«Il n’est pas facile d’être célibataire et de draguer»
Cécile Gladel, journaliste indépendante d’origine française installée au Québec depuis une vingtaine d’années, a été la première professionnelle des médias à signaler l’existence de notre blogue et la parution en septembre prochain de notre livre Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire. Il faut dire que Cécile avait accepté de nous rencontrer, en 2008, pour nous parler de son expérience de la rencontre amoureuse dans sa nouvelle patrie.
À lire, dans son blogue, son témoignage sur la drague au Québec : «si les femmes veulent trouver un homme, il ne suffit pas de se faire belle, sortir et minauder, il faut draguer les messieurs, presque les supplier. Ce qui n’est pas une habitude pour la majorité de ces dames.»

Jean-Sébastien Marsan
Emmanuelle Gril
Ce blogue est un complément au livre Les Québécois ne veulent plus
draguer, disponible en librairie; 99% du contenu de ce blogue est
original.
Mon opinion sur la séduction est simple. Elle est basée sur mon expérience et les anecdotes de mes amis et connaissances:
1. les Québécois n’ont pas le tour avec leurs phrases croches et clichées, leur attitude;
2. à choisir, les Québécoises préfèrent souvent le style charmeur des communautés culturelles (Latinos, Africains), peut-être aussi par défaut vu que les Québécois n’osent pas;
3. les Québécoises n’aident pas les Québécois non plus, jouant trop souvent la fine gueule avant même le premier mot.
Ai-je raison ou tort?
Est-ce que le livre parle de ces points?
Bonjour Maxime Antoine,
Votre commentaire est très juste, vous avez mis le doigt sur le bobo. (Enfin, sur une partie du bobo; le refus de séduire et de draguer manifesté par les Québécois est un comportement très complexe, déroutant, souvent irrationnel.)
Non seulement notre modeste ouvrage traite des phénomènes que vous décrivez, il explore d’autres réalités, jongle avec plusieurs pistes d’explication, etc.
Enfin c’est dit! Lorsque je suis arrivée au Québec il y a 10 ans, je me suis posée de sérieuses questions quant à ma capacité de séduire les hommes. Je me demandais ce qui n’allait pas chez moi. Je sortais danser, boire un verre, et pas un homme ne s’approchait de moi. J’étais quasi désespérée. Lorsque je suis retournée en France pour mes vacances, vous ne pouvez pas imaginer comme j’étais heureuse de me faire siffler, et brancher au bord de la plage ou en discothèque. Finalement, le problème était plus lié aux hommes du Québec. Par contre, je ne leur jetterai pas la pierre. Un soir je suis sortie avec des amies, et l’une d’elle a été approché par un gars… pauvre homme! Elle l’a envoyé voir ailleurs de manière assez sèche! J’ai donc compris pourquoi les Québécois ne draguaient pas. Mais messieurs, dites-vous que nous ne sommes pas toutes pareilles!
Il n’en demeure pas moins que ces messieurs ont peur lorsque les dames tentent de les séduire (même si plusieurs disent le contraire). Je suis une de ces femmes qui a essuyé plus que mon lot de refus (et pourtant je suis jolie et séduisante), mais les hommes me trouvent trop directe et me fuient aussitôt que possible puisque je ne suis pas gênée de les aborder et des les draguer.
Bonjour femme jolie et séduisante derrière le pseudo B4bs,
Votre commentaire correspond à ce que nous avons pu observer. Au Québec, les rôles sont inversés: les femmes se mettent en chasse et les hommes, passifs, se font draguer. Et quand les hommes se font draguer, ils sont souvent mal à l’aise, gênés, voire effrayés. (Ils devraient pourtant être contents que des femmes s’intéressent à eux.)
Mais dites-nous, comment abordez-vous les hommes? Qu’est-ce que vous leur dites? (Nous sommes curieux…)
Comment j’aborde les hommes? Cela dépend des circonstances, mais je vous cite un exemple. Je travaillais dans un dépanneur et quotidiennement il m’arrivait de passer des commentaires aux hommes (clients, représentants, livreurs) tels que: “Vous avez vraiment un beau sourire ou encore des beaux yeux. Vous avez réussi à ensoleiller ma journée.” Pour moi, ceci est de la séduction.
Disons que j’avais vraiment une réputation de dragueuse dans la place, mais c’est sans doute parce que je ne crois pas que la séduction doit seulement être utilisée pour une éventuelle relation d’intimité avec quelqu’un mais aussi pour le plaisir de la chose. Avant tout, ça demeure un jeu. Un jeu très plaisant qui remonte l’ego lorsqu’on décide de jouer.
B4bs, je suis bien d’accord avec vous: séduire devrait être un jeu, une manière sympathique (et très positive pour l’ego!) d’entrer en contact avec les gens. Mais les Québécois connaissent peu ou mal les règles de ce jeu…