencontrée et que je dis simplement, par exemple, “Il faut parfois user d’audace dans la vie pour rencontrer des gens intéressants. J’aimerais bien faire ta connaissance”, et que je ne reçois même pas un NON en réponse, j’me dis qu’il n’y a pas que les hommes mauvais en communication de base. N’est-ce pas généraliser que de dire que le problème est uniquement masculin ?

  • joanne dit :

    Les gars veulent être dragués, que ça soit la fille qui se démène pour l’Avoir, le conquérir. Maintenant, la femme regardera vers la gente masculine plus jeune. Le rejet de se savoir en compétition constante fait peur à tous qui ont un coeur; le sexe est le maître à bord dans une relation interpersonnelle.
    Il y aurait aussi la rapidité de passer de l’un à l’autre sans vraiment s’y attarder.

  • Cecile Gladel dit :

    Bon point Lisa Marie

    Moi je suis morte de trouille à cause de cette peur du rejet… Alors c’est platte, si chacun a peur de se faire rejeter, il ne se passera jamais rien. À moins qu’on apprenne à exprimer son attirance de manière subtile ou dire non à quelqu’un de manière subtile aussi…Chacun doit faire son bout.

  • LisaMarie dit :

    Être rejeté n’est jamais le fun, qu’on soit un gars ou une fille.
    Je n’ai jamais pensé que le fardeau de la drague ne revenait qu’aux gars. J’ai fait autant de premières propositions que j’en ai reçu. J’ai quand même toujours aussi peur du rejet, peur d’avoir l’air fatigante, peur qu’il pense que je suis une dépendante affective ou pire, désespérée.

    J’ai fait ma première demande de fiançailles à 6 ans. Le petit blond m’a carrément dit NON. Aouch! Ça m’a pris presque 10 ans m’en remettre. C’est peut-être pour ça que je suis toujours gentille avec les gars qui me draguent même quand je ne suis pas intéressée. Je dis NON avec le sourire et sans insulte (sauf quand je me fais siffler ou klaxonner dans la rue. C’est réellement agressant et désagréable, je ne considère pas ça comme de la drague).

    Pourrait-on dire, selon les rôles traditionnels sexués de la drague, que les gars se font rejeter quand on lui dit NON et qu’une fille se fait rejeter quand aucun gars ne la drague?

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À propos des auteurs
Jean-Sébastien MarsanJean-Sébastien Marsan
Longtemps, j'ai été pétrifié de frayeur à l’idée d’approcher une créature du sexe opposé. Mes premières tentatives furent au mieux très compliquées, au pire lamentables. Je ne savais comment m’y prendre. Pour une raison bien simple: personne ne me l’avait appris. >>>

Emmanuelle GrilEmmanuelle Gril
Ce fut tout un choc quand j’ai atterri dans la Belle province, il y a plus de 20 ans. Le climat rigoureux, certes, mais pas seulement. L’attitude des hommes aussi, qui se tiennent cois et muets devant la gente féminine. Pas le moindre sifflet appréciateur, pas la plus petite œillade… Ciel, mais que s’est-il donc passé ?, me disais-je à l’époque.
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